‹ Les fables complètesChapitre 74 sur 110 · LS TOUET DU POSTILLON · texte numérisé non relu

LS TOUET DU POSTILLON

Dans un coupé de diligence.

Je gagnais ma maison des champs, Pressé comme toujours d'y trouver le silence,

Les doux loisirs et les fleurs du printemps; Et bien loin de répondre à mon impatience.

L'attelage engourdi cheminait à pas lents.

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FABLE VU. ik

Ses trois chevaux |ionrtaDt me semblaient pleins de vie. I^ars vigoureux jarrets, leur croupe rebondie, Leurs poitrails, tODt en eux regorgeait de santé. Le postillon par nos cris excité.

Par ses jnrons, par sa voix menaçante, Excitait à son tour lenr allure indolente.

Vain espoir ! vain conrronx : le trio se jooait De nos cris et de sa détresse; Et d'où venait tant de paresse?

C'est que le pauvre diable avait perdu son Tonet.

Il le retrouve enfin ; et sa main triomphante. Sans frapper ses coursiers, sans efBeurer leur dns.

Fait de sa lanière vibrante

Siffler les airs et les échos.

prodige! tout se réveille.

Les chevaux ont dressé l'oreille.

Leur ardeur se ranime, ik partent de la main. L'air, qne fend lenr galop, fait flotter leur crinière.

Sous leurs pieds vole la poussière.

L'éqnipage emporté dévore le chemin.

Et maintenant, à vous qui tenez la puissance, Instruisez-vons, conducteurs des Etats.

Je n'aime point la violence; Je hais la tyrannie et ne la prêche pas.

Mais qu'on sente le fonet au bout de votre bras. Voilà ce que j'ai vu; tirez la conséquence.

LE CBIEN AMBITIEUX.

Honito, chien savant, bien c-onnu dans Paris,

Ayant cent et cent fois vidé le répertoire

Des tours qui lui lionnaient du relief et du prix,

Las à la fin de les voir applaudis,

Voulut changer de talent et de glaire, s J'excelle dans un art, j'excellerai dans tous, >

Se disait-il-, et dans sa suffisance,

Il traiterait de sots et de jaloux Ceux qui vaudraient douter de son intelligence.

Un jour, après avoir dansé Aux accords admirés d'un pianiste habile.

Sur l'instrument muet mon caniche élancé Pose ses deux ergots sur le clavier mobile; Et de sons discordants un horrible fracas D'une gaité bruyante excite les éclats.

Il prend ces ris moqueurs pour des cris de louange.

Les artistes en pareil cas

Sont sujets à prendre le change.

Son mnsean sur son cod pivote avec fierté.

Il parcourt le salon d'un regard enchanté.

La gaîté s'en accroît et double son courage; Mais quand, mêlant sa voix à l'infernal tapage Que rend le piano par ses coups démonté.

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Il Ole en Mins aigns un hnrlement sauvage, Un ni d'horreur s'élève ; on le siiBe, on l'outrage ; Et tout s'enfnit épouvanté.

Dans les arts comme en politique, Sa folie aujourd'hui devient épidémique.

Dès qu'on est quelque chose, on se croit propre à b La gloire qu'on possède, on la prend eu dégoût, Pour courir follement k celle qu'on souhaite. On veut tout effacer de son immense éclat,

Richelieu veut être poète,

Et Lamartine homme d'État.

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