PRÉFACE. XXV
connue Athalie : Je tai m, ou comme Oi^on ; de mei propres yenx vu, et j'ai regretté vingt fob dans ma vie de n'avoir pas gardé cette prédeuse feuille. L'exemple ne m'a servi de rien; et, ponr en revenir à mes premières fables, j'ai fait nne édidon unique déplus de deux mille. J'ai en tort et j'en ai eu bien d'autres de ce genre, hepki- Uppe Auguste dont j'ai parlé ne se trouve plus que sur les quais, parmi les débris des bibliothèques privées, et je ne songe qu'aujourd'hui à ie reproduire. M* Promenade philotaphique au cimetière du Père~Lachaise a été épnisée en dix-huit jours-, c'était en iSa4 ; l'éditeur est mort et j'ai tardé plus de vingt ans à en chercher on second. Jeunes gens, ne m'imitez pas ; ne passez point tout votre temps dans votre cabinet. Courez, trottez chez les libraires, chez les journalistes ; multipliez vos éditions surtout. Ne laisses pas chômer votre nom; notre siècle est encombré de grands hommes : la renommée s'enroue à les proclamer; malheur à ceux qui se laissent oublier I Vous obtiendrez tout au plus nn article nécrologique, et tout sera dit. Encore n'est- ■1 pas bien sâr qu'an moment où vous mourrez , la place de votre panégyrique posthume ne sera point prise par un incident, nn bulletin, par quelque chose comme une révolution. Moi qui vous parle, j'avais droit à deux éloges funèbres : l'un au Luxembourg, l'autre an palais de l'Institut. J'y comptais comme sur la mort. Eh bien! le premier m'a été enlevé avec mon manteau de pair, que j'ai sagement fait de ne pas acheter, et qui de vous me répondra du second?
Je voudrais clore iâ cette longue préface ; mais j'ai nne vieille querelle à vider avec un auteur d'un grand renom,
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Txm PRÉFACE.
qni, malgré la prodigieuse abondaiire de ses prodnctînns, tronve le temps de critiquer celles des autres. Il n'a pas lu mes premières fables, mais ses yeax se sont portés sur le frontispice, et il a regardé comme unt^ étraugeté qoe je nie fusse intitalé l'un (fei i/oarante df F Aradémie française. Snis-je obli^'é de lui dire que cet usage a été constamment suivi depuis le^ dix fondateurs de l'Académie jusqu'A l'Auvei^at Cbanafort, qni déshonora sa vieillesse en provoquant la deslrncdon d'une compagnie qui lai avait fait plus d'honnenr qn'i^lle n'en avait reçu de lui? On tronve cette locution jusque dans des épitaphes de ses membres : unus ex quadraginta, a-t-on dit dans celle de Boilean. Si, depuis la résurrection de l'Académie, cet usage a été abandonné, je n'y vois pas nu motif ponr na'empècber de le reprendre. Depuis que l'abolition progresûve de nos vieilles institutions nous a conduits insenàblement à l'oubli de tous les principes et au chaos des utopies, j'avoue franchement que je raccroche tout ce que je peux du naufrage général ; et, comme je sois payé pour conserver la langue des deux derniers siècles, je lui laisserai tant que je le pourrai ses formules et ses tournures. Je combattrai en même temps tons les mots nouveaux que messieurs les fantaisistes politiques et littéraires voudront nous imposer, vinssent-ils de nos Lycurgues, comme le verbe acclamer^ qu'il a plu â la petite Constituante d'inventer en l'honneur de son œuvre. Merci pour le tout. Je ne veux ni dn verbe ni de ses auteurs. S'il m'arrive de pécher contre la langue de Molière, de Badne et de Voltaire, ce sera bien malgré moi. Il n'y a que trop de démolitions, et j'ai assez des démolisseurs. Les hommes de