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Explosion dans un dépôt d'amorces et bouchons- amorces

— Je soussigné, Jules Socquet, docteur en médecine, commis par M. Atthalin, juge d'instruction près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d'une ordonnance, en date du 7 août 1885, ainsi conçue :

« Vu la procédure commencée contre le nommé A..., libre, inculpé de blessures par imprudence. (Explosion survenue le 12 juillet 1885, 35, boulevard Arago.)

EXPLOSION DANS UN DÉPÔT d'aMORCES. 221

(( Attendu la nécessité de constater judiciairement l'état où se trouve en ce moment le sieur K... (Bernard), quarante ans, comptable.

« Ordonnons qu'il y sera procédé par M. le D"^ Socquet, lequel après avoir reconnu l'état où se trouve le sieur R..., qui dit avoir été blessé par des débris, au-dessus de l'œil gauche, et au sommet de la tête du même côté, s'expliquera sur les causes de ses blessures ainsi que sur les conséquences qu'elles pourront avoir, notamment au point de vue de la durée de l'incapacité de travail. »

Serment préalablement prêté, ai procédé à cet examen, le 11 août 1885.

Le sieur R... (Bernard), quarante ans, est de taille moyenne et parait vigoureux. Il déclare avoir toujours eu une excellente santé, n'avoir jamais été malade. L'accident dont il aurait été victime remonterait à la nuit du il au 12 juillet dernier. Il déclare qu'à la suite d'une explosion qui se serait produite dans une pièce voisine de la sienne, il aurait reçu sur la tête des débris de plâlres qui lui auraient fait deux plaies, une à la lète dans le cuir chevelu, l'autre au-dessus de l'œil gauche. Ces plaies auraient saigné abondamment; mais le blessé n'aurait pas eu de perte de connaissance. Pendant quatre ou cinq jours, il aurait été obligé de garder ia chambre, puis il aurait pu reprendre son travail.

A.ctuellcment nous constatons sur le cuir chevelu, au niveau du pariétal gauche, la cicatrice d'une plaie récente, encore rougeâtre, linéaire, mesurant 2 centimètres de long, obliquement dirigée de haut en bas et d'avant en arrière.

Sur le bord externe du sourcil gauche et perpendiculairement, la cicatrice d'une plaie un peu irrégulière et mesurant environ 18 miUimètres de longueur.

Le blessé déclare qu'au moment de l'accident et pendant les quelques jours qui suivirent, les paupières supérieure et inféiieure de l'œil gauche étaient infiltrées de sang et complètement ecchymoliques. Actuellement on ne constate pas trace de cette ecchymose.

Conclusions. — 1° Le sieur R... (Bernard) porte sur le cuir chevelu, au niveau de la région pariétale gauche et à l'extrémité externe du sourcil gauche, la cicatrice de deux plaies à peu près linéaires, pouvant résulter d'un coup fait avec un objet contondant, tel qu'une pierre, un gros plâtras, etc.

2° Ces cicatrices n'entraînent après elles aucune infirmité per-

manenle ou temporaire, et l'incapacité de travail aura élé de cinq jours environ.

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