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LE LOUP ET SES CONSEILS

I>es appréu d'une chusse un loup fort alarmé Avisa, sur la brune, à travers une grille,

Un chien courant djns sa loge enfermé ; Et, se disant de la famille :

■ Consin, dit-il, je ^lens te consulter.

En tous lieux, je le sais, ta prudence est connue. Dans nos forêts demain on fait nne battue; On en vent à mes jours. Dois-je fuir ou rester? ■ Pfotre chien, qui déjà se faisait une joie

De le chasser le lendemain, Craignait qu'en émigrant le prétendu couiîin

Ne lui ravit son plaisir et sa proie.

•> D'où te vient, répond-il, ce ridicule effroi? Les lonps, s'ils le savaient, se moqueraient de loi. Il est dans nos forêts mainte grotte profonde Où tu pourrais braver tous les chasseurs du monde.

Pourquoi donc changer de pays?

Il faut rester, c'est mon avis.

— C'est l'avis d'nn sot ou d'un traître.

Lui réplique le loup en lui montrant les dents. Ualhenr k qui suivrait tes conseils imprudents! Je le croyais plus sage. > Et, prompt à disparaître. Notre quêteur d'avis « regagné les champs;

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Quand, an delà d'un large précipice, Il aperçoit un daim couché sur le gazon, Et le prie à son toar d'éclairer sa raison :

■ Car, disait-il, le donte est nn affreux supplice. •>

Le daim, qui sous sa dent avait peur de finir,

n'eot garde de le retenir; Et, fort impatient d'abréger l'entrevue.

Lui conseilla de déguerpir

Avant que l'anbe fût venue.

■ Merci, répond le loup; c'est parler sensément Je vois dans ton conseil une amitié sincère.

Je le suis sans perdre un moment; Et j'ai bien du r^ret d'avoir mangé Ion frère. >

Sans être loups ni rois, noos sommes tons ainsi.

Qui demande conseil a déji pris parti.

Et c'est l'intérêt seul qui le donne on le prise.

S'il contrarie, on le méprise :

S'il flatte notre idée, on lui répond merci ; Biais, si Dieu ne s'en mêle, on n'en fait qu'à sa guisv.

BBAH* ET LE CIHÛN.

Le temps n'est plus oà, par excès d'envie Les' grenouilles crevaient à force de s'enfler.

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Chacun s'enfle aujourd'hui sans vouloir se régler. U rage de grandir n'est jamais assouvie.

EsE-«e un mal? est-ce un bien?je ne dis oui ni non;

Mais je tiens d'un sage d'Asie Un conte qui pourra nous servir de leçon.

Pendant son exil sur la terre, Brama,' dormant un jour dans l'île de Java,

Allait sentir le dard d'une vipère, Lorsqu'en le chatouillant un ciron le sauva.

Les dieux, eurent toujours de la reconnaissance :

Ils ne sont ni peuples ni rois.

Brama dit au ciron : « Je reprendrai mes droits; Et, si tu viens alors invoquer ma puissance.

Foi d'habitant du Paradis,

Tes voeux seront tous accomplis.

Au jour venu, ciron ne tarda guère.

* Brama, dit-)l au dieu, tu m'as fait trop petit. Je veux être fourmi, s Crac, sitôt qu'il eut dit.

Le voilà, selon sa prière.

Citoyen d'une fourmilière.

Chose nouvelle plait toujours;

Et son bonheur dura deux jours.

Hais le troisième, il vit une belette.

Trottant, leste et gentille, à travers les épis.

' Oh I cria-l-il, la belle bête I Peut-on rester près d'elle au nombre des fourmis? *

A p«ne a-i-il parlé, sur sa croupe allongée,

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lOÎ LIVRE in.

S'étend un poil fonve et soyeux ; Rd museau délié sa trompe s'est changée ;

Et moD animal tout joyeux Va, l^er et fringant, à travers la campagne.

Chercher sa nouvelle conipagne.

Quand nn lapin vient s'offrir à ses yeux.

Soudain nonvean désir dans sa léte fermente.

Il se compare encore, il rougit, se lam«ite De rencontrer pins gros que lui ; Et de Brama la bonté complaisante Ne se lasse jamais de calmer son ennui. Bref, il devint lapîa, puis renard, puis gazelle, Zèbre, cheval; ce fut atout moment Nouveau souhait, nouvel accroissement, Et métamorphose nouvelle.

Enfin, de l'éléphant atteignant la hauteur,

Il ne vit plus dans la nature entière Vu être dont il pût envier la grandeur;

Et son céleste bienfaiteur Crut avoir exaucé sa supplique deroière.

Vain espoirl dans ses vcenx l'orgueil n'a point de irein. S'il ne peut plus monter, l'égalité le blesse. Notre éléphant d'hier voulut, le lendemain.

Être le seul de son espèce.

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FABLE XrV.

LES AVENTDRES d'uNE BALLE.

Par le salpêtre une balle lancée Fendait l'air et l'espace, et dans bien looins de temps Que D'en mettra ma prose cadencée A Tons conter les incidents D'une aussi rapide odyssée.

Dès son début, nn seqnin d'or Croit vainement en arrêter l'essor.

Kle brise eo passant cet obstacle éphémère.

Et le seqnin, en éclats dis|)ersé, A l'iastant même est ramassé Par denx fils de Bobert'Hacaire.

Bienlàlnn grain d'encens, par les vents em|ioné.

S'est rencontré sur son passage ; Héote destin : l'encens, par la balle écarté,

De deux oisons est le partage.

Pins loin, c'est un amas de boue et de famier. Où semble finir sa carrière, Quand, bondissant sur une pierre, Elle ressort du fétide bourbier Dans sa vitesse et sa vigueur première.

Mais après tant d'efforts oii va-l-elle aboutir? Dans un monceau de sable enfouie et perdue, £lle ne laisse enfin de sa roule inconnue Ni vestige ni ■ouTenir.

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Tel va droit à son but, sans que rien le dérange,

Un homme jasle et Terme en ses dé«irs constants,

Dédaignant l'or et la lona!nge, Que le hasard, par un caprice étrange.

Jette parruisaox sots, Tripons et charlatans; Et passant à travers les vices de son temps,

Comme la balle dans la fange.

Hais trop souvent, hélas! quand son râle est fini. Au bout de son chemin, que trouve-t-il? l'oubli.

FABLE XV

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