SIXIÈME LIVRE DE DIGÉNIS
La jeunesse florissante est l’âge de la volupté, et elle se complait sans cesse dans les plaisirs de l’amour. C’est une gloire qu’elle place au-dessus de la royauté, au-dessus de l'éclat des richesses et au-dessus de tout honneur. Voilà pourquoi un jeune homme glisse facilement, si même, je crois, il est uni légitimement à la plus belle des femmes, car là où brille le soleil, tous y courent.
Ainsi, cet illustre Akritas, ce héros favorisé de tous les
dons de Dieu, valeur, intelligence, beauté, taille avanta-
132 BASILE DIGÉNIS AKRITAS.
χαλλιφωνιὰν ἐνήδονον, δίχα παιδοποιΐας, ὑπὲρ NS ἀγὰν ἐθλίξετο ζωῆς αὑτοῦ τὰ ἔτη,
Ἢν Ὁ \ A £ EU À Ok \ ΘΙ. 7 = ὑια γὰρ τῶν Ἡμερῶν, χαϑίσας σὺν ÉLELVOLS,
SI Qt
τοῖς φίλοις του τοῖς ποθητοῖς, τοῖς φίλοις τοῖς οἰχείοις, εἰ δε α / \ Ε \ \ / - 7 Ὥρζατο λέγειν πρὸς αὐτοὺς τὸν πόθον τῆς φιλίας " \ NS em 5) ? δ ea 14 καὶ μετ᾽ ἐκεῖνον ἔπειτα ἀνὸραγαθιῶν πλήθη, e/ ΟῚ ! » = FT » / 1208 Ma ἅτινα ἐποιήσατο ἐν τῷ χαιρῶ ἐχείνῳ᾽ (ἢ τὰν |
1580 Ὅτι ὁ μέγας dunpäs πάντων ὁ ᾿Απλορρζόδης Εν = / 7 \ / \ \ ΄ τῆς Ῥωμανίας εἰωθε τὰς πόλεις χαὶ τὰς χώρας 2 ΄ \ n \ / / ἐχπέρθειν χαὶ λεηλατεῖν μετὰ φουσσάτων πλείστων" 5/ δὲ Nc e\ ᾽ 7 CGJ) / ἔτυχε δὲ χαὶ ὁ υἱὸς ἐχείνου τ᾽ ᾿Αντιόχου, τοῦ στρατηγοῦ τοῦ θαυμαστοῦ, ἀντιστρατεύειν τούτῳ ᾿ 2 ἃ \ / > - ; ? 7 1585 ὃν χαὶ πιάσας ἀμνηρᾶς πάντως ἐχνικηθέντα, τρεῖς χρόνους εἰχε δέσμιον ἐν φρουρᾷ χαταχλείσας, χαὶ τότε ἣ θυγάτηρ του, τοῦ ἀμιηρᾶὰ ἀπόντος, \ / 2 U ZEN SIT NZ τὸν δέσμιον ἡγᾶπησεν ἐπὶ χαχῷ LOL, \ ΄ \ 3/ 4 ἢ \ \ 5. ὦ χαὶ GUVTOUX τὸν ἔλυσεν, ἀνόραι νὰ τὸν ἐπάρῃ " M \ δὲ \ re] 2 ἊΝ 3/ par) =) \ 2 - Ἢ 1990 χαὶ δὴ μετὰ βουλῆς μητρὸς ἀρχοντ᾽ αὐτὸν ἐποῖχε ? \ 2 \ \ 3 «2 ἐφαίνετο δὲ πρὸς αὐτὴν πολλὴν ἔχων ἀγάπην,
2 NI € « / χαὶ ἐπιτήδειον χαιρὸν εὑρὼν ἐχεῖνος τότε,
SIXIÈME LIVRE. 133 geuse, voix agréable et charmante, mais privé d'enfants (ce qui fut le chagrin de toute sa vie), raconta à quelques
personnes qu'il fut victime de cette passion. Comment Akritas raconte ses exploits à ses amis.
Un jour, Akritas, assis avec ses amis chéris, ses amis intimes, commença à les entretenir de la passion d'amour et ensuite des innombrables exploits qu'il accomplit en ce
temps-là. Il leur fit donc le récit suivant :
Récit de Digénis Akritas.
