LIVRE I, CHAPITRE II
nouveau champ à la civilisation chrétienne et au commerce de toutes les nations.
XLVI. — Le baron Gros devait prendre passage à bord de la frégate française VAudacieiLsey emmenant avec lui M. Duchesne de Bellecourt, secrétaire de l*^* classe, le vicomte de Contades secrétaire de 3« classe, le marquis de Moges et le comte de Latour-Maubourg attachés à cette mission extraordinaire.
Quelques jours plus tard le marquis de Trévise et le comte de Flavigny complétaient la liste des membres de l'ambassade; M. de Besplas, lieutenant de vaisseau, était aussi, sur la demande particulière du baron Gros, attaché à l'état-major de la frégate.
Le gouvernement de l'Empereur mettait nos intérêts dans les mers de l'extrême Orient aux mains d'un diplomate habile et expérimenté, que ses longs et éclatants services dans la diplomatie, depuis 1823, rendaient digne à plus d'un titre de l'importante mission dont il était chargé.
En même temps les deux cabinets de Paris et de Londres engageaient officieusement les gouvernements de Russie et des États-Unis d'Amérique, dont les intérêts politiques et commerciaux étaient considérables dans ces parages, à joindre leur action à la leur dans les négociations importantes qui allaient s'ouvrir avec le Céleste -Empire. — Toutes les nations n'étaient elles pas à un même degré intéressées aux justes réclamations dont la France et l'Angleterre étaient déci-
dées à avoir enfin satisfaiction, fût-ce même par les armes ?
La Russie et les États-Unis d'Amérique décidèrent qu'ils enverraient chacun un haut plénipotentiaire. — Mais les instructions de leur gouvernement leur interdisaient de prendre aucune part aux mesures coerdUves qui pourraient être emf^yées contre la dune» leur prescrivant de borner leur action à des négociations pacifiques.
Le 27 mai 1857, à 7 heures du matin ^ le baron Gros, suivi de tout le personnel de son ambassade, montait, en rade de Toulon à bord de PAudacieus^commanàée/for le capitaine de vaisseau d'Aboville, et se dirigeait vers les mers de Chine.