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CHAPITRE I

Mode d'emploi des explosifs.

Smplol de la nitroglycérine et des dynamites. — Préparation de la cartouclie-amoree. — Chargement des trous de mine. — Mèches. — Capsules. — Chargement sous l'eau. — Dynamites gelées. — Ratés.

l' Emploi de la nitroglycérine. — Quand on faisait usage de la nitroglycérine pour le sautage des roches, on préparait des trous de mines autant que possible verticaux ou au moins d'une faible inclinaison. Au moyen d'un entonnoir et d'un tuyau on déposait le liquide explosif avec précaution au fond du trou, puis on le recouvrait d'eau qui formait bourrage. On produisait ensuite l'explosion au moyen d'une capsule de triple ou quadruple force plongée dans la nitroglycérine et suspendue à une mèche imperméable.

Pour les roches fissurées, la nitroglycérine était enfermée dans un cylindre de tôle de même diamètre que le trou de mine et ouvert à sa partie supérieure.

De même dans le cas d'un trou de mine horizontal on plaçait la nitroglycérine dans une cartouche en tôle dont le couvercle était traversé par la mèche dans un joint parfaitement étanche ; on bourrait ensuite avec de la terre ou du sable.

Un des plus grands travaux de mine exécutés par sautages à la nitroglycérine est le percement du tunnel de Hoosac (États-Unis) par le docteur Mowbray ; ce tunnel, un des plus grands du monde, mesure environ 7,500 mètres de longueur. On employait l'un et l'autre des deux modes de chargement que nous venons d'indiquer ; toute-

fois des observations, faites avec beaucoup de soin, ont permis de constater que Tefifet était de 30 p. 0/0 plus considérable quand la nitroglycérine était simplement versée dans le trou de mine au lieu d'être enfermée en cartouches de tôle. Cette notable différence doit être attribuée à la détente qui se produisait à la faveur d'une petite quantité d'air emprisonné dans les cartouches.

2* Emploi de la dynamite. — Les dynamites, comme les autres explosifs, sont d'un emploi bien plus facile que la nitroglycérine. Elles sont livrées au commerce sous forme de cartouches solides^ plastiques ou non, mesurant de 20 à 25 m.m. de diamètre (dimensions les plus usuelles), et pesant de 90 à 100 grammes.

Tous ces explosifs détonent, comme la nitroglycérine, sous l'influence d'une capsule au fulminate de mercure auquel on met le feu au moyen de mèches.

Leur emploi comprend deux opérations: la préparation d'une cartouche-amorce, et le chargement du trou de mine.

L Préparation d'une cartouche-amorce. — On commence par couper la mèche de longueur ; puis on introduit l'une de ses extrémités dans la capsule qui correspond à la qualité spéciale de l'explosif. La mèche doit pénétrer dans la capsule jusqu'à toucher le fulminate. On serre ensuite fortement la capsule sur la mèche, de manière à ce que celleci reste solidement emprisonnée.

Il faut avoir soin de couper nettement et normalement le bout de la mèche pour obtenir un bon contact avec le fulminate. De plus, en serrant la capsule sur la mèche, on doit opérer avec précaution et éviter tout mouvement brusque qui déplacerait la mèche et l'écarterait du fulminate.

Le coupage des mèches et leur serrage dans les capsules s'effectuent facilement et très-commodément à l'aide de la pince Vian à double cran(fig. 15).

La mèche et la capsule étant ainsi préparées, on ouvre une cartouche par un bout et on y enfonce les trois quarts de la longueur de la capsule, puis on ramène le papier de la cartouche sur la mèche

autour de laquelle on le lie solidement, de telle sorte que celle-ci ne puisse plus bouger (fig. 16).

Fig. 15. Fig. 16.

Il ne faut introduire la capsule dans la cartouche-amorce qu'aux trois quarts de sa longueur pour être sûr que la mèche ne touchera pas l'explosif. Ce point est très-important, car s'il y a contact entre la mèche et l'explosif, celui-ci peut brûler sans explosion en donnant des gaz nuisibles à la respiration ; tandis que les gaz résultant de l'explosion complète, sans combustion, ne sont pas malsains, et Ton s'y accoutume aisément.

Si la cartouche doit être employée dans l'eau ou dans im endroit boueux, il faut avoir la précaution de graisser le joint de la capsule avec la mèche afin que l'humidité ne puisse pénétrer jusqu'au fulminate. Quand on fait usage de dynamites ordinaires qui s'altèrent rapidement à Teau, il est préférable d'employer des enveloppes de caoutchouc ou, mieux encore, des récipients étanches en tôle mince.

Quand on charge un trou de inine avec des cartouches de dynamite gelées, il faut avoir soin d'eifiployer, comme cartouche-amorce, de la dynamite préalablement dégelée.

On peut encore, suivant Trauzl, se servir pour amorce de cotonpoudre imprégné de nitroglycérine dans le rapport de 3 à 1 ou de 1 à 1, ou de fulmicoton chlorate ou nitrate. Ces amorces au fulmicoton

sont très-avantageuses dans les mines inondées, et lorsqu'on n'a pas à sa disposition d'autre explosif que la dynamite ordinaire.

