LIVRE I, CHAPITHE lï
et des croix de chevalier et d'officier de la Légion d'honneur.
Déjà le maréchal Randon, ministre de la guerre, règle tous les détails relatifs à l'organisation de ce nouveau corps, et dirige sur Toulon, Brest, Lorieiit et Cherbourg les troupes qui doivent être embarquées.
XXIV. — De son côté, le général Cousin de Montauban s'eutoure des renseignements qui peuvent asseoir sur une basesérieuseses appréciations, et Taider à combiner les premières opérations militaires qu'il doit diriger en chef dans ces parages lointains. Il interroge, il étudie, il calcule, il médite; car il faut, dès le début, frapper un grand coup pour abaisser l'orgueil de ce peuple si aveugle dans sa confiance et dans ses dédains, il faut effacer par d'éclatantes victoires le souvenir de la journée du 25 juin, dont le retentissement a couru comme un écho triomphal à traver ces vaste empire.
Le général de Montauban, investi, nous l'avons dit, du commandement des forces de terre et de nter, écrit de Paris au contre-amiral Page pour lui communiquer les projets que lui ont suscités les renseignements qu'il a déjà pu recueillir.
Le contre-amiral Page a remplacé le vice- amiral Rigault de Genouilly dans le commandement des mers de Chine. — Le général le charge d'étudier, avec Texpérience acquise d'un séjour déjà long dans ces contrées, quel serait le point le plus favorable pour l'installation des troupes près du théâtre des opérations futures.
38 GAMPAfiNE DE CHINE.
« Les véritables chemins en Chine (lui écrivait-il), sont les canaux, et les fleuves que ces canaux relient entre eux. La marine est donc, selon Xoui» probabilité, appelée à jouer un grand rèh dans les opérations militaires. Il faut perdre le moins de temps possible et se mettre en route très-promptement pour arriver à l'embouchure du Peïho; car plus on agira rapidement, moins on aura de chances contraires à redouter. »
XXY. — Au mom^t où le nouveau commandant en chef s'apprêtait à partir, les opinions étaient très-partagées sur la résistance probable que devait rencontrer le corps expéditionnaire dans le cours de celte nouvelle expédition. — Les uns, s'exagérant la portée réelle du succès que les Chinois avaient obtenu au Peïho sur les forces anglaises, croyaient que les forts seraient oc* cupéset défendus, comme ils pourraient l'être par des troupes européennes; d'autres, trop confiants au contraire, prétendaient qu'aux premiers coups de canon, ces timides défenseurs prendraient aussitôt la fuite.
Ces opinions extrêmes et contradictoires se présentent souvent, lorsqu'il s'agit d'une entreprise quelle qu'elle soit; rarement l'esprit reste dans un juste milieu d'appréciation. -^ Nous avons vu en Crimée, pendant le siège si pénible de Sébastopol, les découragements excessifs succéder dans certains esprits à la confiance souvent la plus exagérée. — Il fallait évidemment pour cette nouvelle expédition se méfier des exagérations, et guidé par une sage prudence, prendre les mesures