‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 56 sur 187 · LIVRE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE II

de Canton, ainsi qu*iis en avaient été prévenus pour le cas où ces conditions ne seraient point acceptées. »

On le voit par les pièces que nous avons produites, aucune démarche n'avait pu vaincre l'orgueilleux entêtement de Yeh. — Évidemment il était rempli d'une confiance aveugle dans Tinexpugnabilité de Canton, et toutes les communications conciliatrices qui lui avaient été adressées, loin de fléchir son orgueil ou de modifier sa décision, confirmaient à ses yeux cette pensée, « que les barbares Européens n'oseraient jamais attaquer la ville avec des forces aussi restreintes; ou bien qu'ils seraient forcés, aprèsde slérileseffotrSjd'abaodonnerleur projet.» — Étrange aveuglement de ce pieuple qui croit les autres nations du monde à peine dignes d'apporter des tributs aux pieds du puissant souverain du Céleste-Empire !

Les proclamations, affichées sur les murs de Canton, et que les habitants lisent avec avidité, sont empreintes de ce profond dédain, de cette confiance extrême, rêve héréditaire de plusieurs siècles, que deux jours suffiront pour anéantir.

XXIX. — L'attaque aura donc lieu le surlendemain, 28 décembre^

Dès le 26, les bâtiments des deu?c nations, au nombre de trente-deux, qui devaient prendre part au bombardement de Canton, avaient pris position devant la ville.

La corvette le Phlégéton (commandant Lévéque) avait

pu les rejoindre» après avoir été conndérablemenl allégée; elle portait le paTUton amiral.

Les frégates la NémésiSy V Audacieuse , la corvette la Ca^ pricieuse et le transport la Meurthe étaient restés au mouillage de Wampoa. — Le transport la Durance et la corvette à vapeur le PHmauguet s'^étaîent rapprochés de Canton et étaient venus mouiller près de la pointe est de l'île Kupper. — Le baron Gros et la légation française avaient quitté r Audacieuse et s'étaient installés à bord du PrimaugueU

Sur la rivière même, en face de la ville, abritée derrière ses murailles épaisses , il existe une autre ville flottante, dont la population s'élève à près de cent mille habitants qui, d'après la loi chinoise, n'ont pas le droit de venir s'^établir à terre. — Celte ville flottante est composée d'une quantité innombrable de bateaux amarrés, côte à côte; et formant entre eux des rues que parcourent incessamment des barques de passage et des marchands ambulants de toute sorte. A l'approche des premières canonnières alliées , on vit bientôt cette viïïe étrange se mettre en mouvement et abandonner fa partie de la rivière qu'elle envahissait presque complètement. Une portion plus hardie semblait vouloir rester, mais les commandants des canonnières avaient reçu l'ordre de faire opérer le plus rapidement possible Févacuation complète de la rivière ; car cette masse de bateaux eût pu créer, à la flottille alliée, des dangers sérieux par l'espace restreint qu^elle occupait, si les Chinois avaient eu l'idée d'y propager Tincendie.

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