Le choix d'une cartouche-amorce convenable est des plus importants ; et certaines fabriques de dynamite livrent avec leurs produits des amorces spéciales. La fabrique d'Isleten (Suisse) avait adopté pour ses cartouches-amorces la composition suivante :

Nitroglycérine .... 56

Nitrate de potasse ... 34

Charbon 6

Fulmicoton 4

Mais ce produit se comporte mal sous l'eau et ne donne de bons résultats que s'il est mis en feu peu de temps après sa pose.

IL Chargement du trou de mine, — Le trou de mine ayant été préparé dans des conditions qui varient suivant la nature des terrains et le résultat que Ton veut obtenir, on y introduit les cartouches en les serrant chacime séparément à l'aide d'unbourroir en bois de manière à remplir complètement le vide et à les mouler contre les parois.

Ce tassement doit être fait avec beaucoup de soin et il est d'autant plus facile que l'explosif est lui-même plus plastique.

Quand le remplissage du trou a été fait à la hauteur voulue, on introduit la cartouche-amorce, préparée comme nous venons de l'indiquer. On la dépose sur la charge, sans pression, pour ne pas s'exposer à déranger la capsule ; puis on verse quelques centimètres de sable ou de poussier de mine qu'on tasse légèrement. Au-dessus on achève le remplissage avec de la terre ou du sable en faisant toujours usage du bourroir en bois et procédant par petites quantités à la fois pour assurer l'efficacité du bourrage.

En général, la longueur du bourrage, comme nous l'indiquons dans une autre partie de cet ouvrage, 4oit égaler au moins ime fois et demie la hauteur de charge.

Quand le trou de mine est vertical ou peu incliné, on peut, avec certains explosifs, se contenter de faire un bourrage à l'eau.

Mèches et cordeaux détonants. — Les mèches dont on se sert pour

effectuer les sautages de mines à Ja poudre comme à la dynamite sont fabriquées au moyen d'un cordeau de poudre fine renfermée dans un double ou triple tissu. Elles sont blanches ou goudronnées.

Les mèches goudronnées conviennent particulièrement aux terrains humides ou légèrement mouillés et pour les sautages à l'air libre ; les mèches blanches, qui sont plus économiques, suffisent dans les terrains secs et en galerie .

Quand on opère dans des endroits très-humides, il faut faire usage de mèches dites à ruban et goudronnées ; on en trouve dans le commerce plusieurs catégories.

Pour des sautages sous-marins/ comme dans les mines inondées, on emploie la mèche à gutta-percha, simple ou enveloppée d'un ruban goudronné.

Les mèches sont généralement livrées, par les fabriques, en barils contenant 250 rouleaux de 10 mètres chacun. Quand elles doivent être transportées dans les climats chauds et humides, on les emballe par 100 rouleaux dans des caisses garnies de zinc soudé à l'intérieur ; on expédie de préférence les mèches à ruban goudronné doubles, les mèches dites imperméables brevetées^ et les mèches à gutta-percha simples ou enveloppées d'un ruban goudronné. Ces dernières sont très-souples, résistent parfaitement à l'eau et rendent de grands services dans certaines circonstances.

On calcule qu'une mèche Bickford brûle à raison de 1 mètre, en moyenne, par minute.

Ck)rdeaux détonants. — Le colonel Sebert, de l'artillerie française, a indiqué, pour remplacer les mèches, un nouveau mode de mise en feu pour les poudres et les explosifs. La transmission du feu aurait lieu presqu'instantanément au moyen de petits tubes en plomb chargés de coton-poudre pulvérulent; ceux-ci sont préparés au moyen de tubes ordinaires en plomb ou en étain, préalablement remplis de fulmicoton, puis réduits par l'étirage à un faible diamètre. Quand la matière employée pour l'enveloppe est le plomb, on la revêt d'une couche protectrice en chanvre. Ces tubes constituent les cordeaux détonants qui permettent de transmettre, avec une grande rapidité, une détonation provoquée par une capsule au fulminate.

Ces cordeaux peuvent être raccordés ensemble, de façon à obtenir telle ou telle longueur; ils peuvent être ramifiés et former des dérivations successives en nombre illimité. On peut même; en des points quelconques de leur parcours, établir des ramifications multiples capables de provoquer Texplosion de charges correspondantes.

On a proposé aussi la fabrication de cordeaux détonants à la nitromannite ; les expériences faites à la poudrerie de Sévran-Livry, par MM. Sebert et Fritsch, montrent que l'emploi de la nitromannite permettrait de faire usage de tubes plus fins qu'avec le coton-poudre. Toutefois, cette substance est douée d'une extrême sensibilité, et Tinflammation d'un tube peut faire détoner par influence d'autres tubes semblables placés à proximité.

Capsules au fulminate de mercure. — Les capsules spéciales pom' dynamites comprennent différentes classes qui différent entre elles par leurs dimensions et par le poids de fulminate qu'elles contiennent.

On peut les diviser en œurtes, longues et spécialement fortes ; le tableau suivant indique les dimensions les plus usuelles et la charge en fulminate par 1,000 capsules.

DÉSICNA.TION

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