DIXIÈME LIVRE DE DIGÉNIS
Commençons le récit du trépas de Digénis, dont l’autre nom était Akritas, récit fécond en gémissements, en larmes et en tristesse.
Puisque tout ce qu'il y a de charmant en ce monde trompeur devient la proie de la mort et la pâture du tombeau, puisque, richesse et gloire, tout passe comme un songe, survint aussi le trépas de Digénis Akritas. Plaçons donc dans le dixième livre la fin de ce héros; car, bien qu'il fût plus brave que personne au monde, et fameux pour son courage et toutes ses autres qualités, quoiqu'il eût été un puissant vainqueur et un valeureux guerrier, il tomba
victime de la mort, et la nouvelle de son décès sera pour
260 BASILE DIGENIS AKRITAS.
\ / » \ \ , “ » / Φ χαὶ λύπην ἀγει τὴν πολλὴν εἰς ἁπαντας ἀνθρώπους, | \ 7, , Z » / / 3140 τοὺς μέλλοντας αἀχούειν TE ἐπιδημίαν τούτου * | , \ δὲ -Ὕ APE - \ - 200 | ἔπει ὁὲ τοῦτο ἐς ἀρχῆς παρὰ θεοῦ ἐδόθη, | |
"»“ 5) “- ss ᾽ L οὐχ ὠφελῆσαι ἴσχυσαν τῷ Διγενῇ ᾿Αχρίτῃ :
4 NA -Ὁ / ᾿ς τὸ D) 5 / dE TA TÜTN TA dev, τῇ ἀγὰν ὀλεθρίᾳ, ἡμέρᾳ τε, τοῦ ἱχτροῦ ἐλθόντος πρὸς ἐχεῖνον, 3190 ἀπηγορεύσατο αὐτόν, τὸν θάνατον μιηνύσας -" ἔφησαν δὲ στενάξαντες οἱ ἰατροὶ πρὸς τοῦτον ᾿ (Ε. 90.) « ὦ πάντερπνε Βασίλειε, θάνχτός σου νῦν Ὦχε, \ \ Ν 3 \ - - “ , 12 ΕΣ χαὶ τὸ λοιπὸν ἀπὸ τοῦ νῦν ὅπλα οὐδόλως Ἐχεῦξ" ἀνδρεία ποῦ σου ἄπειρος, ἀνείκαστος ἣ τόλμη ; 3155 ποῦ δυναστεία ἣ πολλή, ἡ δόξχ ποῦ τοῦ πλούτου ; 3/ 9 \ 2 “ / ss ἄρτι οὐδεὶς εἰς θάνατον δύναται βοηθῆσαι :
ς CU \ ᾽ » \ Ci ς τῳ αἱ χεῖρες γὰρ ἐλύθησαν τὰ ἀθλα αἱ ποιοῦσαι, € ἥ EAN / € \ € \ Ὁ οἱ πόδες ἐδεσμεύθησαν, οἱ τὰς ὁδοὺς χρατοῦντες, 5 / A ἂν ὃς \ v ’ ᾽ / ὀλίγον δὲ καὶ ἡ ψυχὴ τοῦ σώματος ἐχφεύγει, ᾽ \ 72 \ \ >] \ 3/ - »
3140, μέλοντας. — Titre. ἀρωστῶν. — 3157. οὐ, au lieu du second αἵ.
DIXIÈME LIVRE. 264 tous ceux qui l'apprendront le sujet d’une immense douleur. Puisque telle est l’éternelle volonté de Dieu, une
pareille fin était inévitable.
Comment Akritas, étant tombé malade, appela près de lui les plus habiles médecins.
Digénis Akritas fut atteint d’une très-cruelle maladie ; il se coucha sur un lit magnifique, garni de couvertures dorées; 1] fit venir beaucoup de médecins des plus illustres, qui essayèrent de tous les remèdes de la science, sans pouvoir lui être de quelque utilité.
Le mardi, jour pernicieux et néfaste, le médecin se ren-
dit près de lui, mais Akritas le renvoya et prédit sa mort.
Alors les médecins lui dirent en gémissant : « O tout char-
mant Basile, voici l'heure de ton trépas. Désormais tu n'as plus d'armes ; où est ton courage infini, ton audace inouïe, ton immense pouvoir et les richesses dont tu étais fier ? Personne ne peut maintenant te secourir contre la mort. Tes mains, qui ont accompli tant d’exploits, sont sans visueur, tes pieds sont paralysés, eux qui parcouraient les chemins. Un instant encore et ton âme abandonne ton corps, et la tombe va se refermer sur toi, homme puissant ! »
Akritas donna l’ordre de chasser tous les médecins, et il appela près de lui l’amoureuse jouvencelle, car elle se
tenait enfermée dans les appartements du devant. Il la fit
BASILE DIGÉNIS AKRITAS.
