LIVRE II, CHAPITRE II
une partie des Marines. L'autre portion de ces troupes constituera une réserve qui occupera le point de débarquement; elle se mettra en marche, lorsque le corps expéditionnaire s'avancera vers le premier point d'attaque.
Ce premier point d'attaque est le fort Lyn. — Le centre sera chargé de l'enlever pendant le bombardement des forces navales contre Canton. La gauche se tiendra prête à repousser l'ennemi, soit qu'il vienne par les faubourgs ou par la porte de l'est ; la droite sera en mesure de contenir les garnisons du fort du nord , si elles tentaient une sortie.
Une fois le fort Lyn enlevé, les troupes y établiront leur bivouac pour la nuit. Profitant de l'obscurilé , les porteurs d'échelle, sous la protection de forts piquets, s'avanceront, aussi près qu'ils le pourront, des bords du fossé qui entoure la muraille circulaire, pour y déposer les échelles. — Le 29, à la pointe du jour, toutes les pièces d'artillerie du corps expéditionnaire ouvriront leur feu sur la muraille même, pour la nettoyer de ses défenses et faire tomber le parapet.
XX VL — A un signal donné les échelles seront placées, et l'assaut sera donné sur deux points par les troupes anglaises et par le corps de débarquement commandé par l'amiral français.
Dès que le mur aura successivement été couronné par les troupes alliées, le centre de la ligne se bifurquera en deux ; une portion ira vers le sud et occupera la porte
de l*est, Tantre suifra les colonnes de droite et de gauche qui prononceront leur monyement en avant, et se porteront vers les hauteurs du nord , dont les pentes sont douces, mais, dît-on, fortement défendues.
L'enlèvement de ce point rend maître de la ville , car 4e cette hauteur on pourra battre les forts du nord avec rartillerie chinoise , à laquelle se joindront les obu* siers du corps expéditionnaire hissés sur les murailles.
Tel était dans son ensemble le plan d'attaque adopté.
« Ce n'est point un plan militaire régulier (écrivait au ministre le contre-amiral Rigault de Genouilly), et on compte beaucoup pour sa réussite sur le caractère moral des troupes chinoises. Le succès dépend en grande partie de l'efficacité du feu des canonnières qui sont chargées de balayer la muraille orientale, et qui devra cesser, dès que notre attaque se sera prononcée. Si ce feu est bien dirigé , il doit déterminer l'évacuation de cette muraille, et la rendre libre au moins dans la partie sud, par laquelle notre flanc sera menacé. Le feu ne s'ouvrira ,que le 28, sur la demande dé l'amiral Seymour, qui répugnait à ce que des opérations de guerre fussent suivies dans la journée de dimanche prochain. »
XXVn. — Le 25, arrive la réponse du commissaire impérial Yeh à la sommation des chefs militaires ; mais cette i-éponse est toujours comme les précédentes, évasive et sans portée. — Nous en donnons la traduction textuelle.
UVUE II, CEAPITIUS U. ' 127
« le commissaire Teh aux commandants m chef des forces atliées.
« Yeh, haut commissaire impérial, etc.; Muh, général deManehus, etc.; Pih, gouverneur de Kwaiig-tung, etc.; Shwang» lieutenant-général de Manchus; Shwang, lieutenant de Hankian, envoient cette réponse à la communication qu'ils ont reçue le 24 courant de Leurs Excellences le contre-amiral Seymour, etc.; le contre-amiral Rjgault de Genouilly et le major général Van Slraubenzee,
« Les soussignés ont attentivement pris connaissance du contenu de cette communication. Il y est établi que la correspondance s'est terminée d'une manière peu satisfaisante. Sur ce point, moi^ le grand ministre, je fais observer qu'aux diverses communications que j'ai reçues, en deux circonstances, des envoyés Elgin et Gros, j'ai répondu positivement et explicitement, appuyant sur ce point, qu'en ce qui concernait les relations commerciales entré les Chinois et les nations étrangères, je ne demandais pas mieux qu'elles se résumassent dans les conditions précédemment établies. En cela, rien n'était contraire à vos désirs, et les autorités supérieures de la Chine, telles que le général tartare soussigné, le gouverneur, les lieutenants-généraux tartares, ainsi que la noblesse et les peuples de toutes les provinces sont d'une seule et même opinion à cet égard.
« Les rapports montrent que , dans les six communî-
cations que moi , le grand ministre , j'ai adressées à l'honorable sir Michaél Seymour, en date des 3, 6, 8, 10, 14 et 19 du dixième mois de l'année dernière (octobre et novembre 1856), j'ai fait l'exposé sincère de la situation de la ville de Canton.
« Le jugement et la connnaissance pratique des affaires ont signalé la longue carrière de l'honorable amiral Seymour, et si l'honorable amiral Rigault de Genouilly et l'honorable général Van Straubenzee ne sont pas encore rompus aux particularités de la question, un soigneux examen des lettres écrites par moi, le grand ministre, à l'honorable amiral Seymour, la leur fera connaîlre complètement.
XXVIII. — Les commandants en chef des forces alliées envoyèrent immédiatement au Vice-roi la note suivante :
« Les commandants en chef des forces alliées au grand commissaire Yeh.
« Les soussignés commandants en chef des forces alliées accusent réception d'une lettre qu'ils ont reçue, en date du 25 courant, de Leurs Excellences le gouverneurgénéral, le général tartare, le gouverneur de Kv^angtung, et n'ont qu'à leur exprimer leur profond regret de ce que les propositions qu'ils ont faites à Leurs Excellences, dans leur communication du 24 courant, n'ayant pas été acceptées, il ne leur reste plus d'autre alternative que celle de commencer leurs opérations contre la ville