LIVRE IV
duits dans les effectifs. Parmi les plus cruelles , il faut placer celle du général Collîneau.
Le 21 avril 1861, le général de Mautauban se dirigeait sur Saigon, où il devait s'entendre avec l'amiral Charner pour l'occupation définitive de la Cochinchine. Avant de partir , il remettait au général Jamin Je commandement des troupes ; ce général devait en recevoir le commandement en chef, si l'état de guerre qui subsistait toujours avec le royaume annamite permettait au général de Montauban de retourner en France. — Celui-ci pensait, ainsi que l'amiral Gharner, que les succès partiels de nos armes en Cochinchine ne pourraient pas amener de résultats réels tant que nous ne serions pas maîtres de la capitale ; et il était impossible, avec les moyens restreints dont on disposait, de tenter une expédition sérieuse contre Hué.
Déjà,' dans la première partie de ce travail, nous nous sommes étendus sur les difficultés qu'avait rencontrées l'amiral R. de Genouilly dans sa première expédition en Cochinchine en 1858. Nous avons suivi pas à pas nos navires de Canton à Tourane , et de Tourane à Saïgon où notre flotte, après s'être emparée de tous les forts qui défendaient la rivière détruisait cette citadelle importante. — La position était encore à peu près la même. — Seulement, à Saïgon, l'amiral Charner av«iil élargi le cercle de notre occupation; mais sous la pression des agents secrets des hautes autorités annamites, le vide se faisait toujours autour de nbus, et partout où nous paraissions, les populations s'enfuyaient, nous lais- II 22
338 CAMPAGNE DE COGHINGHINE.
sant des habitations abandonnées et des villages déserts. — Après chaque revers nouveau, l'armce ennemie, évitant tout combat sérieux, se montrait par bandes séparées qui fatiguaient nos troupes par des courses perpétuelles et disparaissaient ensuite comme des fantômes, à l'heure du combat. —- Cet état de choses devait durer longtemps encore.
Le général de Montauban s'embarqua pour retourner en France— Une partie des troupes qui avaient été placées sous son commandement avaient reçu Tordre de rappel.
Nous n'entreprendrons pas ici de raconter les faits d'armes éclatants qui illustrèrent notre marine de Gochinchine, sous le commandement du vice -amiral Gharner et ensuite sous celui du contre-amiral Bonnard, que l'Empereur, juste appréciateur des services rendus au pays vient d'élever au grade de vice-amiral.
Faire un résumé rapide et succinct d^ ces opérations importantes, ce serait en méconnaître la haute portée.
Les sanglantes affaires de Ki-hou et de Mitho méritent d'être retracées dans tous leurs détails et de prendre rang parmi les faits glorieux qui enrichissent nos annales maritimes. — Les résultats en ont été grands et riches.
Aujourd'hui , l'armée régulière annamite du nord est détruite, — les forces de ce pays soiit dispersées. La France continue et organise sa conquête , et elle fera sentir aux Cochin(;hinois le poids de ses armes jusqu'au jour où ce gouvernement aveugle et insensé comme le