LIVRE m, CHAPITRE I
efforts au désir universel de voir la Chine ouverte à la bienfaisante inQuence de toutes les nations chrétiennes.» Cette heureuse union des quatre grandes puissances occidentales devait évidemment pt*oduire un effet considérable à la cour de Pé-king, et hàler l'arrivée à Shanghaï des plénipotentiaires de cette Cour, chargés de traiter avec les représentants européens.
XVI. — Dans sa demande au premier ministre du Céleste-Empire, le baron Gros formule pour la France, comme base première des négociations futures, une indemnité pour les frais de la guerre, — la faculté pour le ministre de France, sinon de résider à Pé-king, du moins d'y être reçu toutes les fois qu'il le jugera convenable, — l'ouverture de nouveaux ports au commerce européen, — l'interdiction au gouvernement chinois de créer des lignes de douane intérieures grevant les marchandises d'importation et d'exportation de droits exorbitants, — et des garanties nouvelles pour les missionnaires catholiques.
Le 31 mars, au plus tard, les commissaires impériaux, dûment autorisés à traiter avec les ambassadeurs, devront être envoyés à Shang-haï. — Ce délai expiré, le mouvement en avant commencera.
Telle était la substance des communications officielles arrêtées d'un commun accord entre les quatre puissances, et que quatre secrétaires, appartenant chacun aux différentes missions, devaient remettre aux hautes autorités de Shang-haï.
XVIL — M. de Contades avait élé désigné pour cette mission parle baron Gros et M. Oliphant par lord Elgin. — Tous deux étaient également porteurs d'une copie de la correspondance des plénipotentiaires avec le vice-roi Yeh. — Si leurs demandes collectives n'étaient pas favorablement accueillies, il avait été décidé que les deux ambassadeurs seraient accompagnés dans le nord par des forces navales imposantes, pour peser en se rapprochant de la capitale d'un poids sérieux dans les décisions du gouvernement chinois. — Cette démonstration était d'autant plus utile que les mandarins pensaient, avec leur confiance habituelle, que les bâliraents de guerre qui composaient les escadres alliées ne pourraient par suite de leur fort tirant d'eau, naviguer sur le Peï-ho.
Le contre-amiral Rigault de Genouilly devait, avec la NémésiSy le PMégéîon^ le Primauguetj la Meurthe, la Durance et les quatre canonnières, accompagner le baron Gros, embarqué sur V Audacieuse.
Le contre-amiral Seymour, de son côté, accompagnait lord Elgin avec une force navale considérable, dont faisait partie le vaisseau le Calcutta,
XVIIL — Suivant la décision précédemment arrêtée, le blocus du port et de la rivière de Canton est levé le 10 février (1). La ville est ouverte aux étrangers, mais
(1) Bèglemenis de police intérieure pour la ville de Canton, pendant la durée de Voccupation militaire.
Le blocus de la rivière et du port de Canton étant levé à compter du 10 février prochain, sont publiés, pour rinformation des intéressés