‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 133 sur 170 · LIVRE III, CHAPITRE tl · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE tl

Le frère de l'Empereur de la Chine et Tambassadeur se sont salués très-froidement. — Les mêmes difficultés se renouvelèrent, quelques instants après, pour savoir lequel s'assiérait le premier, du prince ou du haut plénipotentiaire de Sa Stajeslé Britannique. Après d'assez longs pourparlers pour le règlement de ce nouveau cérémonial, il fut convenu que le prince et l'ambassadeur s'assiéraient en même temps,

XXXVn. — Le traité fut signé et les ratifications échangées, sans que la glaee se rompît un seul instant entre ces deux hommes. Dans la plume qui signait le traité de paix, lord Elgin avait voulu feire peser de tout son poids l'épée du vainqueur. On a beaucoup critiqué le diplomate anglais de sa dureté visible à un mo* ment où devaient être oubliés les anciens dissentiments et effacés les plus douloureux souvenirs. — Les Angliais sont trop positifs pour rien faire au hasard et se livrer à leurs impressions, sans en avoir auparavant calculé la portée et les résultats. Dans la manière d'agir de lord Elgin envers le prince Kong, il y avait toute une pensée politique : faire sentir à la Chine que l' Angleterre ne signait pas un traité de paix, mais un traité de conquête. — En 1860, le représentant de la Grande-Bretagne se rappelait les démarches infructueuses et si orgueilleusement repoussées de lord Macartney, en 1790, ainsi que Tambassade avortée de lord Amhersl, en 1816 (1).

(1) Voir le premier volume des Bipéditions de Chine et de Gochinchine, page 15 et suiv.

XXXVni. — L'entrevue du baron Gros et du prince Kong eut un tout autre caractère, la France n'avait ni les mêmes griefs anciens, ni les mêmes vues d'avenir : elle avait demandé sans arrière-pensée ce qu'elle voulait obtenir ; elle désirait franchement le maintien de lu dynastie régnante, et voyait avec une réelle satisfaction l'ère de la paix remplacer les hostilités , après de rapides et brillants succès qui avaient établi incontestablement aux yeux des Chinois la puissance de ses armes.

U faut aussi ajouter à toutes ces considérations puisées au cœur même de la question l'individualité propre de$ deux nations que représentait chacun des ambassadeurs , et l'on comprendra la différence d'attitude des deux plénipotentiaires dans cette cérémonie importante et solennelle.

Le 25, à huit heures du matin, le baron Gros, suivi de toute son ambassade en grand uniforme, quittait le palais de l'ambassade dans le même ordre et avec le même cérémonial que la veille , et sortait de la ville par la porte du Nord pour se rendre au quartier général du commandant en chef français.

A onze heures, les troupes qui doivent composer le cortège, quittent leur cantonnement pour se former, selon l'ordre indiqué sur la route de Tartarie en avant de la porte du Nord.

La cavalerie forme l'avant-garde , suivie par une musique et un peloton de chacune des différentes armes composant le corps expéditionnaire: — génie, matelots,

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