Haplorrabdis, le plus grand des émirs, avait coutume de saccager les villes et de dévaster les provinces de la Romanie, à la tète de nombreuses armées.
Il advint que le fils de l’illustre général Antiochus dirigea une expédition contre cet émir; mais, complétement défait et pris par ce dernier, il fut enfermé dans une forteresse et retenu trois ans captif. Mais la fille de l’émir (et ce fut pour son malheur) aima le prisonnier, en l’absence de son père. Elle s’empressa de le mettre en liberté, afin de le prendre pour époux, et, avec l’assentiment de sa mère, elle le fit prince. Il semblait avoir beaucoup d’a-
mour pour elle. Ayant alors trouvé une occasion favo-
BASILE DIGEÉNIS AKRITAS.
Ἀ - , Ὁ ? " χαὶ βουλευσάμενος φυγῆς ἐλθεῖν εἰς Po ανίαν, 5 / ὃ \ \ / 5 ὦ \ \ 6 εἶπε TNVOE χαὶ τὴν βουλήν, ἐζεῖπε καὶ τὸν φοῦον av Ce. ΣΉ - VAR - 2 τοῦ πατρὸς αὐτῆς ἀμνηρᾶ, W'ATUG τὸν ἐξανοίζη ? 3 ῇ » 9 εὐθὺς ταύτην ἠνάγχαζεν ἔρχεσθαι σὺν ἐκείνῳ € , \ \ » ὁρχομωτήσας τε αὐτὴν πάντως Un ἀονησθῆναι 3 sue / 17 3) nm P= τ / GX ἔχειν ταὐτὴν σύζυγον dy pu τοῦ ζῆν εἰς χύσμωον ᾿ ΤΩ > / CA οἷς ἐχείνη πιστεύσασα. εἰπεν ἀκολουθῆσαι ”
3/ 7 272 Po \ 5» / ἄδειαν ειτὰ ἔλαφον TN NT 006 ἀρρωστουσῆς.
Περὶ τοῦ πῶς 6 υἱὸς τοῦ ᾿Αντιόχον, λαδὼν τὴν κόρην τοῦ [4 ΓΖ ᾿} Led Ὁ x 2 -Ἔ 7 À we Ἁπλορράδδου, ἀφῆχεν αὐτὴν ἐν τῇ ἐρήμῳ.
À Ja ON LE CES | χωρίσνην, χαὶ εἰς τὰς ἄκρας ᾧχησα μετὰ τῆς ποθητῆς μου,
ΕῚ \ \ ΕΣ Te f CU εἰς τὴν Συριὰν ηθέλησα μόνος μου ταξιδεῦσαι,
1597. ὁρχωμωτήσας. ἀρνισθῆναι. --- 1600. ἀρωσθούσης. --- Titre. ἀπλοῤῥάδδου. --- 1603. ὁδεύσασι. — Titre. χαδαλιχεύσας. --- 1611. ἐχα-
rable de fuir en Romanie, il communiqua son dessein à la jouvencelle et lui déclara qu'il craignait que l’émir son père ne le découvrit. Il l’obligea done à partir avec lui, lui jurant de ne jamais l’abandonner, mais de l'avoir pour épouse tant qu'il vivrait en ce monde.
La jeune fille crut à ses serments et lui promit de 16 suivre. Ils obtinrent ensuite le consentement de sa mère,
alors malade.
Comment le fils d’Antiochus emmena avec lui la fille d'Haplorrabdis et l’abandonna dans le désert.
Ils montèrent tous deux sur des chevaux préparés d’avance et se mirent promptement en route. Le voyage se passa bien jusqu'à leur arrivée à la source, où 1] délaissa la jouvencelle, et continua son chemin. Restée seule auprès de cette source, la jeune fille attendait le retour du jJouvenceau.
Quant à moi, je vivais alors, comme je l'ai dit, séparé de mes parents, et j'habitais aux frontières avec ma bienaimée. Je voulus faire seul une expédition en Syrie; j'avais
alors dix-huit ans, comme je le sais exactement.
Comment Akritas monta à cheval et alla en Syrie.
Je montai sur mon cheval, un noir coursier arabe, après avoir pris une épée, un bouclier et une lance bleue, et j'at-
teignis le territoire des Arabes. L’illustre fils du glorieux
BASILE DIGENIS AKRITAS.
