UVRE I, CHAPITRE IV
leur fuite précipitée, ils n'obéissaient plus à aucun ordre , et que la terreur les jetait çà et là dans toutes les directions. Il eût été à désirer que l'on marchât imraédiatementsur ce troisième camp retranché (Yu-kia-pou), le dernier de la rive gauche avant les deux forts; sa prise eût achevé la déroute complète de cette partie de l'armée chinoise. Le général de Montauban envoya un de ses aides de camp proposer au général Grant de se porter en avant pour s'emparer de cette position ; il était alors onze heures du malin. Le général anglais, craignant que cette marche forcée ne fatiguât outre mesure ses troupes, n'accepta point cette proposition. — Les troupes alliées s'arrêtèrent donc là, et s'établirent dans la nouvelle position conquise.
LXXXIX. — L'enlèvement du dernier camp retranché de la rive gauche n'avait d'importance réelle que par son exécution immédiate, et par la terreur salutaire que ces trois victoires successives , eussent imprimée à l'ennemi qui avait cru pouvoir, par rétablissement de ces camps retranchés, arrêter la marche des corps alliés.
Du moment que l'attaque en était remise, elle devenait inutile dans la pensée du général de Montauban, car ce dernier camp, ainsi que les forts de la rive gauche, devaient nécessairement abandonner toute résistance lorsque ceux de la rive droite , dans lesquels les .Chinois avaient concentré leur véritable défense, seraient tombés en notre pouvoir; ces forts, par leur posi-
tion, dominaient les autres, et étaient bien les derniers remparts de la puissance chinoise sur le Peï-ho. — Le général de Montauban proposa donc au général Grant, qui l'accepla, de négliger les défenses de la rive gauche pour attaquer celles de la rive droite , devant lesquelles, le 25 juin de Tannée précédente, l'amiral Hope avait été arrêté, à l'entrée du fleuve.
Présageant dans sa pensée le succès des armées alliées, le commandant en chef français écrivait alors au minisire de la guerre (15 août 1860) : « Nous faisons construire un pont qui nous permettra de passer sous huit jours de l'autre côté du Peï-ho. -**• Nous n'aurons plus qu'une lieue à faire pour arriver auprès des forts de la rive droite , et le seul obstacle qu6 nous trouverons sera un camp de 6 ou 8000 Tartares que nous enlèverons. Il ne nous restera ensuite qu'à abattre lefi forts de droite , et à nous rendre à Tien-tsin. »
Pendant les quelques jours que nécessitait la construction du pont, on s'occupa activement d'approvisionner le camp de Sin-ko, afin d'être en mesure de transporter promptenaent les vivres sur l'autre côté du fleuve.
XG. — Dans cette guerre , où l'ennemi ne pouvait pas opposer aux armées alliées de forces réellement dangereuses, la grande difficulté consistait à pourvoir à tous les besoins , sans avoir à sa disposition des moyens suffisants. Il était indispensable, malgré le nombre restreint des combattants, de laisser quelques troupes dans