HISTORIQUE
« La connaissance des exostoses du calcanéum parait être de date récente » écrivent en-r90g9 MM. le professeur Reclus et Anselme Schwartz; c'est la radiographie qui nous les a révélées.
Grâce aux rayons X on peut désormais fixer et recueillir sur la plaque sensible l’image de l’exostose, la définir et en décrire la forme.
Déjà en 1892, Jacquet, dans les Annales de dermatologie et de syphiligraphie, attire l'attention des praticiens sur les déformation du calcanéum au cours de l'infection gonococcique ; il note l’hyperostose calcanéenne globale. Plus tard, en 189, dans un mémoire lu à la Société médicale des Hôpitaux, il affirme que la talalgie blennorragique est due à une « calcanéite ossifiante à maximum aux insertions ostéo-fibreuses,
Voisin, en 1899, développe les théories pathogéniques de Jacquet ; toutefois ces deux auteurs ne paraissent pas avoir noté d’exostose.
À l'étranger, Rôssler (1895), Brackett (1896), Goldwaith (1897), décrivent la variété rétro-calcanéenne ; Painter qui les étudie, publie en 1898 sept observations et à propos de l’une d'elles, la radiographie a décelé une exostose sous le calcanéum. Découverte fortuite, aussi Painter n’y attache pas d'importance et il se contente de signaler le fait.
En 1900, Plettner donne une étude approfondie des exostoses sous-Calcanéennes ; sur six cas, trois ont été suivis de guérison par l’ablation de l’exostose ; c’est le premier travail en date, sur cette variété d’exostose. I] mentionne aussi la coexistence fréquente de cette affection avec le pied plat.
10 LES ESXOSTOSES SOUS-CALCANÉENNES
Barker, en 1905, rapporte que dans un cas de talalgie, la radiographie a montré une exostose bilatérale, irrégulière, placée au-devant des tubérosités et à l'origine du grand ligament
de la plante et du muscle abducteur du 5° orteil.
Il incrimine la blennorragie.
En 1906, Ewald traitant des affections douloureuses du pied, signale parmi les causes efficientes de la douleur, « certains ostéophytes nés sur le calcanéum. » « Sur cette exostose, dit-il, il peut se former une bourse séreuse qui occasionne également des douleurs quand elle s’enflamme. » Il n’en a vu qu'un seul cas.
Ebbinghaus, en cette même année publie deux observations d’exostoses sous-calcanéennes qui sont devenues douloureuses à la suite d’un traumatisme ; les saillies osseuses seraient antérieures à l'accident et elles auraient été fracturées par le CHOC
Baer, en 1906, cite six observations d’exostoses sous-calcanéennes, accompagnées de radiographies très nettes. Le pre- .mier il traite de la pathogénie des exostoses : après examen bactériologique et histologique des tissus, l’auteur conclut à une origine gonococcique.
Chrysopathes, en 1907 étudie « la pathogénie de l'ééies osseux sous-calcanéen » et la pathogénie des douleurs qu’il occasionne. Cet éperon pouvant exister et être indolore, ainsi que nous le verrons plus tard. Il croit que le noyau épiphysaire du calcanéum donne naissance à l’exostose.
Janowski en 1907, a surtout observé des hypertrophies de la tubérosité calcanéenne interne, et il conseille d’enlever en même temps que la saillie osseuse, le périoste. et, si elle existe, la bourse séreuse.
Bradford (1907) rapporte six observations, une seule avec examen radiographique ; il recherche l’exostose sur le squelette.
Jaeger (1908) à eu onze cas ; mais il ne publie que deux observations, dans lesquelles il s'agit d’exostoses d’origine blen-
norragique. L'examen bactériologique a été positif dans lun des cas.