LIVRE I, CHAHTRE UI
contre-amiral RigauU de GeDouilly avait mis son pavillon sur la Némésis, frégate à voileâ de cinquante canons, placée sous le conamandement du capitaine de vaisseau Reynaud, qui remplissait en même temps les fonctions de chef d'état-major.
Le Frimauguet, le PhUgétonf la Meurthe, la Duranee^ la Mitraille , la Fusée , la Dragonne . et V Avalanche appareillaient de différents porte pour la même destiiiation.
Après une première rdâche dans la rade de Corée qu'elle atteignait le 26 février, la Némésis mouillait au cap de Bonne-Espérance à SîmounVBay le 22 avril, et arrivait à Singapour le 15 juin, par le cô4é est du détroit. — A la même époque, le Primauguet, et la Mitraille, y arrivaient par le côté ouest. L'avant-veille^ie PJhUgétonQt la Dragonne avaient déjà quitté ce mouillage pour se rendre en Chine. — Selon toute apparence, la Meurthe^ la Durance et leurs conserves ne devaient point tarder à paraître.
XLVIIL — Ce fut à Singapour^ que le contre-amiral Rigault de Genouilly fut instruit par dépêche du ministre de la marine que le contre-amiral Guérin devait lui remettre le commandement en chef de la division navale de rindo-Chine, aussitôt qu'il aurait opéré sa jonction avec lui, La même dépêche hri annonçait l'arrivée prochaine du baron Gros^ en qualité d'ambassadeur extraordinaire. Le ministre de la marine envoyait à cet égard au nouveau commandant en chef des instruc-
' tions qui établissaient nettement sa position vis-à-vis du baron Gros et prévoyait le cas où il dépendrait indispensable d'avoir recours à la force des armes (1).
(1) Dépêche de Son Eaxellence le ministre de la marine j au contreamiral ïligault de Genouilly, commandant en chef la station navale indo-Chine.
Paris, 9 mai 1857.
«Monsieur le contre- amiral, TEmpereur a décidé que M. le baron Gros se rendrait en Chine , en qualité d'Âmhassadeur Extraordinaire , afin d*y régler les questions actuellement pendantes et d'y établir nos relations avec le Céleste- Empire sur un pied plus satisfaisant, notamment pour nos intérêts commerciaux.
« Le gouvernement anglais a pris une pareille résolution : le comte d*£lgin se rend également en Chine avec les pleins pouvoirs de Sa Majesté Britannique et les deux plénipotentiaires auront à se concerter et à se prêter un mutuel appui pour Taccomplissement de leur importante mission.
« La frégate de huit cents chevaux, VAiidadeuse , placée sous le commandement de M. le capitaine de vaisseau d'Aboville, a été mise à la disposition de M. le baron Gros pour le transporter en Chine avec les personnes de son ambassade. V Audacieuse partira de Toulon vers le 15 de ce mois, elle fera route prompte et directe vers la Chine.
«Aussitôt arrivé à sa destination, M. le baron Gros doit se mettre en rapport avec le ministre actuellement accrédité de Sa Majesté et avec vous, ainsi qu'avec les représentants diplomatiques et le commandant des forces navales de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.
« Ces relations établies , le Gouvernement de Sa Majesté Britannique et celui de TEmpereur ont pensé que leurs plénipotentiaires devraient^ quel que fût à ce moment Tétat des affaires en Chine , se transporter sans retard à l'embouchure de Peï-ho pour tenter d'entrer en communication avec la cour de Pé-king.
« M. le baron Gros appréciera par suite de l'accueil qui sera fait à ses ouvertures , s'il doit descendre à terre , ou rester sur un de nos bâtiments avec le personnel de sa mission, ou s'éloigner après plus ou moins de temps , pour laisser cours aux opérations prévues.
« Il est d'ailleurs à désirer que les deux plénipotentiaires en se rendant au Peï-ho , puissent être accompagnés d'une force navale imposante, afin de convaincre les autorités de la province de Pe-tchi-li qu'ils ont à leur disposition des moyens suffisants pour appuyer, au besoin , les demandes qui seront formulées. Ce qu'il conviendra de