‹ Les exploits de CapestocChapitre 9 sur 12 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Trois mois après l'exécution de M. de Cinq-Mars, la chapelle du château de la Mortmare était tapissée de fleurs. Henri de Capesboc, seigneur de Puysardac, épousait Marianne. Le cardinal de Richelieu présidait la joyeuse cérémonie, d'Artagnan se réjouissait du bonheur de son ami, qu'il avait longtemps envié, et dans un coin Cadéac pleurait d'attendrissement.

Avant de mourir, Cinq-Mars avait indiqué à Capestoc la retraite oiî il avait fait enfermer Marianne : un couvent de filles du Calvaire.

Marianne avait longtemps résisté, Simple comédienne, elle ne voulait point épouser un seigneur comme Capestoc qui, un jour, eût pu lui reprocher sa naissance.

Mais M. de Puyroland duc de Belyeuse, et la duchesse, instruits par Capestoc de toute la vérité, avaient accueilli chez eux la jeune fille que la générosité de Capestoc pour M. de Cinq-Mars avait fait pauvre, sans parents et sans nom. Ils vainquirent ses scrupules et elle consentit enfin à s'unir au cadet de Gascogne qu'elle aimait secrètement depuis qu'à Etampes elle lui avait sauvé la vie.

Et les jeunes époux vécurent heureux jusqu'au jour où, M. de Richelieu étant mort, Mazarin prit sa succession.

Après un maître comme Richelieu, Capestoc ne voulut point servir un pleutre comme Mazarin. Il brisa donc son épée, et, bien que tout jeune encore, vint se retirer à la Mortmare, auprès de son ami de Puyroland.

Un soir, Cadéac, qui était demeuré à son service, vint lui annoncer que l'on venait de pendre Bobignasse et Sacassou.

Capestoc soupira.

— La bohémienne le leur avait prédit, murmura-t-îl, et à moi l'on m'avait prédit que je mourrais d'un boulet de canon sur le champ de bataille.

— Patience ! répondit d'Artagnan qui se trouvait là. Le Mazarin ne vivra pas longtemps.

— Parfandioos ! s'exclama Capestoc, bien que je sois trop heureux ici c'est avec plaisir que je reprendrais mon harnais. Car ce n'est pas cette vie champêtre qu'il faut aux cadets de Gascogne.

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