/ \ € \ € “ -᾽ 9 / τότε χαὶ ὁ θαυμαστὸς υἱὸς τοῦ στρατηγοῦ ἐκείνου, CV 4 LV CU CI 0 / τοῦ ᾿Αντιόχου τοῦ χλεινοῦ, ἐξέφυγε τῆς κόρης
ol c'en « \ 7 Kai ὁ Μουσούρ, ὡς ἀνδρικὸς καὶ ὡς λῃστὴς ὁδοστάτης,
\ 3/ Ta \ 5 CM » ! :
LA , ͵7] \ / , / f Ξ
Kat, ἀποχτείνας τὸν Μουσούρ, ἐπεκράτησα τότε τὸν δὲ νέον ἀράμενος ἐκ τῆς χειρὸς αὐτίκα, δέν, τ CU ᾽ τ 7 “ 4 δέθωχα τοῦτον τοῖς ἐμοῖς φίλοις ὥστε φυλάττειν.
Ch 3 τ Ce 4 2
\ λιν “ὃ :ὖ Z ᾿ ΄, χαὶ ἐς ὁδοῦ διάστημα πλεῖστον ὀιαπερασᾶς, ἔφθασα καὶ τότ᾽ ἔν τινι κάμπῳ λιδαδιαίῳ, “7 \ ἐδίψουν δὲ χχατὰ πολὺ χαὶ TN γὴν ἐπεζήτουν, N/ Ce: 3. 1 Ἑ \ D \ - / δένδρον ὁρῶ ἀπὸ μαχρᾶὰν εἰς τὴν δασεῖαν βάτον,
Δ / , , / 5 € ἂν» 2 dé ᾿ χαὶ ἐπορεύθην εἰς αὐτό, ὕδωρ εὑρεῖν ἐλπίζων
φοῖνιξ ὑπῆρχε τὸ δενδρὸν χαὶ Ὧν πηγὴ ἐν τούτο ξ ET Lo YA OUT.
Περὶ τοῦ πῶς ὁ ᾿Ἀχρίτης ἔφιππος EUPE τὴν χόρην τοῦ € ΄ > ES ΟἿ Ἁπλορράδδον ἐν τῇ ἐρήμῳ.
1019, ἴδε. — 1622, εἰμί, — 1682, τοῦτο. --- Titre. ἁπλοῥάθδου.
SIXIÈME LIVRE. 137 général Antiochus venait alors d'abandonner la jouvencelle, fille de l’émir, comme nous l’avons dit naguère.
Mousour, audacieux voleur de grand chemin, rôdait aux frontières, dont il était maître avant moi. Quand 1] aperçut le jouvenceau monté sur une jument, il se mit à le poursuivre avec acharnement pour lui donner sur les épaules un coup d'épée et le désarçonner. C'était un homme mort,
si je ne me fusse trouvé là.
Comment Akritas trouva le fils d'Antiochus et tua Mousour, son adversaire.
Mais je tuai Mousour, et alors c’est moi qui fus maître. Ensuite, prenant aussitôt le jeune homme par la main, je le confiai à la garde de mes amis. Quant à moi, je les quittai et je repris ma route. Après avoir franchi une longue distance, j'arrivai dans une prairie ; j'avais grand’ soif et je cherchais une source. J’apercçois de loin un arbre dans un épais fourré et je me dirige de ce côté, espérant y trouver de l’eau. Cet arbre était un palmier, et au-des-
sous 11 y avait une source.
Comment Akritas, à cheval, trouva dans le désert la fille d'Haplorrabdis.