ἐρῶ γάρ σοι τὴν ἀπαρχήν, ἡμῖν γε τὰ συμθάντα οἶδας, μιμνήσχεσαι, ψυχή, καὶ φῶς μου καὶ καρδία, ὅταν ἐλήλυθα πρὸς σὲ καὶ No σε συντόμως ἀπὸ τῶν οἴκων τῶν λαμπρῶν τοῦ σοῦ πατρός, κυρία ; Βίγλας οὐχ ἐδειλίασα, ἃς εἶχεν ὁ πατήρ σου, τοὺς στρατιώτας ἔχτεινα,, τοὺς θέλοντας λαύεῖϊν με, πάντας εἰς ἄδην ἔπεμψα καὶ μοναχὸς ὑπῆρχον᾽ ὕστερον δὲ ἐκρήμνισα τοὺς ἀδελφούς σου, χόρη * τόνδε τὸν σόν, φιλτάτη μου, πατέρα ἐπαξίως τιμήσας, συγχωρήσεως ἔτυχον χαὶ εὐχῆς του, πολλὰ δὲ ὑποσχόμενος παράσχει μοι εἰς TOOL. ᾿ οὐχ ὑπεστράφην μετ᾽ αὐτοῦ, ὡς ἔλεγεν, εἰς οἶκον, ἀλλὰ τὰ πάντα εἴασα, σὲ προσεποιησάμην,
ἧς 4 made URSS ES")
Titre. ἀρωστόν. — 3169. θεάσης. — 3177. ἐκρίμνησα, — 3180, πα-
DIXIÈME LIVRE. 263 asseoir vis-à-vis de lui, et, versant d’abondantes larmes, il
commença à lui parler ainsi en tête-à-tôte.
Comment Akritas, malade, parla à la jouvencelle.
Tristes et suprèmes volontés de Digénis Akritas. « Écoute, ma douce lumière, et rassasie-toi de me regarder, car bientôt tu ne verras plus celui qui t'aime tant. Je vais, en me reportant au commencement, te faire le récit complet de nos aventures. Sais-tu, te souvient-il, ὃ mon âme, ὃ ma lumière, ὃ mon cœur, lorsque je me rendis près de toi, et que je t’enlevai du splendide palais de ton père, ὃ ma dame? Les sentinelles de ton père ne m'effrayèrent pas; je tuai les soldats qui voulaient me saisir et je les précipitai dans 16 tombeau, quoique je fusse seul. Ensuite, jeune fille, je désarçonnai tes frères ; puis, ma bien-aimée, je rendis à ton père les honneurs dus à son rang, et j'obtins son pardon et sa bénédiction. Il me promit et me donna une dot considérable ; je ne retournai
pas avec lui dans sa maison, comme 1] m'y engageait,
mais j’abandonnai tout et je te préférai, toi, dont. . . .»
La fin du poëme manque.
Es
AvANT de commencer nos annotations sur le poëme de Digénis Akritas, nous croyons indispensable de;dire ici quelques mots : 1° de la langue dans laquelle 1] est écrit; 2° de sa versification ; 3° de l’époque où 1] fut composé; 4° de son auteur.
Le présent poëme est sans contredit le plus ancien monument connu de la langue grecque vulgaire. La langue dont s’est servi le poëte n’est cependant ni l’idiome populaire tel qu'il se parle de nos jours, n1 tel qu'il se trouve dans les poëmes du seizième siècle ou dans ceux de Théodore Prodrome, qui sont, comme on sait, du douzième. C’est un mélange de grec vulgaire et de grec littéral, ou plutôt de ce grec habituellement désigné sous le nom d’ecclésiastique (1).
Jusqu'à ce jour, ce monument est unique en son genre; 1] représente une phase extrêmement curieuse de la langue grecque. Il est la première manifestation écrite du dialecte populaire, qui vivait depuis longtemps à côté de l’idiome littéral, dont il devait bientôt prendre la place. Le néo-hellénique n'y prédomine pas, il n’y entre guère que pour quatre dixièmes ; la syntaxe flotte incertaine entre celle du grec ancien et celle du grec vulgaire, elle participe de l’une et de l’autre; parfois, dans une même phrase, une forme antique coudoie une forme purement moderne. Quelquefois le poëte adopte la conjugaison ro-
(1) Le grec ecclésiastique est surtout la langue des Vies des saints; c’est aussi celle des prédicateurs, de l’évêque Elie Miniati, par exemple.
maïque, mais il semble que ce soit lorsqu'il y est forcé par les exigences du rhythme ou de la mesure.
