LIVRE IV, CHAPITRE III
ordres du commandant Faucon, aborda résolument quelques batteries ennemies de la rive Est et les enleva d'assaut avec un entrain irrésistible. La possession de ces batteries qui furent rasées et leur artillerie mise hors de combat dégagea celte rive et assura la liberté de mouvement de la colonne de gauche qui devait opérer le lendemain.
Dès la veille au soir, les troupes qui forment la colonne de droite avaient été embarquées à bord des bâtiments, prêtes à être jetées à terre au point indiqué sur la côte. — Ce point est en face d'une batterie élevée par les Cochinchinois pour empêcher les navires d'approcher.
La colonne de gauche doit s'embarquer au fort de l'Est, remonter la rivière et aller débarquer au pied d'une batterie ennemie élevée sur le bord du fleuve ; les feux de celte batterie auront été préalablement éteints par le fort de l'Est et par la flollille.
La colonne du centre partira directement du fort de l'Ouest pour donner l'assaut aux premiers ouvrages anamites.
A trois heures du matin, le branle-bas de combat est fait sur tous les bâtiments ; les feux s'allument, les embarcations sont rangées le long des navires. — Le chef d'état-major commandant Reynaud, commandant la colonne de droite, est à bord du Phlégéton.
LXIV. — Au signal d'appareiller, les bâtiments d'attaque viennent mouiller successivement sur une ligne parallèle à la côte, les canonnières à quatre cents mè-
346 CAMPAGNE DE ÇOGHINCHIME.
très, les corvettes en échelon à huit cents. — La Fusée, VAlarme et la Mitrailky qui sont en tète, viennent s'enibosaer le plus près possible du banc, aux accores duquel on a placé des bambous indicateurs. A une distance de quatre encablures mouillent le Phlégéton et le Laplace ; — A Textréme droite est lAvalanchey qui doit diriger son feu sur une grande pagode, autour de laquelle doit converger la colonne de droite et qui s'élève, elle aussi, un peu en avant de l'extrême droite des' lignes ennemies. Plus en arrière sont le Lily, le Prégent et le Norzagaray, qui, affectés au transport des troupes, ne doivent pas prendre part au bombardement. Un olficier est placé sur les baFres de chaque bâtiment avec mission de rectifier le tir et de faire connaître les mouvements de Tennemi.
L'amiral donne le signal de commencer le feu.
.Aussitôt les deux forts, la batterie d'obusiers du capi* taine Lacour placée derrière un épaulement près du fort de rOuest et les bâtiments engagent simultanément l'ac*tion en couvrant de boulets et d'obus les nombreux ouvrages et les camps retranchés anamites.
L'ennemi répond avec énergie. Ses coups sont dirigés avec une grande justesse.
Lorsque l'amiral, par les signaux échangés, juge que la canonnade a produit sur les ouvrages cochinchinois les plus rapprochés l'effet qu'il en espérait , et que les portions de terrain favorables à des embuscades ont été suffisamment fouillées, il donne l'ordre de l'attaque.