M'étant approché, j'entends une voix, des sanglots, des
gémissements et des pleurs, et j'aperçois la fille de l’émir,
138 BASILE DIGENIS AKRITAS.
16035 καὶ θεωρήσας τὸ λοιπὸν τοῦ duno% τὴν κόρην, ἐχείνην ἣν ἐπάφηχεν υἱὸς τοῦ ᾿Αντιόχου, πῶς μόνη ἐκαθέζετο κάτωθεν εἰς τὸ δένδρον, ; | τοῦ ὕδατος ἐχπίνουσα τοῦ ἐν τῇ βρύσει ὄντος" 2 / νὰ ἐκ A7 - 2 Ἵ ἐχείνη δὲ ὡς εἶδέ με χαρμονῆς ἐπεπλήσθη, 1640 καὶ εὐθὺς ἐκπηδήσασα Ἦλθε πρὸς ὑπαντήν μου - | ἐγὼ δὲ προσεδόχησα αὐτὴν φάντασμιοι εἶναι, ὅλος ἔντρομος γέγονα, τριχῶν μου ὀξυνθέντων, ᾿ / / EN ᾽ ΄Ἤ) \ \ / χἀκχείνη πάλιν ἤρξατο ἀφόθδως πρὸς μὲ λέγειν ᾿ « τίς καλεῖσαι, νεώτερε, καὶ ποῦ μόνος πορεύῃ ; 1645 μὴ διὰ πόθον χαὶ αὐτὸς ἀπέρχῃ εἰς Συρίαν ; 3 ) 2 \ / τὶ A , / 4 αλλ΄, ἐπειδὴ χατήντησας εἰς τοὺς ἀνύδρους τόπους, χατάθηθι, αὐθέντα μου, πρὸς ὥραν εἰς τὸ ὕδωρ᾽ f \ € / L/2 / LA καί, ὡς δοκεῖ μοι, ἄγουρε, θέλω εἰπεῖν σοι τούτους, 1650 ὡσὰν ἀπὸ τῆς θλίψεως παραμυθίαν λάδω, ψυχῆς γὰρ τὸ λυπούμενον σὺν τῷ λέγειν ἐξήει, χαὶ τὴν ὀδύνην τὴν πολλὴν χαταπαύει μετρίως. ) (Ἐ 47 7 Ταῦτα ἐγὼ ἀκηκοὼς χαὶ ἐχθαλὼν τὴν φόθον, / Ὁ e/ 2 / DR: °N\/ χαΐ, χαρᾶς ὅλως ἐμπλησθείς, ἐπέζευσα εὐθέως, 1655 καὶ τὸν μὲν ἵππον ἔδησα εἰς τοῦ δένδοου τὸν χλῶνον, τὸ δὲ χοντάριν ἔπηξα εἰς τὴν αὐτοῦ τε ῥίζαν, χαί, ὕδατος μεταλαδών, ἔφην αὐτὴν τοιάδε.
1638. ὄντως. --- 1639, ἴδε. --- 1651, ἐξίει. --- 1655. κλόνον. — Titre.
SIXIÈME LIVRE. 139 abandonnée par le fils d'Antiochus. Elle était assise sous l'arbre, seule, et buvant de l’eau à la source. Quand elle me vit, elle fut remplie de joie, et aussitôt elle s’élança à ma rencontre. Je crus que c'était un fantôme, et je fus tellement effrayé que mes cheveux s’en hérissèrent. La jouvencelle, au contraire, se mit sans crainte à me dire : « Comment t’appelles-tu, jeune homme; et où vas-tu tout seul? Ne serait-ce point aussi l'amour qui te conduit en Syrie ? Mais, seigneur, puisque tu te trouves en des lieux dépourvus d’eau, descends un instant près de la source; car, bon jouvenceau, mon cœur a de grands chagrins, et il me plaît de te les dire, afin de trouver quelque consolation à ma peine; parce que la tristesse de l’âme se dissipe quand on la raconte, et l’excessive douleur en éprouve du soulagement. »
Après avoir entendu ces paroles et banni ma terreur, je mis aussitôt pied à terre, tout rempli de joie, et j'attachai mon cheval à une des branches de l'arbre ; je plantai ma lance à sa racine, et, après avoir bu de l’eau, je parlai
ainsi à la jouvencelle.
Comment Akritas mit pied à terre près de la source et parla avec la jouvencelle.
« Dis-moi d’abord, jeune fille, la vie que tu mènes ici
4140 BASILE DIGENIS AKRITAS.
A 2 / SN + \ “ὦ 7.
