LE DÉSŒUVHÉ ET LE PAPILLON
Les pieds sur les chenets et l'oeil sur sa pendule. Un vieillard de ti-ente ans, usé par les plaisirs , Languissait accablé du poids de ses loisirs.
■ Le temps s'avance pas, disait-il ; il recule. Les heures n'ont jamais marché plus lentement. Comme sur le cadran cette aiguille se traîne 1
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FABLE 11. i
Ponr en faire le tourj elle va sdrement Employer toute nne. semaine. >
Tandis qa'ainsi contre l'aisiveté
Se débattait notre homme à tête vide,
Que, soQs nn joug de plomb, l'ennui, tyran stupide,
Sur son large fauteuil le tenait hébété,
Un papillon charmant, aux ailes azurées.
Entre la pendole et ses yeux.
Passe comme l'éclair sou<t la voùle des deux;
El, trompé par des fleurs que l'art a oolorées,
Y repose un moment son vol capricieux.
Mon détcenvré s'arrache à sa triste indolence; Il veut ce papillon : il se lève, il s'élance. Il court à sa fenêtre, et la ferme à grand brait. Armé de son mouchoir, il l'agite, il le lance A cet enfant de l'air, qui l'esquive et le fuit. De fauteuil en fauteuil, de retrute en retraite, Dn plafond à la vitre il le chasse, il le suit.
Le papillon jamais n'arrête.
Et dispute longtemps sa vie et sa défaite.
L'espace n'est pas grand, mais ils font plus d'un tour; Et, quand on va d'une façon si leste.
Dans le salon le plus modeste, On peut faire en tournant bien des postes par jour.
Mais dans son vol enfin il se laissa surprendre.
D'im coup de mouchoir étourdi.
Le pauvret au vainqueur fut forcé de se rendre ;
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iik LIVRE IV.
El la pendule alors ayant sonné midi :
« Quoi! s'écria mon homme, elle rêve, ou je me Tu m'as donc fait courir une grande lieure ?
Comment diable a-t-elle fini?
— Comme finiront tes journées, Quand tu sauras les employer, Lui répondit son petit prisonnier ; Et l'ennui, ce fléau de tes belles années,
Ne viendra |ilus s'asseoir à ton fover.
Le travail le Tait fuir, l'oisiveté l'attire. J'étais venu pour te le dire. >
LB CRITIQUE ET LE BARBtT.
■ Paix ! disait un critique à son barbet grogneui-. Qui de ses aboîmenCs et de sa dent aiguë Pressait un écrivain de louanges quêteur; Paix ! qu'a fait ce monsieur pour te mettre en fureur
Et le poursuivre dans la rueî — C'est qu'il m'est inconnu, répondit le barbet; Et mes mœurs dans ce casse règlent sur les vùires, Vous louea vos amis et vous mordez les autres.
Si j'ai tort, vous avez mal fait. ■
Le critique sourit à ce trait de satire, Reconnut son élève et ne sut trop que dire.
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Mai'j le maître el le chien ne suivaient Du monde et de ses coteries.
On prostitue à ses élus Les louanges, lesâalteries.
Et l'on aboie aux inconnas.