‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 165 sur 187 · LIVRE lY, CHAPITRE IIU · texte numérisé non relu

LIVRE lY, CHAPITRE IIU

glais avaient beaucoup diminué la garnison, et où nousmêmes nous n'avions plus qu'un faible corps de troupes. — Aux yeux de l'amiral, les intérêts qui nous retenaient en Cochinchine devaient s'effacerjevant les intérêts bien plus graves de notre position «njGhlne.

Aussi, cette responsabilité qu'il repoussait deux mois auparavant, iln'hésitait plus à l'accepter entière, et il annonçait au ministre que, resserrant l'occupation de Tourane, il dirigerait successivement sur Canton les forces qui deviendraient disponibles par suite de cet abandon d'une partie des positions que nous occupions en Cochinchine; il arriverait même à une évacuation complète, si les circonstances l'exigeaient.

Les nouvelles reçues de Canton étaient en effet trèsinquiétantes et pleines de menaces pour l'avenir. — La révolte et la trahison veillaient autour du petit corps d'occupation. — Des bruits sinistres couraient de tous côtés, semblables à ces grondements de tonnerre, précurseurs certains de l'orage ; les assassinats partiels se^^multipliaient malgré la surveillance la plus active.

Le capitaine de vaisseau d'Aboville, commandant supérieur à Canton, avait appris que les levées des braves de la campagne s'organisaient, et que les mandarins faisaient fabriquer des armes et des canons. Des rapports secrets l'avaient môme instruit que le gouverneur de Canton, Laô, avait ouvert des relations avec des chefs de bandes rebelles, pour les engager à entrer an service de l'Empereur et à se joindre à ses troupes pour

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exterminer les barbares étrangers ; d'un autre côté les négociants chinois se hâtaient de conclure les affaires engagées avec les Européens et refusaient d*en entreprendre d'autres. ^

LXXVIIL — Toutes ces nouvelles, venues de différentes sources à la fois, étaient les symptômes d*un grand mouvement qui s'ourdissait dans l'ombre. Ce mouvement devait-il rester inachevé, ou éclater tout à coup sur la faible garnison de Canton ? — Nul ne pouvait le savoir, tant la politique chinoise versatile et tortueuse change souvent de faces et a des revirements inattendus. — Toutefois, il fallait se tenir sur ses gardes.

De nouveaux renforts sont envoyés à Canton, et le capitaine du génie Gallimard est parti pour celte destination, afin de compléter certaines parties de nos lignes de défenses, qui paraissent défectueuses au commandant d'Aboville. Si les événements qui se passeront en Chine Texigent, c'est Tourane qui sera évacué ; car, entre les deux points que nous occupons sur les côtes de l'empire anamite, — Tourane et Saigon, — l'amiral Rigault de Genouilly ne croit pas qu'il y ait à hésiter.

A ses yeux, Saigon doit être conservé. Cette position pourrait devenir plus tard très-difflcile à reprendre , si le gouvernement français se décidait à recommencer une expédition contre la Cochinchine. — Tourane peut au contraire toujours être repris sans grandes difficultés,, et son évacuation serait d*ailleurs commandée par l'insalubrité de ses parages et la mortalité qui n'a

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