XXXIX. — Certes, ces troupes en campagne, à cinq
mille lieues de la France, n'ont pas Téclat resplendissant destroupeè passées en revue au Champ-de-Mars, mais elles portent sur leur visage bronzé par le soleil le noble cachet du soldat qui a bravé les riides épreuves et les Fatigues incessantes de la vie des camps; leur allure a cet air martial qui sent la poudre et respire le combat^ et le soleil reluit en rayons étincelants sur les canons des fusils et sur les bayonnettes. Ce sont bien des soldats, tels qu'ils doivent entrer dans une ville, dont les portes fermées depuis des siècles aux jiations européennes, se sont ouvertes sous la pression de leurs canons et au bruit retentissant de leurs armes victorieuses.
Au moment où l'ambassadeur franchît la porte Amting, une salve d'artillerie salue son arrivée, et la voix guerrière annonce à la population de la capitale du Céleste-Empire, que la France pénètre dans ses murs, drapeaux au vent.
Devant la porte, se tient le haut mandarin Hang-ki à la tête d'une véritable cohorte de mandarins de tous grades. Les Tiarangues et les félicitations commencent et la haie des soldais ne contient qu'à grand'peine la foule qui se presse de tous les côtés. Nous avons déjà eu l'occasion de le dire et d'en citer des preuves, le patriotisme est nul chez le peuple chinois, et pas un seul des nobles sentiments qui font battre le cœur des nations européennes, ne vibre dans ces existences atrophiées, où vit seulement la cupidité des intérêts matériels.