LIVRE I, GHAFITRS IL
ses colères, s'attaque moins à la cause elle-même qu'aux hommes qui la défendent. — Aussi ne faisoD9-i!M)us que constater la sensation produite par ces événements en Angleterre, sans chercher à en tirer aucune conclusion.
Que sir J. Bowring, que l'amirak Seymour aient eu tort ou raison; là n'était plus la question; l'honneur de l'Angleterre se trouiait engagé, ses intérêts eomo^rciaux étaient en jeu; la partie ne pouvait plus êtreaban* donnée.
Lord PalmerstMi après le vote delà Chambre des Communes n'hésita pas 'à provoquer la dissolution de la Chambre et à faire de nouveau appel au pays. — Les élections lui apportèrent, cette fuis, la majorité dans les deux Chambres, et assurèrent la victoire définitive du ministère sur cette question devenue tout à coup si importante et si capitale.
Dès lors une impulsion rapide allait être donnée aux afiTahres de la Chine. — Le gouvernement anglais décida qu'un corps- expédilionnaire de cinq mille hommes serait envoyé dan&les mers de la Chine, et qu'un diplomate anglais, chargé de {riieins pouvoirs, s'y rendrait à la tète d'une brillante ambassade,, pour régl^ nettement les différends qui s'étaient élevés, et arriver, s'il était possible, par voies diplomatiques à la révision des traités, dans le sens que désirait l'Angleterre.
Lord £%in fui chargé de cette importante mission.
XLY. — En face des préparatifs de l'Angleterre, de son
intention bien formelle d'obtenir la révision des traités, et dans la prévision des résultats, sans nul doute favorables à sa position dans les mers de la Chine, qu'elle obtiendrait par le fait de cette mission extraordinaire, la France pouvait-elle rçster indifférente, et inactive? Ne devait-elle pas chercher, elle aussi, par la voie diplomatique à améliorer sa situation dans ces mêmes parages et à montrer sa juste sollicitude pour les intérêts et même Vexistenpe souvent compromis de ses nationaux. — Sans se préoccuper en rien des différends particuliers qui divisaient en ce moment la Grande-Bretagne et le' Céleste-Empire, elle trouvait dans la mort cruelle du missionnaire Chapdelaine et dans les vives et inutiles réclamations de ses représentants auprès des autorités chinoises, un motif plus que suffisant pour saisir cette occasion que venaient lui offrir des événements qu'elle n'avait pas provoqués; son but était d'établir nettement sa situation politique, commerciale et, pour ainsi dire, morale avec la cour de Pé-king, c'était surtout d'empêcher le retour d'actes odieux et sauvages, violation flagrante à la fois du droit des gens et des principes sacrés de la civilisation.
C'est pourquoi l'empereur Napoléon désignait le baron Gros pour se rendre en Chine, en qualité de commissaire extraordinaire. — Les deux plénipotentiaires de France et d'Angleterre devaient se prêter un mutuel concours dans les négociations qu'ils allaient entreprendre, et dont le succès (1) ouvrirait sans aucun doute un
(1) Moniteur universel, 7 mai 1857.