‹ Les explosifs et les explosions au point de vue médico-légalChapitre 40 sur 48 · EXPLOSION DUE A UNE POUDRE CULORATÉE · texte numérisé non relu

EXPLOSION DUE A UNE POUDRE CULORATÉE

cône et percé d'un Irou rond à sa base supérieure : ce fragment paraît élre la partie supérieure d'une lampe à pétrole.

Scellé 14. — « Un certain nombre de carrés de papier rose paraissant provenir d'amorces et trouvés par le sieur Conrad dans les décombres provenant du logement Bréchard. »

Ce scellé contient les débris de // amorces ; quelques parcelles du mélange explosif sont encore intactes. Les papiers roses sont humides et tâchés de plâtre : les amorces dont proviennent ces papiers n'ont pas détoné.

Scellé lo. — «Deux morceaux de métal, paraissant provenir de l'avertisseur Raphaël et trouvés par le sieur Conrad dans les décombres provenant du logement Bréchard. »

Ce sont des pièces métalliques en cuivre doré, faisant en effet partie de l'appareil dénommé Raphaël. L'une des deux pièces représente la partie essentielle d'un avertisseur, c'est-à-dire la mâchoire à ressort, entre les branches de laquelle se placent les amorces détonantes. La seconde pièce est la moitié d'une mâchoire analogue et provient d'un second appareil avertisseur.

On reconnaît aisément, parles traces laissées dans la cavité destinée à recevoir l'amorce, que ces objets ont déjà servi.

Scellé 16. — « Deux débris métalliques et une cartouche, à nous déposés par M. Vice, architecte de la préfecture, qui nous a déclaré les avoir trouvés dans le grenier Bréchard à côté de l'ouverture faite par l'explosion. »

Débris de boîtes à amorces, que nous réunissons aux précédents. bln outre, une cartouche à balle, du modèle des cartouches du revolver d'ordonnance : celte cartouche a été percutée, mais mal percutée : le fulminate est probablement encore intact.

Scellé 17. — « Quelques plâtras noircis ramassés par le juge d'instruction ou les experts qui l'accompagnaient dans le logement Bréchard. »

Trois fragments de plâtre, à la surface desquels on distingue une couche de peinture noircie. Ces fragments proviennent du mur au voisinage du fourneau.

Scellé 18. — « Quelques débris métalliques à nous remis par M. le juge d'instruction ouïes experts qui l'accompagnaient dans le logement Bréchard. »

Ces débris comprennent :

Un fragment de bidon à essence, tordu et déchiré par l'explosion, deux fragments de métal sans intérêt.

Une petite capsule de cuivre, couverte de vert-de-gris (capsule pour amorce d'un fusil à broche).

Un débris du papier de tenture de la chambre où a eu lieu l'explosion.

Scellé 21. — « Un pantalon et un tricot de coton dont le nommé Molko était vêtu lors de l'explosion. »

Pantalon de drap brun, portant une longue déchirure sur la jambe gauche, par-devant, depuis le bas jusqu'au milieu de la cuisse. Autres déchirures moins importantes sur le bas de la jambe droite.

Tricot de coton rayé bleu, très sale, découpé aux ciseaux sur le devant du bas en haut : il y a d'autres découpures aux manches. Ces découpures doivent avoir été failes pour permettre de retirer plus aisément le vêtement. Il y a sur ce tricot de grandes lâches brun rouge, principalement par derrière au niveau du cou. Nous avons vérifié que ces taches sont produites par du sang.

Scellé remis par M. le juge d'instruction.

« Un scellé déposé par la femme Legay dans le cabinet de M. le juge d'instruction le 13 juillet 1888 et conlenant un avertisseur Raphaël et une boîte d'amorces. » Signé : Dopffer.

Ce scellé consiste en une boîte contenant un avertisseur Raphaël, neuf et complet, avec sa boite d'amorces. L'avertisseur est pareil, par sa forme, à celui qui a fourni les fragments du scellé 15 : mais celui du scellé IS était doré, et celui-ci est nickelé, m La boîte d'amorces est identique à celle qui constitue le scellé 4, identique à celles dont proviennent les fragments extraits des scellés 2, 7, 8, 9, 13, 16, 18 ; identique aussi aux boîtes d'amorces que nous nous sommes procurées et sur lesquelles ont été failes les expériences relatées plus loin.

Nous jugeons inutile de décrire ici les usages et le fonctionnement de l'avertisseur Raphaël. Cette description figure d'ailleurs dans un prospectus annexé au dossier.

Il résulte des renseignements acquis par l'instruction qu'un incendie a éclaté le 5 juillet dans le logement du sieur Bréchard, et qu'au moment où les voisins accourus pour porter secours enfonçaient la porte, une explosion s'est produite, a causé la mort du sieur Molko et blessé les sieurs Ranaldi et Ocuibène.

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