L'ABRI DU CAP-BLANC, LE CHATEAU
DE COMARQUE ET L'ABRI DE LAUSSEL
La Grotte de Vieil-Mouly (n° 26 du plan)
Des Eyzies, prenons la route de Sarîat ; après avoir dépassé la grotte des Combarelles d'environ 2 kilomètres, la route traverse la vallée et vient passer sous les grands rochers de Gazelle (n° 29 du plan) oui se trouvait un gisement magdalénien fouillé par le D' Lalanne. Deux kilomètres plus loin, nous arrivons à Vieil Mouly. Une habitation mal entretenue, flanquée d'une tourelle, et un moulin abandonné se dressent à cet endroit.
Prenant le chemin qui gravit la pente et qui nous conduit aux rochers qui couronnent la colline, nous arrivons à une grotte : c'est un vaste souterrain avec plusieurs ramifications et un puits au plafond, comme il en existait autrefois dans beaucoup de cavernes. Elle n'otîre rien de
particulier. Cependant les débris de poterie recueillis dans quelques galeries nous prouvent qu'elle a été habitée depuis l'âge de la pierre ; saut cela, nous n'y découvrons pas de traces de l'industrie de cette dernière époque.
La Grotte de BernifaI (n» 26 du plan) (1)
Revenons à Vieil-Mouiy. Là, quittant de nouveau la route, nous nous engageons dans le sentier qui traverse la vallée tourbeuse, puis monte à travers bois dans une gorge à peu près circulaire.
A 5oo mètres environ de la route et à 20 mètres environ au-dessus du fond de la vallée, au milieu d'un épais taillis, s'ouvre un orifice ressemblant àcelui d'un puits: c'est l'entrée actuelle de la grotte à gravures de BernifaI, que j'eus la chance de découvrir au mois d'août 1902.
Pour y pénétrer, il faut descendre à l'aide d'une échelle de fer, après avoir ouvert une trappe également enfer, le tout établi par la section préhistorique de la Commission des monuments historiques On pénètre par le plafond d'une des salles, l'entréeancienne étant complètement obstruée parles éboulis et les terres.
Cette caverne se compose de trois salles réunies par des couloirs plus ou moins étroits. Elle est admirablement ornée de stalactites et de colonnes. Rien n'a été encore cassé, la grotte étant peu connue et d'accès très difficile.
Un grand nombre de dessins couvraient certainement toutes les parois à l'époque paléolithique; malheureusement ils sont cachés par une couche assez forte de carbonate de chaux cristallisé. Ce n'est que dans la seconde salle^ où elle est moins épaisse, que j'ai pu découvrir les figures suivantes très nettes.
Ensuivant la paroi de gauche:
No I. Deux signes tectiformesempiétant l'un sur l'autre.
N° 2. Une jolie têteavec départ des cornes bien indiqué.
No 3. Un nouveau signe teciiforme auquel fait suite:
N° 4. Unautre àangles mousses forméd'uniraitcontinu, sur lequel on remarque un autre signe à plusieurs traits.
Passant à l'autre paroi delà même salle, en face, dans un petit diverticule, nous remarquons :
N" 5. Un petit équidé galopant ; derrière lui, une jolie tète de chèvre ou de chamois.
No 6. Un peu plus vers l'entrée, un cheval dont la tête est cachée sous la stalagmite.
No 7. La silhouette d'un mammouth, avec, sur la tête, deux signes tectiformes.
(1) Pour visiter, s'adresser au propriétaire de Vieil-Mouly.
No 8. Plus en avant, un autre mammouth, très bierl représenté.
No 9. Derrière lui, deux signes tectiformes complets superposés.
N° 10. Au-dessous, un très bel animal, dont la tétedisparaît malheureusement sous la stalagmite,
Noii. Un peu à gauche et à la mémehauteur, un petit bison finit la série des figures bien nettes.
Dans un petit couloir latéral élevé de la salle du fond, on peut voir trois gravures de mammouths.
Nous avons publié une étude de cette grotte en collaboration avec le docteur Capitan et l'abbé Breuil.
Notre visite terminée, nous reprenons le chetnin de Vieil-Mouly.
Grotte de La Grèze <n° 30 du plan) (1)
Revenons vers LesEyzies. au confluent des deux Beû nés. Prenons la route qui remonte la vallée sauvage et pittores-
Bison gravé sur les parois de la gro te de La Grèze , près les Eyzies (Dordogne)
que de la Grande-Beûne et qui la traverse au Mas-Nègre. Laissant à gauche, au pied de la falaise à pic, un gisement aurignacien ffouilles Bourlon), la route monte à flanc de coteau.
