‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 166 sur 187 · LIVRE IV, CHAPiTIŒ III. 3li · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPiTIŒ III. 3li

cessé de frapper les troupes qui y slalionnent , mortalité en dehors de toule proporlion par ses cruels ravages (1). — Saigon, au contraire, présente des conditions de salubrité assez satisfaisantes. Telle était l'appréciation personnelle de l'amiral.

LXXIX. — Les négociations entamées avec les autorités anamitcs n'aboutissaient pas. — Pour mettre un terme à ces éternels atermoiements et aux fourberies des mandarins, un ullîmatum fut posé dix jours avant l'oxpiration de l'armistice. — Si le 7 septembre, dernier jour de l'armistice, nos propositions n'étaient pas définitivement acceptées , toute négociation pacifique était rompue et l'action militaire reprenait tous ses droits.

Mais plus on approche du terme de l'armistice, plus on voit s'évanouir l'espoir de conclure un traité de paix. Les répugnances jusque-là voilées se montrent plus nettement. — Les chefs du gouvernement anamite, instruits de l'événement survenu à l'embouchure du Peï-ho, et sans apprécier, dans leur ignorance de la guerre, les circonst.'vnces qui l'ont amené, y puisent une confiance

(1) Dépêche du 4 aoâi 1859.

a La mortalité conlinue ; le nombre des malades est toujours considérable. Parmi les victimes récemment enlevées, nous avons la douleur de perdre M. Gascon-Cadaubon , capitaine d'infanterie de marine ; M. Theil, enseigne de vaisseau, et M. l'aspirant de Lapelin, attaché à l'état-major général. La mort de M. de Lapelin , jeune homme remarquable par toutes les qualités du cœjr et de Tintelligeoce, a été l'objet d'un deuil général, et ^ajouté un nouveau chagrin à tous ceux que j'ai eu à souffrir pendant cette campagne. » '

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sans bornes pour le succès futur de leurs armes ; ils ont la conviction que nous serons obligés de porter trèsprochainement toutes nos forces en Chine, et, par conséquent, d'abandonner nos projets contre la Ciochinchine. — Du reste, d'après de récents rapports, tout a déjà été préparé pour permettre à leur souverain de se retirer avec son trésor et les archives du gouvernement dans une place de Tintérieur, si Hué, capitale du royaume, tombait en notre pouvoir.

Les prévisions de l'amiral sur la fin des négociations avec les Anamites ne tardèrent pas à se réaliser. Le 7 septembre, elles furent rompues. — Loin d'avancer, la question avait reculé ; le gouvernement anamîte éftait moins disposé que jamais à accepter aucune des bases du traité de paix qui lui était offert, et, chose étrange, les clauses relatives à la liberté religieuse qui avaient paru concédées dès les premières entrevues, répugnaient tellement aux Gochinchinois, qu'ils n'osaient même pas, disaient-ils hautement, les transmettre à leur gouvernement. — «Ce sont, ajoutaient-ils, des conspirations perpétuelles pour le renversement de la dynastie, cachées sous le voile de la religion, et nous ne comprenons pas pourquoi on voudrait obliger les autorités cochinchinoises à protéger une propagande religieuse étrangère au pays (1). »

(1) Entrevue du commandant Jaurégniberry avec les mandarins.

Dépêche de Vamiral R. de Genouilly à Son Excellence le Ministre de la marine, — Camp de la rivière de Touranne, 21 septembre 1859.

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LXXX. ~> La rupture des négociations rendait à Tamirai sa liberté d'action. Il résolut donc d'attaquer de nouveau les lignes cochinchinoises dans lesquelles l'ennemi s'était retiré depuis le 8 mai, et de détruire son artillerie. — Cette opération militaire atteignait à la fois plusieurs buts; elle frappait les Anamites au moment où ils venaient de se jouer de notre bonne foi par des promesses perfidement éludées et leur faisait sentir, pour qu'ils ne l'oubliassent pas, tout le poids des armes de la France. Elle assurait, en outre, la tranquillité des positions que nous occupions en rivière, et plus tard les mouvements de retraite projetés.

Le commandant du génie Dupré-Deroulède, qui donnait chaque jour les preuves de son infatigable énergie, fut chargé de diriger des reconnaissances, et il le fit avec ce soin consciencieux et cette habileté qui, dès son arrivée en Cochinchine, avaient attiré sur lui l'attention et l'estime toute spéciale du commandant en chef.

Avant que la nuit eût perdu toute son obscurité, il partait avec une centaine d'hommes divisés en petits pelotons. Une arrière-garde composée de deux cents hommes environ était prête à lui venir en aide, si l'ennemi tentauit une sortie avec djes forces très-supérieures.— Dans une de ces explorations, le hardi commandant put approcher les ouvrages ennemis à une cinquantaine de mètres ; ces ouvrages bien gardés ouvrirent sur le petit détachement qu'il commandait un violent feu de mitraille et de mousqueterie , mais le but avait été atteint. Le commandant Deroulède avait pu apprécier l'état des défenses enne-

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mies et reconnaître les points les plus favorables pour donner l'assaut.

Ces lignes présentaient un front de quinze cents mètres environ et se composaient de bastions fortement armés et reb'és entre eux par des courtines ; — les nouveaux ouvrages, plus achevés et mieux combinés que les anciens, étaient aussi précédés, à une cinquantaine de mètres en avant, de fossés profonds et de pointes de bambous fichées en terre, obstacles matériels qui devaient offrir à l'attaque des difficultés sérieuses, car ils entravaient la marche des troupes sous le feu des défenses tiré à très-petite portée.

Les forts étaient tous armés de canons d'un fort calibre, et les courtines étaient couronnées d'un grand nombre de pierriers.

LXXXI. — Une fois les positions de l'ennemi bien connues et bien déterminées, l'amiral arrêta son plan d'attaque. L'extrême gauche des lignes s'appuyait sur un village où les Anamiles construisaient un fort trèsimporlant. — Leur extrême droite élait appuyée à la rivière.

L'attaque doit avoir lieu sur trois colonnes. — La colonne de droite est sous les ordres du colonel Reybaud, ayant avec lui le commandant Des Pallières. — La colonne du centre est commandée par le colonel espagnol Lanzarote. — La colonne de gauche par le capitaine de vaisseau Reynaud, ayant sous son commandement le commandant Vallière.

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