L ANE CHARGE DE VESSIES
Un Ane, chargé de vessies, Traversait gravement un populeux quartier, El disparaissait tout entier Sous cet amas de peaux bouffies.
Deux ou trois cents ballons, l'un à l'autre liés, S'élevaient en monceau sur le dos de ma bête, Retombaient sur ses flaocs au niveau de ses pieds. L'enveloppaient enGo de la queue à la téte-
' Ce n'était pas te plus lourd des faraeaux.
Mais ces ballons gonflés tenaient un lai'ge espace; Et les piétons, voitures et chevaux
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5'écartaicnt pour lui Taire place.
Cette hAte, ce soin qu'on met à l'éviter, Ces regards qui sur loi paraissent s'arrêter Sont à ses yeux respect et déférence.
Il en prend de l'orgueil et des airs d'importance;
Et mon baudet se rengorgeant
Se croit au moins un éléphant.
Mais par malheur, sur son passage, Se renccHatre an ooéchant gamin.
Qui, tenant par hasard un poinçon à la main.
De piquer ces hallons se fait un badînage.
Par mille trous bientôt s'échappe et fuit le vent. Les ballons désenfles s'en vont tous en mourant; Et mon âne, sur qui cette pile s'affaisse.
Réduit à sa chétive espèce, Passe à travers les flots d'un peuple indifférent Sans qu'un regard sur lui se détourne et s'abaisse.
Cet espiègle et son jeu me semblaient aœnsanis.
Je pensais à tous ces pygmées.
Que l'intrigue aujourd'hui nous donne pour géants, Dont sectes et partis gonflent les renommées. Qui du poids de leurs noms écrasent te bon sensj Et, lassé de subir ces gloires de fabrique :
« Prends ce poinçon, criais-je à la raison publique, Crève tous ces ballons, Taîs-les tomber des cieus; Et, sous leurs peaux flasques et vides.
Montre i. leurs courtisans stupides Les oreilles de ces faux dieux, "i
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