‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 59 sur 170 · LIVRE I, CHAPITRE lU · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE lU

avançaient en colonnes serrées à sa gauche et à la même hauteur.

Les deux artilleries maixbaient à 500 mètres environ en avant, précédées par une avant-garde qui éclairait la route. — L'artillerie française était soutenue par une colonne d'attaque composée de 200 marins de débarquement, d'une compagnie de sapeurs du génie munie d'échelles que portaient des coolies, d'une compagnie d'infanterie de marine et d'une compagnie du deuxième bataillon de chasseurs à pied (1). Des canaux nombreux coupent la plaine que traverse le corps français, mais les pontonniers jettent aussitôt des ponts et exécutent si rapidement ce travail plusieurs fois répété, que les troupes n'éprouvent aucun retard.

LXXXVI. — A 1500 mètres des retranchements ennemis, notre artillerie ouvre son feu ; elle se compose de dix pièces de 4 (les deux dernières pièces de la deuxième batterie étaient sur la chaussée), de six pièces d'obusiers de montagne et de la batterie des fuséens. Gomme nous tenions la gauche de l'attaque, nous avions à enlever la face de l'ouvrage qui regarde le couchant.

Il est huit heures du matin , les forts répondent énergiquement, mais leur tir est si mal dirigé et si inoffensif que le colonel de Bentzmann rapproche presque aussitôt sa ligne. Les forts continuent à tirer sans plus de

(1) Dépêche du 15 août au ministre de la guerre.

succès ; leurs projectiles arrivent à peine jusqu'à nous. Les deux pièces placées en batterie sur la chaussée avaient suivi le mouvement; elles avaient reçu mission de détruire les défenses situées à Texlrémité de cette chaussée ; car c'est sur ce point que doit plus tard se diriger la colonne d'attaque. — Bientôt notre artillerie s'est rapprochée jusqu'à 400 mètres. Quelques hommes sont mis hors de combat, mais nos boulets ont trèsgrandement endommagé la face de l'ouvrage qu'ils contrebattent.

Le moment est venu de donner l'assaut. Le général de Montauban , après s'être entendu avec son collègue çle l'armée anglaise , fait rapprocher toute son infanterie, et donne ordre au chef d'état-major général, le lieutenant-colonel Schmitz, déformer en colonnes d'attaque les colonnes d'avant-garde, et d'enlever à leur tête les retranchements ennemis. — Le colonel, malade à Pehtang depuis plusieurs jours, n'avait pas voulu laisser à un autre l'honneur qui lui revenait.de marcher à la tête des colonnes d'assaut, et était accouru au moment du .départ pour prendre part au combat.

Aussitôt qu'il a reçu l'ordre du général en chef, il s'élance avec ses troupes et atteint rapidement le bord du fossé qui protège l'ouvrage ennemi. — Du haut du mur crénelé, les Chinois commencent une assez vive fusillade. Le génie accourt et établit à la hâte un pont de madriers; mais le colonel s'est déjà jeté dans le fossé sous le feu de l'ennemi. Ce fossé est tellement profond, que ce brave officier est sur le point d'y périr; deux ca-

Page 1