LES CARRIÈRES DE KAOLIN
La Grotte de la Mouthe n' 11 du plan
Si, du Rocher de la Peine, nous prenons la route de gauche qui suit l'étroit vallon de La Gaubcre, puis monte à tra\ ers les coteaux, elle nous conduit a La Mouthe. F>n passant, nous remarquons sur la pente opposée, de magnifiques rochers aux formes bi/arres. et au pied de l'un d'eux, les derniers vestiges d un atelier magdalénien.
Arrivés au village, distant des Ky/ies d'environ 2 kilomètres, nous nous adressons au propriétaire de la grotte, M. Lapevre, qui nous y conduit
La grotte, située à trois cents mètres de là, s'ouvre d^ns un petit vallon qui débouche dans la vallée de la Vézère près des carrières de kaolin. L'entrée, formée par un abri assez vaste, est murée en avant et sert, depuis bien des années, de cellier au propriétaire.
p]n 1895, ce dernier, voulant agrandir cette pièce, enleva dans le fond des terres contenant des os, silex, etc., et mit à jour l'entrée d'un long couloir.
M. (ias^on Berthoumeyrou, correspondant de M. E. Rivière, y pénétra en rampant, et ne fut pas peu surpris de remarquer, à 90 mètres de distance, sur les parois et à la voûte, des traits représentant des animaux.
Il prévint aussitôt Si Ri\ ière qui arriva sur les lieux et commença le déblaiement de la grotte ; ce travail a duré dix ans. Les fouilles qu'il a exécutées ont permis de trouver d'autres dessins et de les dater : la découverte d'une lampe en pierre dans la couche archéologique nous a révélé le mode d'éclairage des hommes des cavernes.
Descriplion de la grolle
Comme toutes celles de la région, la grotte de La Mouthe est formée d'un long couloir de 3 à 4 mètres en moyenne de large, sur 2 à 3 mètres de haut.
Jusqu'à 90 mètres environ, on n'aperçoit aucune trace de dessin, mais on peut admirer, par endroits, pendant des parties les plus élevées de la voûte, de belles stalactites bien conservées.
A cette distance nous remarquons sur le plafond et sur la paroi de droite :
1° Un animal (ruminant peut-être), profondément gravé, dont les contours sont rehaussés d'un trait à l'ocre rouge ;
2° A côté, un animal informe.
Plus loin, dans une petite galerie latérale :
3° Un magnifique renne ;
4° En avant un gentil bouquetin faisant face à :
5'' Un petit mammouth ;
6" A 1"50 plus loin, des bandes rouges et noires, pres-
3ue verticales, avec trois plus petites à chaque extrémité e la série, qui s'appuient contre cette dernière, représentent, d'après M. Rivière, une hutte vue de trois quarts ;
1° A côté, un dessin géométrique formé de deux lignes parallèles brisées.
Revenons à la branche principale.
A quelques mètres en avant, et toujours sur la même paroi de droite, nous trouvons :
8"^ Un charmant petit équidé ;
9° Derrière lui, la tête fort bien faite d'un cheval barbu ;
10° Puis de nombreux traits, et le corps d'un ruminant à tête fruste portant huit gros points noirs sur le flanc ;
11° A côté et au plafond, seize points semblables aux précédents ;
12" Enfin, un ruminant termine la série de cette paroi.
Retournons et examinons celle de gauche.
A une certaine distance du fond, nous remarquons :
13" Deux cervidés, dont le train postérieur est net, mais dont les têtes sont peu apparentes ;
14'^ Leur faisant face, un bison avec bosse très prononcée ;
15" Un deuxième, le suivant, dont le train de derrière est bien représenté, mais dont la tête est très fruste ;
16" Un peu plus loin, en face du premier, un ruminant dont la tête a complètement disparu.
Telles sont les principales œuvres d'art quaternaire que l'on peut voir dans la grotte de La Mouthe.