Cette langue est moins éloignée de l’ancienne que celle dont se sert Théodore Prodrome dans ses poëmes vulgaires aux Comnènes; elle est aussi plus pure que celle du poëme à Spanéas, poëme dont M. Wagner ἃ donné, dans ses Carmina græca medii ævr, une version qu’on peut attribuer au douzième siècle, mais qui n’est cependant qu'une μετάπλασις d’un original beaucoup plus ancien, qui sera publié plus tard dans cette Collection.
— La versification de ce poëme présente une particularité très-curieuse. Contrairement aux règles qui régissent le vers politique, le poëte affecte l’accent sur les syllabes impaires, et principalement sur la troisième. Cette anomalie se répète tant de fois, du comihencement à la fin, qu’on ne saurait penser qu'elle soit le résultat d’une négligence de versification. C’est, au contraire, la conséquence évidente d’un système bien arrêté, et dont le but était vraisemblablement de donner une certaine variété à la coupe un peu monotone du vers politique.
Cette innovation, bien Justifiable d'ailleurs, ne semble pas avoir eu de succès, car on n’en retrouve pas d'exemple aux siècles suivants.
Bien qu'il suffise d'ouvrir le volume à n'importe quelle page pour trouver des spécimens de ce mode de versification, nous voulons néanmoins en mettre ici quelques-uns sous les yeux du lecteur.
rai μεγάλως στενάξασα πρὸς αὐτὸν οὕτως ἔφη (ν. 253-254). Édv δέῃ μ' ἀποθανεῖν, οὐχ ἀπαρνήσομαί σοι (v. 258).
Kai ἀγούρους ἀπέστειλεν μὲ ἵππων ἐπιλέχτων (v. 263).
Nous trouvons dans la KAAAIOIIH ΠΑΛΙΝΟΣΤΟΥ͂ΣΑ de Charisios D. Megdan (Vienne en Autriche, 1819) les remarques suivantes sur le vers politique paroxyton de quinze syllabes :
= »Ἥ» , F = \ è L mn Potro προφήτης εἶναι ᾿δῶ, xat τί ἐστι προφήτης.
\ = > , \ - ri \ LT) à ; > es Πλὴν τοῦτο εἶναι δύσχολον νὰ φυλαχθῇ εἰς τὰ κατ᾽ ἔχτασιν στιχουργή ματα " ὅθεν χαὶ ἠμπορεῖ νὰ παρατηρῆται νὰ συμπίπτωσι τοὐλάχιστον εἰς ὅσας δὲν ἤθελε φέρωσι πρόσχομμα εἰς τὴν στιχουργικὴν εὐρυθμίαν, οἷον τὴν εν CUT
Δεῦρο χαὶ σὺ χαὶ πήγαινε τὸν ἄνθρωπον xat ζήτει.
H τὴν d’, n, εἰν καὶ τὸς À χαὶ εἰς τὴν β΄. χαὶ τὰς λουπὰξ oÙtu - ΄ Θαυμασιώτερος ἐσὺ τῶν ἄλλων ἀνεδείχθης,
À εἰς τὴν ς΄ καὶ ιδ΄, ἀνίσως ἤθελε συνίσταται ἕχαστον τῶν χομμιάτων èx υιᾶς πολυσυνθέτου λέξεως, τοιουτοτρόπως:
On voit par ce qui précède qu'il n’est nullement question de la troisième syllabe, ni de la cinquième du premier hémistiche ; elles ne doivent jamais être affectées d’un accent aigu, mais elles peuvent avoir l’accent grave ou le périspomène, surtout quand, comme cela arrive presque toujours en pareille circonstance, la quatrième et la sixième sont régulièrement accentuées. Les mêmes observations s'appliquent au second hémistiche ; l’accent grave et le circonflexe peuvent figurer sur la troisième et la cinquième syllabe, lorsque les syllabes voulues portent leur accent obligatoire; mais l'accent aigu doit en être sévèrement banni. Quelques exemples feront mieux comprendre cette règle.
(1) Page 26 de l'ouvrage intitulé Καλλιόπη παλινοστοῦσα.
