‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 83 sur 187 · LIVRE III, CHAP1TD9 I. S · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP1TD9 I. S

conserveraient-elles un caractère pacifique, ou seraienteliea appuyées pardes forces imposantes, permettant au besoin de se saisir de nouveaux gages propres à amener la conclusion de la paix ? '«

. Telles étaient les différentes hypothèses qui se présentaient à Tesprit des ambassadeurs et qui pouvaient être, <lans une certaine mesure, subordonnées aux événements qui se passaient dans les Indes.

Ces retards, surtout après l'ordre que venait de recevoir Tamiral Rigault de Genouilly de se porter en Cochinchine, étaient une des difficultés de la situation. E|n effet si les Anglais se décidaient à quelque opération militaire nouvelle en Chine, nous devions y prendre part, pour satisfaire à nos engagements de communauté comme belligérants, et aussi, dans Tintérèt de notre propre influence.

c Chaque coup frappé dans le nord de la Chine (écrivait l'amiral) aura plus de retentissement à la cour de Péking que la prisé de Canton, et le nom de la France doit arriver dans la capitale de l'empire chinois sur les bulletins qui y porteront celui de l'Angleterre. »

III. — La prévision de ces éventualités et l'insuffisance de ses propres ressources préoccupaient vivement le commandant en chef français. Son effectif, diminué déjà par les maladies , le serait encore davantage par les troupes qu'il faudrait laisser à Canton, et un nouveau débarquement dans le nord condamnerait ses bâtiments à l'impuissance pour la navigation et pour le combat. — L'amiral se décida donc à expédier à Manille la Durancet

transporta vapeirr, sous \e coffîmand^mem du eapilaiEie de frégate Thoyon^ aree mission d'engager trois ou quatre cents matelots^ tagalseaUioUqneS) ({a'attaeberaient à nous les liens de la foi commîmes et dont la présence serait très-utile ponr remplir en partie les vides produits dans les cadres (1).

Quant à la siUiation du corps allié dams la TiUe con^ quise , elle s'améMorait; la eonfianee semblait renattre , les boutiques s'ouvraient peu à peu dans les rues les flm commerçantes; lés quartiers tartaresi» quelques jours auparavant, morn^ et silencieux , reprenaient déjà de l'animation , et ume partie de la pop«^latioît qui s'était enfuie précipitamment , pendant les premiers jours , était déjà rentrée dans ses habitations. •

Mais les nouvelles de l'extérieur étaient moins rassurantes et présageaient des orages qu'il fallait éloigner par l'intimidation. — Aussi l'armement des bauteurs se continuait avec activité. Des canoîis de moyen calibre remplaçaient les pièces légères qmi seules défendaient cette position, et l'amiral Seymour faisait, dans ce but, débarquer à terre une partie de l'artillerie en bronze de ses canonnières. Désalignés de défense fureist tracées, et sous cette ceinture menaçante de bouches à feu, la tranquillité était assurée : au moindre signe de révolte, la ville eût été foudroyée*

(1) Les matelotS'tagals versés dans les cadrœ deTaient être spécialement affectés au service des embarcations de peine , les fatigues encourues dans les canots étant , dans la saison des chaleurs , une des causes les plus actives de maladies pour les Européens.

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iy« — La comoHasiiHi mixte» instituée pour le gouvernement intérieur de Canton , avait rencontré à son début de grandes difficultés par suite de la différence si complète des habitudeSydes coutumes et du langage qui exis* iSLieià entre eUe et les habitants sur lesquels devait s'exercer son autorité ; mais elle n'était pas restée au-^ dessous de sa tâche et avait déployé autant d'énergie que d'infatigabl^ vigilance. ^ EUe était composée du commandant français Martmeau des Ghenez, du colonel an* glais HoUoway et du consul de Sa Majesté Britannique, M» Parkes. M. l'abbé Duluc était attaché comme interprète à la personne du commandant français. — Cette commission, qui avait sous ces ordres quatre cents hom» mes du corps expéditionnaire angla^is et français, avait organisé un service de gendarmerie, et des patrouilles,^ composées de troupes des deux nations, parcouraient nuit et jour les faubourgs et la ville.

Des rapports particuliers signalaient > en effet, de sourdes machinations tramées hors des murs, dans le but d'amener un soulèvement général. Des placards incendiaires avaient même été affichés sur plusieurs points de la ville neuve et des faubourgs de l'ouest ; ces placards appelaient les habitants à la révolte et leur disaient qu'en se levant, ils écraseraient leurs agresseurs et reprendraient les hauteurs du nord, vendues aux barbares par l'ex-commissaire impérial Yeh. — Une proclamation du gouverneur Pee-Kwee avait aussitôt remplacé ces placards , rendant responsables les propriétaires des maisons sur lesquelles on en rencontrerait à l'avenir*

188 C4XPAGKE &£ C«mE.

Des perquisitions très-rigoureuses furent en même t ordonnées, surtout dans le quartier tartare, pour rechercher les dépôts d*armes de toute espèce qui pourraient s'y trouver (l). L'enlèvement de ces dépôts e|de ces magasins d*armes fait publiquement, produisit un effet trèssalutaire en donnant de nouvelles garanties à la sécurité publique.

£h outre, des avis signés par les autorités chinoises furent affichés sur les murs intérieurs de la ville, reprochant aux habitants de se servir souvent d'expressions injurieuses envers les étrangers, oubli -complet des égards que les hommes se doivent entre eux, — Cet avis sç terminait par utm iif^action formelle faite aux Chinois de traiter avec poliiosse et déférence tout étranger q<i'41s rencontreraient.

Combien le vieil 4>rgueil naltoiial ^levaii tressaillir en voyant des autorités indigènes signer et proclamer de pareilles monstruosités d'égalité entre eux, les fils du Céleste-Empire, et les barbares occidentaux!

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