Rocher de Cayre-Vézère
Revenons au rocher de la Peine et poursuivons notre route sur Le Bugue. Nous apercevons bientôt, au milieu de la rivière, le rocher de Cayre-Vézère, gros bloc de pierre très redouté des bateliers.
L'Église de Guilhem (n" \b du plan)
Prenons ensuite le sentier de gauche et gravissons la pente qui nous sépare des rochers. Sur une terrasse, sous un abri formé par la falaise, se dresse un pan de mur : ce sont les restes d'une ancienne église des premiers temps du christianisme, connue dans le pays sous le nom d'église de Guilhem.
Au nord-est, sur une autre terrasse attenant à la première, sont creusées profondément dans le rocher 14 croix qui semblent correspondre aux 14 stations du calvaire.
Les Cavernes de l'Église de Guilhem in" 16 du plan]
A quelques mètres à gauche, et à peu près à mi-hauteur des rochers, s'ouvre une grande caverne. Nous aidant des pieds et des mains, grimpons à la roche. Nous y voici : c'est un grand abri avec deux ou trois galerie souterraines de quelques mètres de longueur seulement.
Il a été habité par des hommes préhistoriques ainsi que l'attestent les nombreux éclats de silex qu'on peut y recueillir : il fut vidé dans les premiers sièclesde notre ère pour servir de retraite aux chrétiens.
Dans une galerie dont l'entrée était presque complètement fermée par un mur de stalagmite, et qui, pour ceh» même, n'avait pas été vidée, nous avons pu recueillir des objets des époques magdalénienne et acheuléenne.
l ne autre caverne, beaucoup plus vaste que la précédente, lui fait suite. On peut y ramasser des morceaux de poterie et de verre du moyen âge ; elle a eu probablement la même afïectation que la précédente.
De cet endroit, on peut jouir d'un coup d'oeil magnifique qui embrasse Les Ev/.ies, Cro-Mognon. Tayac, Gorge d'Enfer et Lauaeried'un côté, et, de l'autre, toute la plaine de la Vézère jusque près du Bugue.
La Grotte du Renard (n° 17 du plan)
Revenons sur nos pas et explorons la chaîne de rochers qui s'étend vers Touest. A l'extrémité et à mi-hauteur se trouve une autre grotte connue sous le nom de grotte du Renard. D'un accès difficile, nous n'arrivons à l'étage supérieur qu'après avoir passé péniblement au milieu d'éboulis. Si nous remuons un peu la terre qui forme le plancher de la salle, nous recueillons de nombreux morceaux de poterie romaine.
Carrières de Kaolin de Pagenal (n° 18 du plan)
Reprenons la route et continuons notre marche vers Le Bugue. A environ un kilomètre, nous rencontrons les belles carrières de Kaolin de Fagenal ; elles sont très importantes et alimentent les grandi-s fabriques de porcelaine de Limoges depuis que celles de Saint Yrieix sont presque épuisées.
C^est M. Mercier-Pageyral, ancien élève de l'Ecole polytechnique, alors mairede la commune des Eyzies-de- Tayac, qui en fit la découverte en 1865 et en commença l'exploitation. Il se rendit ainsi utile au pays et contribua à sa prospérité.
Ces carrières sont actuellement exploitées par une société anonyme dont le siège est à Limoges. 11 existe une autre exploitation à peu de distance de là, au Queylou, et deux autres sur la rive droite de la Vézère.
Avec l'autorisation, qui est toujours accordée parles directeurs, on peut visiter les divers chantiers.
Fort du Pech Saint-Sourd in° 19 du plan)
En face de Pagenal, sur la rive droite de la Vézère, dans les rochers qui dominent le hameau du Pech-Saint- Soutd, on voit les ruines d'un ancien fort ; comme celui du Roc de Tayac, il joua un rôle important pendant la guerre de Cent ans.
Les curiosités les plus importantes des Eyzies ayant été vues, nous allons visiter celles des environs.