‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 82 sur 187 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. — Ce fut vers cette époqiw que le eantre-arnirali Rigault de Genouilly reçat la dépédie du imnistre d« k marine datée du âô novembre 1857, qui lur annoisçait que le gouvernement ée FEoipereur avait résolu de mrttre enfin un terme aux persiécutioiisr qui se renouTelaient sans cesse contre les chrétiens, en Cocbinchiué. L'amiral receinsiit , en outre , l'avis que le nombre des bâtiments placés sous ses ordres étaitaugmenlé, et qu'il était chai^ de la direction en chef des opérations contre le royaume annamite, au point de vue militaire, comme au point de vue politique. Mais les attermoiements et les hésitations de la cour de Pé-king laissaient entrevoir que les farces navales auraient encore probablement k agir sur nn autre point du Céleste-Empire, avant d'obtenir satisfaction du mauvais vouloir des autorités chinoises. — L'amiral ne pouvait donc s'éloigner sans danger et accomplir îmmédiatenifent la nouvelle missioa qui lui était confiée.

Pour définir franchenaenl la position telle qu'elle était

184 CAarÂGNE DE CHINE.

alors en Chine, il faut ajouter, qu'au moment où la levée du blocus et la reprise des transactions commerciales avec les Européens allaient amener la promulgation de règlements édictés par les commandants en chef pour la nouvelle situation des choses,, la présence de Tamiral français était impérieuse, pour que la part d'action qui revenait à la Frauce apparût, en cette occasion, d'autant plus nettement établie dans les pièces officielles, que Ton semblait, d'un autre côté, désirer vivement qu'elle fût atténuée. Car les Anglais, tout en ayant accepté notre concours pour les opérations militaires, ne pouvaient disaimuler combien il leur était désagréable de voir des actes publics constater vis-à-vis les Chinois et les autres nations, que nous conservions et exercions, comme eux et avec eux, la plénitude des droits de la conquête. — La presse anglaise deHong-kong ne laissait aucun doute à cet égard, et avec cette violence dans les termes, dont elle avait depuis longtemps donné tant de preuves, elle se révoltait devant une situation qui était pour elle l'abdication de l'omnipotence anglaise, proclamée jusqu'alors dans ces lointains parages.

IL — En outre, les plénipotentiaires de France et d'Angleterre étaient très-indécis sur leurs démarches futures. — Allaient-ils se porter sans délai dans le nord» ou attendraient-ils, avant toute décision ultérieure^ l'effet que devait avoir produit sur la cour de Pé-king la nouvelle si subite et si inattendue de la prise de Canton t — Les démonstrations dans le nord, si elles avai ^nt lieu.

Page 1