LE PORC'IÉPIC ET SA FAMILLE
Des jardins richement tenus, De fleurs, de fruits et d'ombre abondamment pourvus. D'un nabab de Misore amusaient l'indolence.
Mais pendant son sommeil cent animau:t gourmets, Marmoies, écureuils, putois, lézards, furets,
S'en disputaient la jouissance.
Faisaient à ses dépens grande chère et bombance, Souillaient et dévastaient pagodes et bosquets.
Laissant partout de leur liesse
Des vestiges de louie espèce.
Le nabab, qu' ennuyaient ce bruit et ces larcins.
Choisit, pour garder ses jaitlins.
Un |>orc-épic, animal domestique
D'un naturel un peu rustique,
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Sachant très-bien qne de ses dards U poursuivrait Ions ces pillards.
Le choix était parfait. Le gardien intraitable Fit à tous ces vauriens une guerre de diable ;
Et le nabab, de son zèle enchanté.
Applaudit k sa fernieté.
Hais OD beau jonr, pendant sa promenade.
Voyant un animal qui, sans peur, sans façon,
Rongeait un saperbe melon, Il dit an porc-épic ; f Qn'est-ceci, camarade? — Seigneur, fit le gardien, c'est un de mes enfants Qee j'ai fait tout exprès venir des bords du Gange.
D m'aide an peu ; vos jardins sont fort grands ;
Et, poiaqu'il sert, il est juste qu'il n)auge.
Le nabab ne dit mot et poursuit son chemin.
Lorsqu'à cent pas de là se préseote à sa vue Un second porcépic mangeant une laitue.
Il s'informe, même refrain.
C'était encore un fils, zélé comme son père.
Un peu plus loin se découvrit un frère,
Puis deux neveux, puis un cousin, Enfin de porc-épics nne famille entière, Ajant pour le patron l'amour le plus ardent.
Bon pied, bon <eil, et surtout bonne dent.
Le nabab indigné les gourmande, les chasse,
Et met un gros chien k la place :
Trois jours après, dans ses jardins.
Il oe retrouva qne des chiens.
iW LIVRE 111.
CtuGUO pour soi, disaient nos pères.
Nous disons : chacun pour les siais.
Dès qu'un homme arrive aux affaires, A. tout ce qui loi dent il doit des honoraires. Les bons parents fcmt les bons citoyens.
Ainsi, pour ailiuirer ces vertus de famille, N'allez pas vers l'indus mettre la voile au v^il
L'Almanach Rojal en fourmille ; Chea DOS hommes d'Ëtat cette qualité brille;
. Mais on les change trop souvent.