Exemple d’un périspomène sur la cinquième syllabe du premier hémistiche :
ἀλλ᾽ ἡ ζωὴ τῶν ὀρνιθιῶν εἶναι ὁ θάνατός μου (1). Ce vers est excellent, car, bien que la cinquième syllabe soit accentuée, la quatrième et la huitième ont leur accent normal. Au contraire, le vers suivant est complétement faux :
Voici l'exemple d'un accent grave sur la cinquième syllabe :
Καὶ πάλιν μὲ τὸ στόμα τους μοῦ τό ᾽παν of γονεῖς μου (2). Passons maintenant au second hémistiche.
Ces deux vers sont bons, pour les mêmes raisons données plus haut. Nous devons cependant faire remarquer que, bien que la sixième syllabe seule du second hémistiche ne puisse point se passer d’accent, on n’est pas pour cela libre de mettre des accents sur les syllabes impaires, lorsque les syllabes paires en sont dépourvues. Ainsi ce vers de notre poëme est très-irrégulier, surtout dans son second hémistiche :
Les quelques observations qui précèdent suffiront amplement, croyons-nous, à faire voir quelle ἃ été la façon de procéder de notre poëte, et sur quels points ont principalement porté ses innovations en matière de métrique ou de rhythme.
— Maintenant, à quelle époque fut composé ce poëme ? Nous
(1) W. Wacxer, Carminu græca medii ævi, page 131, vers 240, (2) Id., 1bid., page 131, vers 242.
(3) Id., 1bid., page 137, vers 465.
(4) Id., ibid., page 137, vers 451,
(5) Vers 922 de Digénis.
répondrons sans hésiter : Peu de temps après la mort de Digénis, c'est-à-dire dans la seconde moitié du dixième siècle.
Nous avons deux arguments à faire valoir en faveur de cette assertion. Tous deux sont tirés ex visceribus rei, c'est-à dire du poëme lui-même, le premier de la langue, le second des trois vers placés à la fin du cinquième livre.
Et d’abord, de la langue, Le poëte se sert, comme nous l'avons déjà dit, d'une langue de transition, constituant une sorte de compromis entre l’idiome littéral et l’idiome vulgaire; 11 n'ose pas trop abandonner le premier, dont il est sûr, pour s’aventurer sur le second, dont il paraît moins maître. Il hésite, 1] cherche sa route, il tâte 16 terrain, qu'il craint de voir manquer sous ses pieds. En un mot, la langue de Digénis est en voie de formation, ou, si l’on préfère, en voie de décomposition. Nous ne croyons pas que les langues romanes possèdent un monument analogue à celui-ci.
Au douzième siècle, dans les poëmes vulgaires de Théodore Prodrome, de Michel Glycas, d’Alexis Comnène (à Spanéas), cette langue n’est plus la même, elle ἃ subi une métamorphose complète, elle a pris plus de consistance, ses allures sont devenues plus franches et moins embarrassées. Cette transformation ne s’est certes pas opérée en quelques jours ; il ἃ fallu pour cela le travail des siècles ; et nous croyons que quiconque voudra bien prendre la peine d'examiner sérieusement la différence des deux styles fixera, comme nous, à deux cents ans le laps de temps qui sépare le chantre de Basile Digénis du chantre de Manuel Comnène.
Durant ce laps de temps, 1] a dû fleurir un très-grand nombre de poëtes qui ont cultivé la langue vulgaire et l’ont peu à peu perfectionnée en composant des œuvres exclusivement destinées au peuple. (δ mouvement littéraire, dont il ne nous reste malheureusement que peu de traces, se produisit, selon toutes les apparences, à la suite de la première croisade.
— Donnons maintenant la traduction des trois vers (1552- 1554), qui constituent notre second argument :
Le poëte tient les détails des sixième et septième livres de la bouche même de l'illustre Basile Digénis Akritas.
Cette déclaration est si claire et si précise, elle est si décisive, qu'il nous semble inutile d’y insister longuement. Le poëte a connu Digénis, il était peut-être un des amis du héros, un de ceux à qui il aimait à raconter ses aventures. Cet ami, affligé sans doute de la mort prématurée d’Akritas, concut le dessein de transmettre à la postérité le récit de ses exploits, et il est probable qu'il ne tarda pas longtemps à mettre à exécution sa pieuse idée.
