‹ Les explosifs modernes: Traité théorique et pratique à l'usage desChapitre 15 sur 51 · PT^D · texte numérisé non relu

PT^D

un enduit de goudron et que l'on remplit d'eau acidulée (8 parties d'eau pour 1 partie d'acide sulfurique) au moment de l'emploi (fig.

40 et 41).

Cette pile est d'un fonctionnement très-suffisant.

Amorces improvisées. — Une petite tige de bois est percée à sa partie supérieure de deux trous obliques, se croisant diagonalement par lesquels on fait passer les deux fils conducteurs (fig. 42). Ceux-ci ont été préalablement recouverts de toile imbibée de goudron, afin qu'au croisement ils ne se touchent pas. En émergeant des trous, les fils descendent dans deux petites gorges où ils sont maintenus par deux ligatures ; leurs extrémités, qui dépassent la tige de 1 à 2 cen, timètres, sont applaties et recourbées, puis on les unit à l'aide d'un fil fin d'un métal quelconque. On enroule ensuite autour du bois un papier épais qui dépasse les bouts de fils de 1 à 2 centimètres de manière à former une sorte de cornet qu'on remplit avec une bonne poudre de chasse. On recouvre et on enferme la poudre avec une petite feuille de papier goudronné.

Quant aux fils conducteurs reliant les amorces à la pile, ils peuvent être de fer, acier, cuivre, laiton; il faut les isoler du sol oudesparoig de la galerie au moyen de pièces de bois. Si l'on opère dans un endroit humide, on les isole avec des bandes d'étofie trempées dans le goudron.

Appareils électriques employés ausautage des rochers de Hellgate^ à New^York. — Comme exemple des dispositions empolyées pour un sautage de grandes mines par l'électricité, nous donnons la description des appareils mis en œuvre parle général Newton.et ayant pour objet le sautage des mines simultanées pratiquées sur les rochers du Hellgate, dans le port de New- York.

L'appareil électrique comprenait un ensemble de 23 grandes batteries à immersion, composées chacune d'un certain nombre de batteries partielles. Celles-ci étaient formées de dix éléments de pile au bichromate renfermées dans une auge en bois. Les électrodes étaient de zinc et charbon,etle hquide, contenu dans des récipients de verre, était une solution de bichromate de potasse dans l'eau acidulée : les proportions étant d'unhtre et demi d'acide sulfurique concentré, 4 Vg d'eau, et 2^^,720 de bichromate.

Les dix électrodes zinc et charbon étaient suspendues à une barre de bois, et reliées en tension par de forts étriers en cuivre.

Les éléments extrêmes de chaque batterie partielle étaient munies de vis de serrage pour fils n^ 10. A. G.

La force électromotrice d'un élément pouvait atteindre 1,98 volt et sa résistance ne dépassait pas 0,12 ohms.

Deux gr^ds bâtis, construits dans la chambre des batteries, et, disposés l'un à l'Est, l'autre à l'Ouest, renfermaient chacun 48 batteries partielles ; ils étaient divisés en 24 compartiments contenant chacun deux batteries de 10 éléments .

Les barres de bois portant les électrodes étaient reliées à de longues tiges de fer auxquelles on pouvait donner un mouvement de rotation à l'aide de pignons et manivelle. Tout le système était équilibré avec des contrepoids convenablement disposés ; et il suffisait d'imprimer à la manivelle un mouvement d'un quart de tour pour faire plonger en même temps toutes les électrodes dans les récipients au bichromate.

Après l'essai définitif des piles, et les diflPérents organes étant parfaitement disposés, on réunit l'ensemble en 23 grandes batteries ainsj réparties: le bâtis Ouest fat partagé en 7 batteries de 44 éléments chacune et 4 de 43, les 480 éléments du bâtis Est furent accouplés en 12 grandes batteries de 40 éléments.

Fig. 43 à 45.

On établit ensuite la communication des fils conducteurs et de retour reliés aux amorces des charges avec un appareil spécial de fermeture du circuit fig. (43, 44 et 45) .

Cet appareil se composait de deux disques en bois placés l'un audessus de l'autre. Celui du haut pouvait descendre jusqu'à une petite distance du disque inférieur maintenu immobile. Le premier était traversé par 23 aiguilles ou chevilles de cuivre qui, après la descente, pénétraient dans 23 coupes de mercures fixées sur le second disque.

On relia par un fil les pôles négatifs de 23 batteries aux 23 che- • villes de cuivre, et on introduisit une fourche à 8 fils entre les pôles positifs et les cuvettes de mercure.

Les amorces étaient reliées par groupes de 20 au moyen de fils d'accouplement, de 1 millimètre de diamètre,isolés à la gutta-percha; et ceux-ci étaient unis aux fils conducteurs et de retour, de 2 mil. de diamètre et recouverts de deux couches de gutta-percha, qui communiquaient avec les pôles des 23 batteries.

Chacune de ces batteries devait donc produire l'inflammation de 160 amorces.

Le groupe de 20 amorces devait présenter une résistance de 37 à 40 ohms à la température de l'eau (63^ F).

Les communications étant ainsi préparées, on noya les galeries de mine. Puis, on réunit par faisceaux de 8 les groupes qui présentaient une résistance sensiblement égale, et on les fixa aux fourches à 8 fils. Chacun des nouveaux groupes ainsi formés fut ensuite rattaché, selon sa résistance totale, à une batterie de 44, 43 ou 40 éléments. La fermeture du courant s'établit de la manière suivante : Le disque supérieur de l'appareil précédemment décrit était soutenu par une corde au bout de laquelle était fixée une cartouche de dynamite, et celle-ci était munie d'une amorce électrique et de conducteurs communiquant avec une petite batterie à 600 mètres de distance. En fermant ce circuit partiel au moyen d'un commutateur Morse, la corde se rompait, le disque supérieur tombait avec ses chevilles de cuivre sur le disque inférieur, et le courant passait simultanément dans toutes les mines.

L^appareil de fermeture du circuit employé pour effectuer le sautage des mines du Flood Rock, le 10 octobre 1885, est plus simple que le précédent. Il se composait de deux coupes + C et — C, (fig . 46) à moitié pleines de mercure, et dans lesquelles plongeaient

Fig. 4G.

les deux faisceaux des fils positifs et négatifs. En mettant le mercure des deux coupes en communication électrique on faisait passer le courant dans toutes les mines. Dans ce but on électrisait du mercure dans ime troisième coupe D au moyen d'une pile portative P ; l'un des fils conducteurs de cette pile pénétrait dans le mercure du vase H- C, l'autre B était suspendu dans la coupe D au-dessus du niveau du mercure. «

Le fil B était soutenu par une corde retenue elle-même aune amorce A.

La mise en feu de cette amorce faisait tomber le fil B dans le mercure et le courant était fermé.

En prévision du cas où l'amorce eût raté sans parvenir à rompre la corde de retenue, on avait disposé au-dessus de la coupe D un en* tonnoir plein de mercure qui se vidait peu à peu et pouvait faire monter le niveau jusqu'au fil B en un temps déterminé .

Page 1