LIVRE II, GHAPITRS IL IS
Les chaussées pratiquées sur ces rizièn» élaient tellement étroites qu'il ne fellait point songer à y faire che-^ miner des troupes, et encore moins de rartilierie; les tra« vaux d'élargissement eussent été fort pénibles et fort considérables.
Sur un seul point, à l'entrée d*un village situé presqu'eo face de l'extrémité est de l'Ile Kupper, les rizières occu* paient une moins grande étendue et permettaient, en agrandissant quelque peu les chaussées, de se porter assez promptement sur la terre ferme. Mais ce point de débarquement resserré rendait fort difficiles les premiers mouvements de troupes. — En face de soldats européens, même d'un ordre inférieur, tenter une descente à terre dans de semblables conditions eût été un acte de grande imprudence ; mais il fallait foire entrer en ligne de compte l'ignorance militaire des Chinois, et donner à l'élan de nos soldats et au peu de solidité de l'ennemi la part qui revenait à chacun au moment décisif de l'action.
XXIV. — Toutefois, les deux amiraux et le général anglais résolurent de pousser une nouvelle reconnaissance sur Tsing-poo, où avait eu lieu le débarquement commandé par le général Gough, afin d'examiner en grand détail l'importance de la position en arrière qui dominait le fort Gough. Ils reconnurent que, pour atteindre cette position très-bonne en elle-même, il faudrait s'emparer de vive force des nombreuses défenses accumulées sur ce point par les Chinois.
C'était une nécessité embarrassante, par suite du petit nombre de troupes dont on pouvait disposer ; aussi cette combinaison, malgré les avantages d'un débarquement plus facile, fût-elle abandonnée pour agir du côté de Test où les canonnières avec leurs pièces à longue portée pourraient balayer une grande étendue de terrains. Il fut donc décidé que l'on débarquerait auprès du village situé presqu'en face de la pointe ouest de Ttle Kupper.
Dans la journée du 24, le plan d'attaque définitif fut arrêté. •