Ce poëte n'était très-certainement pas un illettré; il cite à plusieurs reprises des passages de l’Écriture ; son symbole de la foi est rigoureusement conforme à celui de l’Église grecque (voyez vers 587 et suivants); enfin, on trouve dans son œuvre plusieurs réminiscences des poëtes anciens; ainsi, page 102, le vers 1220 n'est autre que le vers 363 du premier chant de l'Iliade, très-légèrement modifié pour devenir un vers politique:
5 er, 5!
Notre poëte ἃ simplement mis:
χεῦθε τῷ νῷ. ἵνα εἴδομεν ἄμφω ju à 1 ? Ξ (LE i ? ᾿
Toujours fidèle à son système d’accent sur la troisième syllabe, il a mieux aimé conserver la forme homérique εἴδομεν, que de lui substituer εἰδῶμεν, qui aurait été plus régulier au point de vue du rhythme.
Les vers 1293 et 1295 sont aussi empruntés à deux poëtes anciens ; nous les avons vainement cherchés dans les gnomiques.
Et les vers 504, 505 et 506 ne sont-ils pas copiés sur les vers 489 et 490 du deuxième chant de l’Iliade ? Qu'on en juge. Voici d'abord Homère :
Voici maintenant notre poëte:
Οὐδ᾽ εἰ xapôlav ἔχοιτο σιδηρέαν ἐχεῖνος,
4 / Q \ ΖΝ si χαὶ τὴν φωνήν του στερεάν, χαὶ χάλχεον τὸ ἦτορ.
Pindare lui-même ἃ été mis à contribution. Le vers 1986 de notre poëme,
Kai τὴν θαμποῦράν μου λαδὼν ἐγὼ x τοῦ πασσάλου,
n'a-t-il pas été inspiré par ce passage de la première Olympique ?
Il serait facile de multiplier les rapprochements de ce genre, mais ceux-Ci suffiront, nous n’en doutons pas, à démontrer que notre poëte était un homme versé dans l’ancienne littérature de son pays.
Pages vi et 1x de l’/ntroduction. — Ces deux fac-simile ont été exécutés dans les ateliers de M. Gillot, à Paris, au moyen
de la photogravure. Ce procédé nouveau, qui rend avec une par-
faite exactitude tous les détails du manuscrit original, est cettainement le meilleur et le moins coûteux que l’on puisse employer pour de semblables reproductions.
Page ΧΙ, lignes 7 et suivantes. — Constantinople et le reste de la Turquie ne possèdent pas exclusivement le privilége des Syllogues. La Grèce proprement dite n’a, sous ce rapport, rien à envier à l'empire ottoman. Les syllogues pullulent à Athènes et dans les villes de province. La capitale en compte six ou sept fonctionnant d'une facon très-régulière. A leur tête on peut placer le Parnasse, qui s'occupe, entre autres choses, de l’éducation gratuite des enfants pauvres. Plusieurs de ses membres sont eux-mêmes les professeurs de ces jeunes et intéressants élèves, et déjà ils ont obtenu des résultats très-satisfaisants.
Les communautés grecques de l'étranger ont aussi fondé des syllogues dans les villes où elles sont établies; c’est ainsi que Marseille et Manchester possèdent le leur depuis plusieurs années.
Il paraît mème à Braïla un journal très-curieux, Of ZŸAAOTOI, qui s'occupe à peu près exclusivement de ces sociétés littéraires, dont l'influence sur l'avenir de l’hellénisme ne saurait manquer d'être considérable.
Page ΧΙ, lignes 10 et suivantes. — Cette soif d'apprendre ἃ gagné même les villages les plus inconnus. Chaque hameau veut posséder un maître d'école, et, pour en obtenir l’envoi, on s'adresse de toutes parts aux syllogues de Thrace et d’Épire dont le siége est à Constantinople. Ces sociétés répondent de leur mieux aux nombreuses demandes qu'elles reçoivent chaque jour. Puissamment dotées par l’inépuisable générosité des Zographos, des Négrépontis, des Zarifis, des Zafiropoulos, elles ne failliront pas à la lourde tâche qui leur incombe.
Un journal grec de Constantinople, le Νεολόγος, publiait ces jours derniers une lettre aussi naïve que touchante adressée au syllogue de Thrace par les démogérontes du village bulgare de Vélika, à l'effet d'obtenir un maitre qui puisse enseigner le grec; Car, disent-ils, on a voulu nous envoyer un Bulgare, maïs nous l’avons refusé, habitués que nous sommes aux choses helléniques. Nous reproduisons ici le texte intégral de cette lettre ; son style et son orthographe diront plus éloquemment que tous les discours combien est nécessaire à ce pauvre peuple l’instruction, après laquelle 1] soupire avec tant d’ardeur.