1670 φαρία του τὸν δέδωκα, πρωτεῖα τοῦ πατρός μου, ἄρματα πολυτίμητα χαὶ ἄπειρον τὸ πλοῦτος ᾿ ἄρχοντα τοῦτον ἔδειξα περιφανὴ Συρίας, μετὰ βουλῆς χαὶ τὴς μητρός, καὶ τοῦ πατρὸς ἀπόντος, 2 - 7 \ LES » , -“ ἐν τοῖς πολέμοις γὰρ ἄει εἴωθεν ἀσχολεῖσθαι,
à 3, “ Pl \
\. .» #. 2 DL \ 72 , / Kat ἐφαίνετο εἰς ἐμὲ πολλὴν ἔχων ἀγάπην; \ ‘4 2 / ΟῚ ΡῈ \ \ e/ χαὶ θνήσκειν εἰ cuubéomxev ἰδεῖν με un πρὸς ὥραν᾽
3 nl 3/ / 9 τ, ΄ EN -Ὁ Ψ !
αλλ ἔχειν σύμιον αὐτοῦ μέχρι τοῦ ζῇν ἐν χοσμῳ ᾿ 1664. ἀπλοῥάδδιν. --- 1670. Peut-être τοῦτον. πρωτία. --- 1615. ἀφίσης. — 1686. φρικωδεστάτον. — 1687. ἀρνισθῆναι. --- 1688. ἔχει.
SIXIÈME LIVRE. 14 et pourquoi tu habites dans ce désert, puis tu apprendras toi-même qui je suis. »
Nous nous assimes ensuite tous deux par terre, et la jouvencelle, ayant poussé un profond soupir, commença à parler ainsi : «Jeune homme, ma patrie est Merféké. Tu as entendu parler d'Haplorrabdis, le premier des émirs ; ilest mon père; ma mère est Mélanthia. Pour mon malheur, j'aimai un Grec que mon père retenait prisonnier depuis trois années. Il se disait fils d’un illustre général ; je le délivrai de ses chaînes et des horreurs de la captivité; je lui donnai des chevaux, des primautés de mon père, des armes précieuses et d'immenses richesses. Je fis de lui un glorieux prince de Syrie, avec le consentement de ma mère, et durant l'absence de mon père, occupé, selon son habitude, de guerres continuelles. Je ne cessais de lui répéter : « Mon bien-aimé, ne me délaisse pas! » Et, lui, il me disait avec serment : « Je ne t’abandonnerai pas, mais je conserverai toujours pour toi un pur amour. » Et 1] semblait me porter une grande affection et être prèt à mourir pour me voir ne fût-ce qu'un instant. Mais 1] était fourbe, comme le résultat l’a démontré. Un jour, ayant projeté de fuir et voulant se rendre en Romanie, il me communiqua son dessein et la crainte qu'il avait du retour de mon père. Il m’obligea ensuite à me mettre en route avec lui et me fit les plus effroyables serments de ne jamais m'abandonner de sa vie, mais de m'’a-
voir pour épouse, tant qu'il existerait en ce monde. J’ajou-
142 BASILE DIGENIS AKRITAS
1695 χαὶ οἱ μὲν ἄλλοι ἅπαντες πρὸς θρῆνον OAV οἴχῳ, 4. Ἂχ δέ e ͵ 5) ᾽ € ἐγὼ ὁέ, ἢ παντάλαινα, ἄδειαν ἐντυχοῦσᾳ, πλοῦτον πολὺν ὃ ιάροισοι, τῷ πλάνω συνεσχέθην, ὑπουργησάσης τῆς νυχτὸς εὐχαίρως πρὸς τὸ ἔργον, ἀσέληνος γὰρ ἔτυχε HAL ἀφώτιστος παράπαν.
1700 ‘Eo ἵπποις δὲ ἀμφότεροι τοῖς προητοιμοισμένοις ταχέως ἐποχούμενοι ὁδεύομεν σπουδαίως "
56 \ ,/ \ ͵ “ / PODOV γὰρ εἰχομιεν πολὺν μέχρι τοῦ τριμιλλίου, € A ! ? COR à ? , \ 2 ὡς δὲ παρήλθομεν αὐτοῦ ὑπ οὐδενὸς γνωσθέντες, λοιπὸν ὁδεύομεν χαλῶς μετὰ τῆς ταχυτῦχτος, -Ὁ ΄ Ψ \ 2 f
Kai μετ᾽ ὀλίγον γαμετὴν ἔλεγε τὴν φιλτάτην
Kat γὰρ ὁμοῦ χαθεύδοντες ἐν τῇ νυχτὶ τῇ TRITN,
\ \ \ ΕΣ 7 \ ᾿4 / 7 KHAL τὸν χρυσὸν ἀφείλατο, τα ROELTTOVX TE OKEUN "
€ ou 2 € \ € ὡς γοῦν ἐπέγνων ÉLUTY,Y τοῦ ὕπνου ἀναστᾶσα,
SIXIÈME LIVRE. 143 tai foi à ses promesses οἱ je résolus de l'accompagner, conformément à ses désirs; puis, nous nous efforçâmes tous deux de trouver l’occasion d’enlever les richesses de mes parents.