Au premier tournant, un sentier, filant à gauche dansla
(1) Le gardijn du Cap-Blanc fait aussi visiter La Grèze.
lande, conduit à la grotte de La Grèze. Elle fut découverte en 1904 par M. Ampoulange. Il y pratiequa des fouilles qui lui donnèrent quelques pièces du solutréen supérieur et un plus grand nombredu vieux magdalénien. C'est en la vidant qu'il aperçut les dessins muraux qui ont dû leur conservation aux terres qui les recouvraient. Les parties situées à Tair libre ont complètement disparu.
La caverne se compose d'une salled 'environ 7a 8 mètres de long sur 5 à 6 mètres de large, continuée par un couloir encore inexploré.
C'est dans la première partie qu'on remarque une gravure de bison profondément incisée, à contours raides ; les quatre jambes et une partie du ventre d'un autre animal et quelques restes d'autres dessins. Cette grotte appartient au docteur Capitan.
Abri à sculpture du Cap-Blanc (n° 28 dv plan) (1)
Reprenons la route. A 3oo mètres environ plus loin, un sentier, sur la droite, nous conduit à l'abri à bas-reliefs^du Cap-Blanc ou de Laussel.
Cheval Sculpté sur les parois de l'abri du Cap-Blanc, près les Ey^ies (Dordogne)
En 1909, des fouilles furent commencées à cet endroit, par Peyrille, pour le compte et sous la direction du docteur
(I) Pour visiter, aller au hameau de La Grèze à environ 300° et de mander Veyret. Les automobilistes le préviendront en cornant.
Lalanne. Elles mirent à découvert une couche archéologique dont rindustrie et la faune se rapportent au magdalénien ancien.
Lorsque l'abri futpresque vidé, on aperçut, sur ses parois mises à nu, de proton des incisions. On enleva soigneusement le dépôt terreux les remplissant. On se trouva alors en présence de bas-relie(s magdaléniens dont quelques-uns étonnent par leurs proportions et leur fini. . La plus belle sculpture représente un cheval mesurant 2 m. I 5 de long et dont le poitrail est en saillie de o m. 40. La lête, le cou et le dos sont d'un modelé parfait qui fait rêver les sculpteurs actuels. Malheureusement, les pattes ont été cassées anciennement et n'ont pas été retrouvées dans les fouilles.
Au-dessus, deux cervidés se suivant, dont les têtes sont finement ciselées. Celui de derrière semble caresser l'autre en lui mordant l'oreille.
En avant du grand équidé, on en aperçoit deux autres moins bien traités.
En arrière, on remarque deux autres grands chevaux beaucoup moins en relief, avec deux petits bisonsen dessous.
Ce sont les premières sculptures rupestrespaléolithiques qui aient été signalées. Il faut espérer que ce ne seront pas les dernières.
En avant du grand équidé, dans une vitrine, on voit le fac-similé d'une sépulture magdalénienne, découverte sur ce point même, peut être celle du décorateur.
Les Châteaux de Comarque et de Laussel
(n'>^ 27 el 31 du plan)
Du Cap-Blaoc, on aperçoit, à quelques centaines de mètres en amont, sur un rocher escarpé, dans un site des plus pittoresques et des plus sauvages, les ruines imposantes du chàieau de Comarque (xiii» siècle). Il domine la vallée tourbeuse de la Beûne et semble défier l'humble casiel de Laussel (xvi** siècle) qui est en face de lui.
Comme tous ceux de la région, il joua un rôle important pendant la guerre de Cent ans. Tardes nous conte que le 23 avril 1406, il fui pris par trahison parles Anglais. Le propriétaire, le sieur de Beynac, fut fait prisonnier avec toute sa famille et le château pillé. Il fut rendu aux Français moyennant une forte rançon.
Ces lieux naguère si animés, si vivants, sont plongés dans la désolation et dans l'oubli. Rien ne vient plus en troubler la solitude que le chant des oiseaux, ou celui, plus monotone d'un jeune berger, ou la visite d'un touriste amateur de belles ruines et de souvenirs anciens.
Grand Abri de Laussel no 32 du plan)
Suivanttoujours la route, à 5oo mètres environ en amo du château de Laussel, un chemin, descendant dans vallée, nous conduit à un abri oia le docteur Lalanne a h excuter des fouilles considérables et très systématique par Si)n chef de chantier Peyrille. Cet endroit a été ha'oi pendant presque toute la période de la pierre taillé' i'acheuléen, le mousiéricn, l'aurignacien, le solutréen et mag-lciiénien y sont représentés. C'est un des plus bcai gisements qu'on connaisse ; il a fourni d'admirables C( leciions au docteur Lalanne.
TelTes sont les principales et très diverses curiosités d Evzies et des environs. Leur réunion dans unespace au limité ne se trouve que là.
Grâce aux indications que nous avons données dans petit guide, on pourra voir facilemennt toutes ces curiu tés, les étudier, et rapporter, nous l'espérons, du voya aux Evzies, un souvenir inoubliable.
Imprimerie G. EYBOULET & FILS — Ussel (Corrèze)
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