Σᾶς ἡδοποιούμεν ἐμὴς ὑποχάτωθεν γεγραμμένει χαὶ σᾶς παρεχαλούμεν διὰ μὰς ἐλεηθήτε ἐπιδὴ ἐμμὴς τὼ χωριών μας ἥνε πολὶν πτωχὼν χαὶ ἔχουὑεν ἀνάγγην διὰ τὰ πεδίαν μας διὰ va μὰς στίλετε ἕναν διδάσχαλων χινὸν χαὶ ἀχούουμιν ὅτει ὁ σίλογος ὑπερασπίτε τοὺς πτωχοὺς νὰ γένετε ἔτιγη χαθὼς γνωρίζετε νὰ μὰς στίλετε διδάσχαλων émis οἱ τιρνοδιότες χκαθεμερινὸς θέλουν va μᾶς στίλουν παπὰ βουριγαρικὸν χαὶ διδάσχαλων ἀλὰ ἐμὶς εἰς τὰ ρουμέχα σινιθίσαυε ἀπὸ ἕναν χαιρὸν χαὶ ἕος τὶν σίμερον χαὶ θέλουμιε άλιν τὸ γίδιον νὰ γήμεστεν ταῦτα χαὶ μένουμεν ὑπουφενούμεθα.
HAIANIKOAOË , σὰς ἀσπάζομε ἐχ ψιχὶς ἐν Βελίχας (Extrait du nu-
méro 1870 du Νεολόγος, 8 mai 1875).
Page ΧΗΙ, lignes 10 et suivantes. — Depuis que ceci est écrit,
le Νεολόγος de Constantinople nous a apporté une heureuse nouvelle. Nous lisons, en effet, dans le numéro 1883 (24 mai 1875) de cet intéressant journal que, dans sa séance annuelle, le syllogue littéraire de Constantinople ἃ décerné plusieurs prix importants à divers recueils manuscrits de chansons, myriologues, contes, proverbes et coutumes populaires. Parmi les travaux couronnés, nous aimons à citer celui de M. Valavanis, professeur à l'École grecque de Kérasonde, lequel est intitulé Μνημεῖα τῆς ἐν Πόντῳ ἰδιωτιχῆς, et dont nous souhaitons vivement la prochaine publication.
Page xvu, lignes 10 et suivantes. — Il faut avouer, pour être juste, que, si M. Max Büdinger a fait erreur sur le personnage, il ἃ eu du moins l'incontestable mérite de reconnaître dans cette pièce un fragment d'épopée populaire.
Nous ne serions pas éloignés d'admettre que cette chanson faisait peut-être partie intégrante d’un autre poëme consacré aux hauts faits de Basile Digénis. Qui sait même si ce morceau ne se trouvait point dans ce qu'il y ἃ de perdu au commencement de l'épopée que nous publions ici ? Ce qu'il y ἃ de certain, c'est que, telle qu’elle est, cette curieuse chanson comble une lacune importante de notre poëme, et qu'il y est fait une allusion frappante à l'expédition de l’émir Mousour contre la forteresse d’Andronic Ducas.
Page xvr1, note 2. — C’est dans une petite brochure intitulée Πόθεν ἡ χοινὴ λέξις TPATOYAQ et publiée à Athènes, en 1859, que Zambélios ἃ inséré le texte de cette chanson falsifié par lui. Afin que le lecteur puisse apprécier la facon peu scrupuleuse dont cet éditeur a traité le texte original, nous allons donner ici la fin de cette chanson, fin qui, sauf les deux vers marqués d’un astérisque, est toute de son invention.
(1) Zambélios se trahit lui-même ici; il oublie complétement que ce n'est
Nous le répétons, sur ces onze vers, deux seulement appartiennent à la copie qui se trouve entre les mains de M. Brunet de Presle.
Page ΧΙ, Le Fils d'Andronice. — Voir sur cette chanson ce que nous avons dit page xvir, en note, et la note précédente.
Page xuix, supplément à la note 4. —- M. Dozon, qui vient de publier un curieux et intéressant recueil de chansons populaires bulgares (1), donne, pages 319-321 de ce livre, la traduction de l’imitation bulgare de la pièce grecque; 1] l’intitule le Voyage du Mort. Avons-nous besoin de dire que la chanson slave est de beaucoup inférieure à l'original grec? Voici, du reste, la version qu'en donne M. Dozon.