LIVRE I, CHAPITRE III
XLIX. — Déjà le haut plénipotentiaire de Sa Majesté Britannique était à Singapour avec le personnel de son ambassade, lorsque l'arairal Rigault de Genouilly y arriva.
faire à cet égard dépendra , du reste , de la situation des choses à l'époque où M. le baron Gros et lord Elgin se dirigeront sur le Peï-ho; si elles étaient toujours en Tétat où elles sont actuellement, vous vous borneriez, en vous entendant avec le commandant en chef des forces navales anglaises , à faire simplement accompagner les ambassadeurs par les forces dont vous croiriez l'un et l'autre pouvoir disposer , jusqu'à l'embouchure du Peï-ho. Vous auriez à apprécier, de concert avec l'ambassadeur de Sa Majesté Britannique , si vous devez l'accompagner ou bien rester à Canton.
« Si les hostilités avaient pris un caractère international , avant que M. le baron Gros se dirigeât sur le Peï-ho , il pourrait être à propos d'occuper les approches et la rade de Chusan, et probablement aussi d'envoyer des forces dans le Yang-tse-kiang , pour interrompre la communication par le grand canal , en même temps que les plénipotentiaires se rendront au Peï-ho.
a Vous déciderez, de concert avec M. l'amiral sir Michaël Seymour, si les forces à votre disposition vous permettent de prendre ces mesures , après avoir laissé ce qui serait nécessaire à Canton.
«Je vous dirai d^ailleurs, monsieur le contre-amiral, que le gouvernement de Sa Majesté Britannique, ayant prescrit au commandant en chef de ses forces navales en Chine de concerter avec vous , autant que possible, toutes les opérations à entreprendre, l'Empereur désire que vous agissiez de même à l'égard de sir Michaël Seymour.
a C'est exclusivement aux mains de M. le baron Gros que sont remises toutes les négociations que nous allons entamer avec la Chine. L'Empereur a donc décidé que ce sera à lui seul qu'il appartiendra de désigner le lieu où elles s'entameront, de la durée qu'elles devront avoir, et, si elles étaient infructueuses, du moment où il conviendra de les rompre. Mais lorsqu'il jugera que les négociations sont devenues inutiles, et qu'il y a nécessité de recourir à la force pour amener le gouvernement chinois à accéder aux demandes qui lui auront été adressées, il vous en fera part, et c'est dès lors à vous qu'il appartiendra de déterminer sur quel point et de quelle manière seraient employées les forces navales sous vos ordres.
«Il est superflu, monsieur le contre -amiral, que je vous signale à quel point il importe que vous entreteniez les rapports les plus intimes et les plus confiants avec l'ambassadeur extraordinaire de Sa
Lord Elgin venait d'apprendre les premières nouvelles des troubles qui commençaient à éclater dans Tlnde au sein des possessions anglaises. Cette terrible révolte n'en était qu'à son début ; les massacres de Delhi n'avaient pas encore porté jusqu'à Singapour leurs sanglants échos; mais déjà il était aisé de prévoir la gravité que pouvait prendre subitement un semblable événement, et lord Elgin naanifesta ses craintes sérieuses à l'amiral français, lorsque celui-ci alla, dès son arrivée, lui rendre visite. — Beaucoup de versions différentes circukienl; sur les causes et les résultats probables de cette insurrection, à la tête de laquelle s'étaient mis les officiers indous qui commandaient les troupes indigènes.
Majesté et que yoas défériez à son jugemefnt , dans toutes les questions qui n'auraient point un "caractère purement militaire ou nautique.
«Ainsi M. le baron Gros sera, s^ns doute, plus que personne, par suite de ses communications avec les autorités chinoises , en mesure d'apprécier si ce sont des opérations dans le nord de la Chine ou des opérations à Canton , qui devront exercer une plus grande influence sur les déterminations de la cour de Pé*king, conformément aux intentions de l'Empereur. Vous auriez, dans ce cas, à combiner vos dispositions en conséquence, à moins que des raisons toutes nautiques ne s'y opposassent , et qu'il en dût résulter des inconvénients au point de vue militaire ou naval. Si , une fois les hostilités commencées, des ouvertures étaient faites à M. le baron Gros et qu'elles lui parussent de nature à pouvoir conduire à un arrangement satisfaisant des questions en suspens, l'ambassadeur de Sa Majesté vous ferait connaître son opinion et vous auriez à suspendre immédiatement toutes les opérations commencées, à moins d'être sur le point d'obtenir un succès immédiat; en ce cas, vous poursuivriez l'opération entamée, et vous voudriez bien seulement exposer, sans réserva aucune, à l'ambassadeur de Sa Majesté les motifs qui vous y auraient décidé.
«Rwcvez, etc....
« Vnmiral, ministre de la marine et des colonies, « Hamelin. »