ACIDE CARBONIQUE
rupture, sur 4 ou o centimètres de long, il y avait décollement net de la soudure sur les deux tiers environ de l'épaisseur, avec rupture normale sur le tiers inférieur, la soudure devait avoir en ce point un recouvrement de 12 à 15 millimètres. A l'extrémité supérieure, la ligne de rupture se recourbait suivant un arc de spirale à court pas, le long duquel la cassure présentait un grain fîbro-soyeux très accentué, au contraire du grain cristallin assez homogène et moyennement fin que présentaient tout le reste de la cassure et celle des deux autres bouteilles. A 20 ou 30 centimètres avant ses extrémités, la ligne de rupture se bifurquait suivant deux lignes obliques irrégulières, découpant deux sortes de triangle qui avaient été fortement renversés vers l'extérieur; la partie trapézoïdale comprise entre ces deux ruptures secondaires avait été également renversée vers l'extérieur et développée suivant une forme sensiblement plane. Le bord longitudinal de cette partie semblait se rapporter assez exactement à la ligne principale de rupture, sauf sur une longueur de 30 à 40 centimètres où il manquait un morceau de 6 à 7 centimètres de largeur maxima. Dans la région correspondante de la ligne de rupture à peu près rectiligne^ région qui était celle où cette ligne se rapprochait le plus de la génératrice de soudure ^ la cassure^ sur i 6 centimètres de long, s'était produite sur une épaisseur de métal de 2 millimètres seulement formant la moitié extérieure de la tôle; sur l'autre moitié de l'épaisseur le bord rompu présentait une surface inclinée sur celle proprement dite de la tôle, mais irrégulièrement ondulée aussi bien dans le sens de la génératrice que dans le sens perpendiculaire, et recouverte d'une pellicule d'oxyde noirâtre identique et faisant suite sans interruption à celle qui recouvrait l'intérieur du tube.
« Ces caractères nous font penser que cette partie de la déchirure ne constituait pas un décollement récent, mais un
défaut initial de la soudure, qui ne laissait subsister en ce point qu'une épaisseur résistante utile de 3 millimètres au lieu des e^'^jS de construction qui se trouvaient très légèrement réduits sur tout l'ensemble du reste des déchirures. Aussi pensons-nous que c'est en ce point qu'a commencé la rupture pour se propager sous l'influence dynamique de la détente des gaz, jusqu'aux extrémités de la bouteille 143 et faire détoner les deux autres (Rapport de M. Brochet, ingénieur des mines). »
Pour prévenir le retour de semblables accidents, M. Michel Lévy demande au Conseil d'hygiène de la Seine d'émettre le vœu qu'une ordonnance de police rende applicables à la circulation, et au dépôt sur les voies publiques, les prescriptions suivantes concernant les récipients d'acide carbonique transportés en chemin de fer (Arrêté ministériel du 6 avril 1894) :
« 1° Ce produit devra être pur de tout résidu d'air;
« 2° Il devra être renfermé dans des récipients en fer foi'gé ou en acier doux;
« 3" Ces récipients seront soumis au préalable, aux frais de l'expéditeur, à une épreuve officielle constatant qu'ils supportent, sans fuites et sans déformations permanentes, une pression de 250 kilogrammes par centimètre carré.
« Cette épreuve sera renouvelée tous les trois ans ;
« 4° Les récipients porteront une marque officielle placée à un endroit bien apparent indiquant le poids du récipient vide avec tous ses accessoires, la charge en kilogrammes qu'il peut contenir et qui doit être limitée à 1 kilogramme de liquide pour 1 litre et 34 centièmes de litre de capacité, et, enfin, la date de la dernière épreuve.
« Toutes ces indications doivent être poinçonnées par l'agent qui aura procédé à l'épreuve de ces récipients;
« 5° Les soupapes et robinets devront être protégés par