LIVRE III, CHAPITRE l
Steamers et des navires européens; une multitude de joncpies chargées de produits de toute nature circulent incessamment. — Trois semaines se sont à peine écoulées, et le commerce extérieur reprend toute son activité.
Un événement de haute importance était venu se joindre aux efforts des alliés pour ramener la confiance dans rintérieur de la ville et calmer les esprits de la population encore indécise.
Le 2 mars, un courrier arrivait de Pé-king porteur de deu^ décrets impériaux. — Le premier dégradait de ses hautes fonctions l'ex-vice-roi Yeh ; le second nommait un nouveau commissaire impérial, gouverneur-général des deux Kwangs, et jusqu'à son arrivée, investissait par intérim Pee-Kwee de ces fonctions importantes (1).
(1) Premier édit impérial»
a Une dépêche ci- jointe, qui nous a été adressée par Muh-Kih-Tih- Na et Pee-Kwee , nous a annoncé la prise de la cité provinciale de Canton par les barbares.
a Yeh-Ming-Chîng, en tant que commissaire impérial, chargé de la direction des affaires étrangères de TEmpire, aurait évidemment dû trouver quelque moyen d'éluder les demandes des barbares, si elles étaient tellement déraisonnables, qu'il ne pût y faire droit; il aurait dû , en même temps , se concerter avec le général tartare, avec le gouverneur et les autres officiers , et prendre les mesures nécessaires au maintien de la tranquillité,
a Les barbares ont transmis par deux fois des communications au général tartare, au gouverneur-général, au lieutenant- général, etc. Yeh n'a point fait connaître à ses collègues le contenu de ces comrnn- ' nicatioDs ; il a refusé de s'entendre avec eux sur ce qu'il y avait à faire, et il a continué à remettre de jour en jour toute sdution. Si bien qu'à la fin il a exaspéré les bairbares, qui ont subitement fait irruption dans la cité provinciale , et s'en sont emparés.
c Par cette opimâtreté déplorable et par cette mauvaise administration^ Teh-Ming-Ching s'est montré tout à fait indigne des kavtes fone*
Cette nomination provisoire de Pee-Kwee, déjà chef du gouvernement institué par les alliés, avait une grande signification, et devait faire espérer que nous marchions enfin dans cette voie tant désirée de la conciliation.
XXL ^- Toutefois les rapports de l'extérieur constataient que l'agitg,llon, avivée par des émissaires secrets, ne diminuait pas dans les campagnes. Cette politique à douhle face n'avait rien, du reste, qui dût surprendre de la part d'une nation qui se croit tout permis et légitime contre des barhares. Quant au gouverneur Pee- Kwee, fortement soupçonné de tremper dans toutes ces agitations, il afiecte les dehors les plus conciliants, et
tions dont il était revêtu. En conséquence, nous ordonnons qu'il soit immédiatement privé de sa charge.
«Muh-Kih-Tih-Na, le général tartare, Pee-Kwee, le gouverneur, les lieutenants-généraux Shwang-Hi et Shwang-Ling, Hang-Ke, le commissaire des douanes, Kiang-Kwo-Lin, le commissaire des finances, et Chow-Ya-Ping , le juge provincial, sont tous coupables de mollesse dans la défense de la ville. Cependant , comme le gouverneurgénéral ne les avait point admis dans ses conseils, on peut jusqu'à un certain point les excuser. Prenant donc en considération leur demande d'être sévèrement punis, il nous a plu de leur montrer notre indulgence, et d'ordonner que le Bureau des peines passât légèrement sur leur compte. Respectez ceci ! »
Deuxième édit impérial,
a Nous nommons Houang-Tsing-Han , gouverneur- général des deux Kwangs, et nous lui ordonnons de se rendre tout de suite à son poste. Nous lui avons en outre conféré le sceau de commissaire impérial et la direction des affaires étrangères de l'Empire.
a En attendant son arrivée , Pee-Kwee sera provisoirement chargé des fonctions de commissaire impérial et de gouverneur-général des deux Kwangs. Respectez ceci ! »