‹ Les fables complètesChapitre 40 sur 110 · S6 UVRE IV · texte numérisé non relu

S6 UVRE IV

Nos pépins, sans sève et sans germe.

Ne produiront Jamais ni feuilles ni rameaux.

Et l'arbre se riait de leurs plaintes amères; Aux ardeurs du Lion il avait résisté.

Et, toujours fier de sa prospérité,

Traitait leurs craintes de chimères.

Un coup de vent, hélas ! leur donna trop raison. Le pommier de ses fruits ne vit pas la saison; Sons leur fardeau Irop lourd ses branches éclatèrent Cet arbre si superbe, effeuillé, déchiré.

Ne fut en un moment qu'un tronc défiguré, Que la hache et les coins à l'envi dépecèrent. Dépouillés comme lui, mutilés par le fer.

Dans le bûcher commun ses rameaux le suivirent; Et ses ft-nits, que la pluie et le soleil flétrirent, Furent le vain jouet des vents et de l'Iùver.

Telle est des potentats la vanité commune.

Leur égoïsme aventurenx

Ne songe point anx malheureux Que l'honneur ou le zèle attache à leur fortune, Qu'ils peuvent dans l'abîme entraîner avec eux. Il est pourtant besoin qu'on les serve et les aime ;

L'intérêt du pays le veut ; Mais eu les sei'vani bien, il faut, quand on le peut.

Ne dépendre que de soi-même.

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LB VOLEUR ET LA MACHinE ÉLECTniQDE.

Un homme possédait deux grandes qualités :

Il élait à la fois philanthrope et bon père.

On fait, avec ce caractère.

Des projets de réforme et des enfants gdtét.

Le sort des prisonniers révoltait sa nature; El, ponr les criminel» tout pétri de pardons, 11 «onlait tapbser, parqoeter les prisons, Les poDrvoir de pain blanc, de bonne nourriture,

Si bien qu'un pauvre laboureur Pour y passer l'hiver se serait fait voleur, Loin de mourir chez lui de faim et de froidure. Mais l'intérêt de la société,

Ses dangers ne le touchaient gu^es.

La peine de mort, les galères.

Etaient des attentats contre l'humanité.

Un jour qu'il donnait audience i. l'un de ces vauriens qu'avait en liberté, Pour la troisième fois, remis son assistance,

Pendant qne, d'un oeil attendri, n écoutait du nouveau repenti

Les serments de résipiscence.

Il fui distrait par un grand cri. Celait son jeune fils, vrai fléau domestique,

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Qui, pour jouer à sa façon, Ayant cassé trois roenbles da salon,

Sur une machine électrique Ava.it voulu frapper de son bdton.

L'étincelle, en partant, l'avait Trappe lui-même. Les bras de mon espiègle en étaient engourdis,

Tous ses membres endoloris, Et son Tront trahissait une Trayeur extrême.

• Il n'y touchera plus,, dit l'honnête larron Au père, dont les yeux observaient en silence

L'aliiiude de son garçon.

La machine a, monsieur, plus d'esprit qu'on ne peux. On ne corrige pas toujours par l'indulgence.

Un rude châtiment a quelque/ois du bon.... •

El là-dessus il fît sa révérence.

Hab, un moment après, mon homme s'avisa

Que sa bourse n'était plus là.

■ Il m'a volé, se dit-il ; et le tr^tre Enrùllant mon système a>a(t raison peut-être; Car enfin, si du bagne il n'était pas sorti, Mon argent avec loi ne serait point parti.... Si mes meubles frappaient l'enfant qui les lutine.

Le lutin n'y reviendrait pas. a Et, tout en combinant ces faits et sa doctrine. Mon utopiste en vient à se dire tout bas

Qu'un philanthrope, en pareil cas.

N'en sait pas tant qu'une machine.

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