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LIVRE IV, CHAPITRE III

lité constante de la rivière, intéressait en effet grandement la sécurité de nos avant-postes ; car, par le fort de l'Est, nous étions en mesure de tourner tous les assaillants qui se présenteraient devant les ouvrages de défense de la presqu'île, base et centre de notre occupation.

Une semblable situation ne pouvait se prolonger sans danger ; aussi l'amiral n'attendait, pour la faire cesser, que la venue des troupes annoncées par la dépêche du ministre.— Dès qu'elles furent arrivées, il se mit en mesure d'exécuter, sans plus tarder, son projet d'attaque générale contre les nouvelles positions de l'ennemi.

Les ruines du fort de l'Ouest furent d'abord occupées, et une batterie de cinq pièces de trente y fut établie.

C'est le 7 et le 8 mai que les opérations auront lieu.

LX. — Le 7, enlèvement de quelques batteries gênant, du côté du fort de l'Est, l'ensemble des mouvements du corps expéditionnaire; — le 8, attaque générale contre toutes les lignes défensives construites par l'ennemi du côté de l'Ouest, et contre un camp retranché signalé par un grand mirador (1) élevé en arrière de ce camp.

Le terrain sur lequel l'action doit s'engager est une

(1) Un mirckdor est un observatoire construit avec des bambous liés les uns aux autres ; à son sommet se tient dans une cabane un guetteur. — Du haut de ce mirador, qai s'élevait à 40 ou cinquante pieds du sol} Teanemi dominait une gprande étendue de pays et pouvait ainsi surveiller tous les mouvements de nos troupes dans la rivière et autour des forts.

vaste plaine sablonneuse, coupée çà et là par des marais où croissent en abondance de longues herbes ; quelques massifs d'arbres s'échelonnent de distance en distance. On n'aperçoit aucune habitation, si ce n'est sur l'extrême droite de petits villages très-éloignés. Les ouvrages ennemis établis avec un art et une prévoyance auxquels on ne pouvait pas s'attendre, se composaient de coffres en fortes claies de bambous soutenus par de nombreux piquets et remplis de sable amoncelé ; l'épaisseur de ce sable était telle qu'elle mettait les ouvrages à l'abri du boulet et de l'obus .<— D'intervalles à intervalles, des embrasures avaient été pratiquées pour le tir des pièces d'artillerie, ainsi que de nombreuses meurtrières pour les pierricrsdestinésà lancer de la mitraille sur les assaillants.

Les travaux de la rive gauche de la rivière (droite des alliés) étaient les plus importants et embrassaient un espace de trois kilomètres ; ceux de la rive droite, beaucoup moins considérables, n'occupaient qu'une étendue de trois à quatre cents mètres et se composaient de tranchées défendues par des fortifications du même genre,

A. trente ou quarante mètres des défenses, le sol était hérissé d'obstacles de toute nature. — A chaque angle des lignes, des bastions armés de canons de 18 à 24 étaient reliés entre eux par des courtines.

LXI. -r- L'amiral a arrêté son plan d'attaque générale, en ce qui concerne le mouvement des troupes et la direction des feux d'artillerie.

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