‹ Les expériences sociales de J.-Bte A. GodinChapitre 50 sur 50 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

LA PARTICIPATION DU TRAVAILLEUR AU GOUVERNEMENT DE l’USINE.

I. — A partir de l’année 1859, toutes les initiatives prises par Godin ont eu pour but de préparer son personnel à la pratique de l’association du capital et du travail. — L’échec des essais de mise en lumière des capacités par le suffrage lui révèle que l’éducation des travailleurs est insuffisante. — 11 reprend donc, à partir du 29 mars 1877, les conférences liebdomad aires qu’il avait données de 1860 à 1869 au théâtre du Familistère. — Objet et nature de ces conférences. — La religion de J. -B. A. Godin ; elle a pour couronnement le culte de la Vie, la glorification du Travail et la pratique de la Solidarité sociale, dont l’expression

la plus parfaite est l’association , •

IL — Pour continuer l’éducation de ses futurs associés, Godin institue en 1877 l’expérience des Groupes et des Unions de Groupes. — Exposé théorique de l’organisation telle qu’elle aurait fonctionné si les vues du novateur avaient reçu leur application intégrale. — Le Familistère et l’Usine en 1877 : Statistique du personnel, énumération des services et de leurs subdivisions. — Création de 116 groupes à lusine et de 46 groupes au Familistère, ayant pour objet l’amélioration des services correspondants et ouverts indistinctement à tous les travailleurs de l’usine et à tous les habitants du Familistère. — Les Unions de Groupes, les Conseils de direction, le Conseil général des Unions de l’Usine, le Conseil général des Unions du Familistère, les deux Commissions administratives présidées par le fondateur. - Objet et mode de fonctionnement

de ces divers organismes

III. — Les origines de l’expérience : la « série » fouriériste. Los analogies : l’attraction, source unique du recrutement des groupes ; l’élection, seul mode de désignation des autorités dirigeantes, la satisfaction promise aux ambitions et aux intérêts. — Les différences : ce que Godin juge présentement

l’usine restera ce qu’elle était avant le mois de juin 1877, point do départ de la tentative. — Mesures destinées à discipliner l’activité des groupes. — La « Constitution des travailleurs sociétaires », code des droits et des devoirs du personnel associé à l’innovation. — Les lacunes volontaires du cadre des

Pages,

fonctions dévolues aux groupes. — Essais tentés par Godin pour remédier à ces lacunes, relatives à la fixation des salaires, à l’avancement, etc., lorsqu’il s’aperçoit qu’il a fait fausse route en redoutant, dans les questions de cet ordre,

une intervention indiscrète de son personnel 170

V. — Lès idées directrices qui ont inspiré la tentative : les espérances que Godin met en elle ; allègement de son labeur ; partage des responsabilités ; formation de continuateurs capables d’assurer la durée de l’industrie créée par lui et de la mettre à l’abri des contrecoups de la politique ; il veut en outre payer aux travailleurs qui l’ont aidé à réussir sa dette de reconnaissance et apporter aux déshérités de la vie la formule d’un régime social meilleur i78

"VL — En second lieu, Godin se propose d’accroître la valeur professionnelle de son personnel, condition des hauts bénéfices qui feront équilibre aux charges sociales, et de lui inculquer le culte du travail bien fait. — Toutes les idées, toutes les initiatives utiles devant trouver bon accueil dans les groupes, il en résultera une émulation incessante de tous en vue du bien de l’entreprise. — En associant ainsi les travailleurs aux responsabilités et aux prérogatives de la direction, Godin achève par l’émancipation économique, la souveraineté politique déjà conquise par eux ; il est, en cela, d’accord avec tout le mouvement social du xix° siècle, et répond aux aspirations les plus profondes du prolétariat moderne. — En même temps,’ par l’expérience des groupes, il se propose de recruter, par voie de sélection, le premier noyau des futurs

membres de l’Association 184

VII. — Par les groupes encore, les hommes et les femmes échapperont aux préoccupations mesquines de l’égoïsme individuel ; l’instinct de sociabilité s’y développera ; on y envisagera, en partant du métier, tous les aspects de la vie ouvrièrt'; on y acquerra la pratique de la parole, le goût des idées claires, l’habitude des discussions courtoises, et, par l’appren-

tissage de ces qualités, on achèvera de s’y préparer à l’association, qui en requiert la possession. — L’idéal social de Godin tend à la réconciliation des classes par la disparition des antagonismes économiques 196

VIII. — Les chapitres précédents ont fait couiiiiître la iln-oric de l’essai des Groupes et des Unions ; il reste à dresser le bilan des résultats obtenus. — Les documents qui subsistent :

34 registres de procès-verbaux, sur les 208 qui ont dû être établis au cours de l’expérience. Gomment il a été possible, sauf peut-être en ce qui concerne le Familistère, de supplée r aux documents disparus. — Après deux mois de conférences préparatoires, Godin expose son plan, le 7 juin 1877, et explique le fonctionnement du système. — Initiatives diverses provoquées par cet exposé. — La mise en train se poursuit au cours de l’été de 1877. Le mois de septembre 1878 marque le déclin de l’entreprise 205

, Pages.

IX. — Tableau des Groupes et des Unions qui se sont constitués. Statistique des inscriptions volontaires. Répartition par catégories professionnelles des adhésions au Familistère et à l’Usine. — Commentaires sur les effectifs ainsi enregistrés. — Constatation du bon esprit qui, d’une façon générale, a inspiré les délibérations dans les groupes, les unions et les conseils.

X. — L’activité des groupes, et des unions. Le «Résumé général »

de leurs travaux pour la période août 1877 à fin mars 1878. — 209 Tarif et rétribution des présences aux réunions. — Ce que nous savons du travail des groupes proprement dits. La difficulté de délimiter leur champ d’action et de déterminer leur compétence. — Le fonctionnement des unions ; l’inertie de la plupart d’entre elles s’explique par celle des groupes. — Les conseils de direction n’ont pas eu d’existence effective 220

XL — Le Conseil général des Unions de l’usine. Saisi de trop de propositions et trop nombreux pour pouvoir les étudier en ' corps, il nomme dans son sein des commissions d’études, d’abord temporaires, puis permanentes. — Remarques sur la composition et l’activité de ce conseil : bien qu’issu du suffrage populaire par un vote à deux degrés, il comprend une forte majorité de chefs de fonctions, recommandés par leur capacité au choix des électeurs. — Son embarras en présence de certaines questions relevant de l’autorité patronale. — Il cherche à élaborer son règlement intérieur et un règlement général de toute l’institution des Groupes et des Unions 227

XII. — Le Conseil général des Unions du Familistère. Il n’a joué qu’un rôle effacé dans la vie familistérienne. —Vue d’ensemble sur les résultats de l’expérience. — Les 73 propositions dont le sort nous est connu témoignent de la haute valeur sociale de l’innovation. — La désignation et le rôle des deux Commissions administratives de l’usine et du familistère, institution préparatoire au futur Conseil de gérance de l’Association qui sera légalement constituée deux ans plus tard. — Conclusion ... 235

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