LIVRE I, CHAPITRE III. J
pitaines d'état-major, MM. Chanoine et Guerrier, s'élancent à leur tour pour porter aide au colonel, et tous trois atteignent bientôt l'autre bord.
LXXXVII. — Ce noble exemple est aussitôt suivi, et pendant qu'une partie des troupes traverse le fossé à la nage, l'autre encombre les ponts qui ploient sous le nombre des combattants. — Les échelles sont dressées, et pendant que les portes du fort sont brisées à coups de hache, les remparts sont couronnés de tous côtés par nos troupes. — Le premier et en présence de toute l'armée , le colonel Schmitz a planté sur leur sommet le drapeau de la France ; l'ouvrage est envahi, et ses défenseurs fuient en désordre dans la direction du Peïho;'leur terreur est telle qu'ils ne pensent même pas à détruire derrière eux le pont qui sert de communication avec un dernier fort, le fort de Yu-kia-pou.
Pendant que ces faits se passaient sur la gauche de l'armée alliée, les Anglais tournaient l'ouvrage ennemi par le côté qui touche au fleuve, et, favorisés par la marée basse , ils ne tardèrent pas à l'occuper. — Cette face , protégée par le Peï-ho , n'était point entourée de fossés.
c Bon nombre de cadavres abandonnés sur le point où ils avaient été atteints (écrit le général de Montauban au ministre, 18 août 1860), environ cent autres trouvés dans les maisons abandonnées du village, les corps de quelques mandarins d'un rang assez élevé qui s'étaient ouvert la gorge au moment de la fuite de
leurs troupes , attestaient les pertes sérieuses derenuemi et témoignaient des ravages produits par notre artillerie rayée. »
Les Chinois s'étaient défendus avec opiniâtreté jusqu'au moment où ils avaient vu nos colonnes d'assaut gravir leurs remparts. Port heureusement le feu incessant de leur mousqueterie, avait été très-mal dirigé; aussi nos pertes n'étaient pas en proportion de la résistance que nous avions rencontrée.