LIVRE n, CHAPITRE IV
anglaise, et cinquante hommes de Tartillerie royale de marine, avec trois obusiers de montagne, ainsi qu'un détachement de cent hommes des troupes françaises, ont été occuper dans la ville les emplacements désignés à Tavance.
LXVII. — A deux heures , les deux plénipotentiaires ée France et d'Angleterre, en habit de ville, abordent à la plage suivis de tout le personnel de leur ambassade.
Devant le débarcadère sont rangées les troupes qui doivent servir d'escorte aux ambassadeurs. Le temps est
Le lieutenant de vaisseau Vériot, qui a porté sa batterie sous les remparts pour en démolir les parapets;
Le lieutenant de vaisseau de Vautré , monté un des premiers sur la brèche ;
L& matelot de deuxième elasse Tian, Jean -Baptiste;
Le deuxième maître-canonnier Pélissier , Louis;
Et le matelot de deuxième classe Laurier, Louis, arrivés en tête de l'escadre.
Marins et soldats!
Notre tâche n'est pas finie ^ nous devons aujourd'hui sauvegarder, en commun avec nos alliés, l'ordre dans une cité d'un million d'âmes. Cette mission difficile ne peut s'accomplir que par le maintien de la discipline la plus stricte, le respect scrupuleux des droits des habitauts , et la surveillance la plus exacte.
N'oubliez pas que vos succès, si brillants qu'ils soient, doivent rester purs de toute souillure; c'est à ce prix que vous mériter«K le suffrage de Votre illustre Empereur.
Vive V Empereur!
8 janvier 1858.
Le contre-amiral commandant en chef,
BiGAULT DE GESOUnXY.
superbe, un soleil splendide rayonne élincelant sur cette nature verdoyante et fertile qui s'étend au loin à perte de vue, et dore les hauteurs, sur lesquelles se développent, en ligne de bataille les deux corps expéditionnaires alliés. Aux clartés éblouissantes de ce soleil reluisent les armes immobiles , les broderies des uniformes et le bronze des canons. — C'est un spectacle magique. Le ciel a voulu donner toutes ses splendeurs à cette entrée solennelle de la civilisation européenne dans la vieille ville de l'empire chinois. La musique militaire précède le cortège , et les détonations régulières de rartillerie se mêlent à cette martiale harmonie.
La haie des marins français et des soldats anglais commence à la porte de l'est, par laquelle doivent entrer les hauts plénipotentiaires de Leurs Majestés ; elle s'étend sur tout le parcours.
La population chinoise, tombée du haut de ses dédains dans le plus profond découragement, regarde passer avec ébahissement, comme un de ces rêves fantastiques que lui donne l'ivresse de l'opium, tout ce bruit, tout ce tumulte de la conquête, qui résonne sur les dalles sonores. Elle semble ne rien comprendre à ce spectacle étranp^e qui se déroule devant elle au bruit du canon.
LXVIII. — Le cortège est arrivé au yamoun de Pee- Kwee, où doit avoir lieu l'inslallation du nouveau gouverneur et de son collègue le général tartare.
Les amiraux reçoivent les ambassadeurs, qui entrent avec eux dans le prétoire du gouverneur.