‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 146 sur 187 · LIVRE IV, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE II

C'est d'abord le Laplace qui a rallié le pavillon de l'amiral à Saigon, après avoir conduit le baron Gros au Japon; la Saône, la Meurthe et V Alarme le suivront de près ; puis en dernier lieu le Phlégèton. — Les canonnières V Avalanche et la Dragonne resteront devant Saigon avec la corvette le Primauguet et le transport la Durance. — Le capitaine de frégate Jauréguiberry, commandant k Primauguetj est investi du commandement supérieur de la subdivision stationnant dans la rivière de Saigon et celui du fort qui défend son mouillage. La garnison de ce fort, composée d'une compagnie d'infanterie française, d'une compagnie d'infanterie espagnole et d'un détachement de marins pour servir rartillerie, est placée sous le commandement provisoire du chef de bataillon Breschin qui doit sous peu remplacer le commandant d'arlillerie Maréchal appelé de Tourane.

. LL — Avant de quitter Saigon, l'amiral écrivait au Ministre de la marine :

« Il ne m'est point possible de dire aujourd'hui quand et comment se terminera la question de Gochinchine, et quelles éventualités amènera une solution, Mais si Tourane est une position militaire avantageuse, Saigon est appelé à devenir le centre fl'un immense commerce, dès que son fleuve sera ouvert aux Européens ; le pays est magnifique , riche en produits de toute espèce, riz, coton, sucre, tabac, bois de construction, tout y abonde ; et comme le fleuve communique avec l'intérieur du pays par de nombreux cours d'eau, il y

328 CAMPAGNE DE GOGHINCBINË.

aurait là des ressources incalculables, au moins pour l'exporlation.

< Si les forces mises à ma disposition eussent été moins exiguës, j'eusse occupé la citadelle et la ville; mais cette occupation m'étant interdite, il m'a paru convenable de nous réserver les moyens de revenir facilement à Saigon et d'y fonder plus tard un établissement militaire en rapport avec l'importance de la position. Notre présence ici sera toujours d'ailleurs un avantage pour les négociations (1). »

Puis l'amiral R. de Genouilly appréciait ainsi les forces qui lui paraissaient nécessaires pour maintenir durant réla^- de guerre une occupation sérieuse.

« Pour constituer à Saigon une occupation efficace ayant action sur le pays, j'estime que le corps d'occupation devrait se composer d'un bataillon d'infanterie de 500 hommes, d'une compagnie entière d'artillerie de marine et d'un détachement de 80 hommes du génie commandé par un officier.

« Ce devrait être à peu près aussi la force de la garnison à laisser à Tourane.

« Le contingent espagnol donnerait des renforts de 2 à 300 hommes sur chaque point, jusqu'à la conclusion de la paix.

« La garnison de Canton devra compter un bataillon d'infanterie, une demi-compagnie d'artillerie et un détachement du génie.

(l) Dépêche du vice-amiral Rigault de Genouilly à S. Exe. le Ministre de la marine. Saigon 14 mars 1859.

Page 1