« Par un cruel et diabolique hasard, ma mère fut atteinte d’une maladie dont elle faillit mourir. Tandis que tous les autres faisaient retentir la maison de leurs gémissements, moi, la malheureuse, je profitai de cette circonstance pour prendre une forte somme d'argent et suivre mon séducteur. La nuit fut on ne peut plus propice au succès de cette affaire, car elle était sans lune et sans la moindre clarté. Montés tous deux sur des chevaux préparés d'avance, nous eùmes promptement franchi une longue distance. Notre crainte fut grande jusqu’au troisième mille, mais, quand nous l’eûmes dépassé sans avoir été reconnus, nous cheminâmes avec rapidité, prenant de la nourriture lorsque le besoin nous y invitait ; peu après, il m'appelait son épouse bien-aimée, et me prodiguait les plus doux baisers, en me pressant dans ses bras. Confondus, durant tout le trajet, dans les transports d’une joie mutuelle, nous parvinmes à la source que voici, et nous nous y reposämes trois jours et trois nuits, qui furent consacrés à nous donner réci-
proquement les preuves d’un amour inassouvi.
« Ce fut alors que le cruel traître commença à dévoiler la résolution qu'il tenait cachée. La troisième nuit, tandis que nous étions couchés ensemble, 1] se leva furtivement du lit, sella les chevaux, et enleva l’or et les meilleurs ef-
fets. Lorsque je revins à moi, à mon réveil, je me levai, je
BASILE DIGENIS AKRITAS.
τὴν ἐμαυτὴν ηὐτρέπιζα, ὥσπερ κατὰ τὸ ἔθος, € / \ \ / \ Au τ ὡς νεχνίδα τὴν στολὴν πρέπουσαν καὶ τὸ εἰδος, τοιούτῳ γὰρ τῷ σχήματι ἐξῆλθον τῆς πατρίδος.
7 ᾽ ἣν / Ω EE TA "δ 2 / ὑφ᾽ ἵππον τοίνυν ἐπιδὰς τὸν ἴδιον ἐχείνου, εἷλχε χρυσοῦ τὸν ἕτερον καὶ ᾧχετο τοῦ δρόμου ᾿ χαὶ τούτου τὸ παράλογον ὡς εἶδον ἀνελπίστως πεζῇ ὡς εἶχον ἔτρεχον κατόπισθεν βοῶσα :
« ἀπέρχῃ βέδαιον, κἀμὲ ποῦ μόνην ἐπαφίεις ; ὃ / τῷ 5 Ξ τ «}Ὁ 2 y | ιέλαθες τῶν ἀγαθῶν ὧν σοὶ ἐνεδειξάμην ; οὐ υνημινεύεις ἐξ ἀρχῆς τοὺς ἐξαιρέτους ὅρχους; » ‘Qc δὲ οὐχ ὑπεστρέφετο, ἔτι λοιπὸν ἐφώνουν " « φοδήθητι, ὦ ἄνθρωπε, θεὸν τὸν ἐν ὑψίστοις, ἐλέησον, οἰκτείρησον, σῶσόν με τὴν ἀθλίαν " un ἐνθάδε ἐώσης με ὑπὸ θηρῶν βρωθῆναι. » ; Ταῦτα καὶ ἄλλα πλείονα ἐθόων θρηνῳδοῦσα, (F. 49.) € ? 3 f / ΜΑΙ ’ ὁ ὃ ἀφανὴς μοι γέγονε φθεγξάμενος μηδόλως, τῶν ποδιῶν μου δ᾽ ὡς ὁρᾶς πλήρης ὑποχαμόντων ἐν τοῖς πολλοῖς προσχρούσμασιν πάντοθεν αἱμαχθέντων, ἐχεῖσέ που κατέπεσον ὡς νεχρικῶς ὑπτία ᾿ χαὶ μεθ᾽ ἡμέρας ἑαυτὴν μόλις ἀναλαθοῦσα, ἐν τῇ πηγῇ ὑπέστρεψα ἀνάγκῃ βοδιοῦσα.
