LU CHAT ET LE CUISINIER
Dans un garde-manger que dévastaient les rats. Un cnisinier, moins prudent que Gdéle,
Avait placé pour sentinelle Son favori Hignou, qui du peuple des chats
Ëtail le plus parfait modèle.
C'était pour le gardien un poste pénlleux.
Le famet d'un pâté troublait sa conscience, Et l'appétit du drâle était fort chatouilleux. Mignon pourtant fait bonne contenance.
Il se lèche la patte, il se frotte les yeux.
Il approche, il reente, il se roule, il s'allonge.
Et par mille c
I. CMte fable, et deai lulres qa'oa trouTBia plus loin, ont déjà été pnblUe» dant le Mcueil d«a tablai de Krilof, colleedrenient triduita par le> poilea dn leDipi, qui s'empreHinnt tout de répondre ■ l'i|>pel de l'aimable et bonne uunteiiK OrlofT, li rcgrettilile pour inn opiit, pour l'amémlii de un ometère, pour «n fftbt n pn et à éeUiré.
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Cherche à se délÎTrer de ses tentations.
Mais de son nuùtre, hélas! l'absence se prolonge. Tout s'use avec le temps, même la loyauté; Et la faim de Mignon a longtemps résisté.
II gratte la terrine, et puis fait une pause ; Sa patle sur le bord nonchalamment se pose; Il jette sur la croûte un regard de côié.
Il flaire le couvercle, il le lève, il s'arrête :
Il tourne et retourne la tête; Mais son palais en est fort humecté; Et par ce jeu fatal sa langue affriandée,
Sa dent même s'est liasardée.
Bref, la faim l'emporta sur la fidélité, Et, quand le cuisinier revint à son service,
Il ne trouva plus dans l'office
Que les débris de son pâté.
Je crois à la vertu, mais elle est bien fragile ; Elle a, dans l'intérêt et surtout dans la faim. Deux puissants ennemis que je cite entre mille.
Leur résister jusqu'à la fin
Est chose rare et dîfGcile.' U faudrait l'enfermer dans un étui d'airain.
Et nous ne sommes que d'argile.
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