‹ Les exploits de Capestoc [microforme]Chapitre 22 sur 22 · SORT PAC · texte numérisé non relu

SORT PAC

un jour il pensa que le ciel l'avait comblé. Mais par malheur, la maréchale fui donna une fille.

Dieu, fit Capestoe qui commençait à comprendre.

La femme d'un des paysans du maréchal, du nom de Potron, venait de mettre au monde un fils. Alors le maréchal, pris d'un accès de folie, avant qu'on eût pu savoir le sexe de l'enfant qui venait de lui naître, changea sa fille contre le fils de Potron. Voilà ce que vous trouverez dans cette enveloppe. Vous v verrez la preuve irréfutable que Cing-Mars est le fils du manant Potron, ei que Marianne est la propre fille du maréchal G'Effiat.

—Mon Dieu! mon Dieu! s'écria Capestoc, épouvanté de ce qu'il venait d'entendre,

-Lt maintenant, Monsieur, continua le jeune homme, il faut que la confidence soit complète. Jignorais «e secret. C'est M. Mazarin qui, l'ayant surpris il v a pres de quatre mois, m'a tout révélé et m'a mis ce marché en main: Où je n'emploicrai à détrôner le cardinal de Richelieu, dont Mazarin convoite la place, où 1lirait tout apprendre au rov. J'étais perdu. Avant su que la preuve de tout ceci était aux mains du chapelain de Galluis, j'ai envoyé des hommes pour s'emparer de cette enveloppe. HS n'ont pu le faire. Alors lorgueil m'a perdu, et j'ai conspiré contre le cardinal. J'en suis bien puni. Demain, je vais mourir. Au moins j'espérais que Cétait Cing-Mars qui monterait à l'échafaud. Mais: cette dernière joie m'échappe. Mon secret est connu. Et c'est la tête du fils du paysan Potron que demain à l'aurore le bourreau tranchera.

— Non, Monsieur, répondit Capestoe, que ces paroles venaient de remuer jusqu'aux entrailles, c'est bien M. de Cinqg-Mars qui mourra.

Et approchant l'enveloppe scellée de cire jaune de la lampe, il la brûla.

Trois mois après l'exécuti)on de M. de Cinq-Mars, la chapelle du château de la Mortmare était tapissée de fleurs. Henri de Capestoe, seigneur de Puysardac, époucait Marianne. Le cardinal de Richelieu présidait la joveuse cérémonie, d'Artagnan <e réjouissait du bonheur de son ami, qu'il avait longtemps envié, et dans un coin Cadéac pleurait d'attendrissement.

Avant de mourir, Cinq-Mars avait indiqué à Capest»xe la rertraite où il avait fait enfermer Marianne: un convent de filles du Calvaire.

Marianne avait longtemps résisté, Simple comédienne. elle ne voulait point épouser un seigneur comme Capestoc qui. un jour, eût pu lui reprocher sa naissance.

Mais M. de Puvroland, due de Belreuse, et la duchesse. instruits par Capestoc de toute la vérité, avaient accueilli chez eux la jeune fille que la générosité de Capestoe pour M. de Cing-Mars avait fait pauvre, Sans Pa-

rents et sans nom. Ils vainquirent ses scrupules et elle

consentit enfin à s'unir au cadet de Gascogne qu'elle aimait secrètement depuis qu'à Etampes elle lui avait sauvé la vie.

Et les jeunes époux véeurent heureux jusqu'au jour où, M. de Richelieu étant mort, Mazarin prit sa succession.

Après un maître comme Richelieu. Capestoc ne vou- Int point servir un pleutre comme Mazarin. Il brisa donc son épée, et, bien que tout jeune encore, vint se retirer à la Mortmare, auprès de son ami de Puyroland.

Un soir, Cadéae, qui était demeuré à son eervic vint ‘ui annoncer que l'on venait de pendre Bobiguasse et Sacassou.

C'apestoc soupira.

__YLa hohémienne le leur avait prédit, murmurast-il. et à moi Fon m'avait prédit que je mourrais d'un bouist de canon sur le champ de bataille.

J'ationce! répondit d'Artagnan qui 8e trouvait 1° Le Mazarin ne vivra pas toujours.

Parfandious! s'exelama Capestoc, bien qne je 3018 trop heureux jei, est ave plaisir que je reprendiai mon harnais. Car ce n'est pas cette vie champétre qu'u

faut aux cadeis de Hiascogne!

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