LE \ / 5 N 267 » / A Etui γὰρ πάντων ἔρημος μὴ ἔχουσα ἐλπίδα οὐ γὰρ τολμῶ εἰς τοὺς ἐμοὺς γονεῖς τοῦ ὑποστρέψαι, αἰσχύνομαι τοὺς γείτονας, τὰς συνομήλιχάς μου " \ δὲ ! € - δ œ 2 SN τὸν dE πλανησαντα εὑρεῖν ποῦ παντελῶς οὐχ οἰδα." \ V? / / Eu EN ?. 2 LS χαὶ δέομαί σου μάχαιροιν τοῦ δοῦναί μοι εἰς χεῖρας, χαὶ χατασφάξω ἑαυτὴν ὡς πράξασαν ἀθέσμως * οὐ γὰρ συμφέρει μοι τοῦ ζῆν, πάντων ἀποτυχούσης, ὦ τῶν ἐμῶν ἀνομιῶν, ὦ συμφορῶν μεγίστων ! 1125. ἐπαφίης. --- 1727. vois. — 1180. οἰχτήρησον. — 1735. πολλοὶ, — 1739. eiun. — 1741. συνομίλιχας.
m'arrangeai comme de coutume, je me donnai la tenue d'une jeune fille et j'en pris les vêtements, car c’est ainsi que j'avais quitté mon pays.
« Mais le jouvenceau était monté sur un cheval, avait chargé l’autre d’or et s'était mis en route. Désespérée à la vue d’une pareille trahison, à pied comme j'étais, je m'élançai à sa poursuite en eriant : « Il est donc vrai que tu fuis ? Et moi où me laisses-tu seule ? As-tu oublié les bienfaits dont je t'ai comblé? As-tu perdu le souvenir des serments extraordinaires que tu me faisais naguère? » Et, comme 1] ne se reltournait pas, je lui criais encore « Crains, ὃ homme, le Dieu très-haut ! Pitié, miséricorde ! Sauve une infortunée, ne me laisse pas dévorer ici par les bêtes féroces ! » Je me lamentais, criant ces choses et beaucoup d’autres encore, mais lui, 1] disparut sans prononcer même une parole.
« Quant à moi, harassée de fatigue et, tu le vois, les pieds ensanglantés par de nombreux achoppements, je tombai à la renverse comme une morte. Puis, au jour, ayant non sans peine repris mes sens, je revins, en marchant difficilement, jusqu'à la source. Je suis dénuée de tout, et 1] ne me reste plus d'espérance, car, par honte des voisins et de mes compagnes, je n'ose retourner chez mes parents ; et j'ignore complétement où retrouver celui qui m'a séduite. Donne-moi, je te prie, entre les mains un glaive, afin que je me tue moi-même en expiation de ma faute ; car, privée de toutes choses, il ne m'importe plus de vivre. Oh! que mon crime est grand et que mon infortune est immense! J'ai quitté mes proches, je me suis sé-
BASILE DIGENIS AKRITAS.
ἡλλοτριώθην συγγενῶν, γονέων ἐμωρίσθην ' P ' Υ ES μεν ut )
ποὺς τὸ XEPONGAL φίλτατον, OV χαν ATEGTEPNINV. »"
/ 17 € ΄ Dour nm / ταύτην χἀγώ, ὡς δυνατόν, ἀνέστειλα τοῦ θρήνους, τὰς χεῖρας ἐκ τῶν πλοχαμῶν ἀπέσπων μετὰ βίας, 3 - / / ἔχειν παραμυθούμενος ἐλπίδας χρηστοτέρας.
3 3; ε LA f , 20 PU ? »
ap Ὡς ὁ πλάνος μόνην σε ἀφῆχε τῶν ἐνθάδε.
μέχρι τοῦ νῦν πληρώσασα ἐν ταύτῃ τῇ ἐρήμῳ, \ -Ὁ 5) CU ἵν 3