LE TERRIER VACANT
Quatre anîmaox dedi&éreale race
ConvoitaieDt la possession D'un vaste et beau terrier, dont le dernier patron
Avait péri dans nne citasse.
C'était une loutre, un blaireau,
Une fouine, un renardeau.
Tons «ifants du pays, et de qui les ancêtres Du logis tour à tour avaient été les maîtres. Ils rôdaient jour et unit autour de ce terrier.
Passant le temps à s'épier,
A s'accuser, à se défendre, Et jurant au besoin de ne pas 7 prétendre.
Trois de ces aspirants étaient de beaux parleurs. Et pensaient que leur éloquence Dérouterait leurs auditeurs.
Le renard au contraire aimait fort le silence, Il savait colorer d'un air d'insouciance Ses haines, ses complots, son fias ardent désir.
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Et même son mtelligence ,
Modérer son impatience,
Attendre l'heare et la saisir, Trois grandes qualités peu commnDes en France,
Ce calme augmenta les soupçons; Ses rivaux connaissaient sa ruse et sa finesse.
Pour déjouer ses trahisons, Ils mirent eo commun leur plan et leur adresse. Hais dans un cas |)areit, pour se mettre d'accord, C'est un grand embarras qu'un intérêt contraire. L'un voulait l'exiler, l'autre le mettre k mort,
Ou l'enfumer dans son repaire; Et dans ce long débat ils ne faisaient mystère . Ni des soupçons qu'il excitait.
Ni des projets qu'on lui prêtait.
Ni des moyens de s'en défaire.
Sans trop s'inquiéter le renard écoutait ;
Et se riait de leur colère.
< Pauvres sots, pensait-il, voos conspirez (ont haut. ■ Vous consumez le temps en disputes frivoles.
« Vous n'êtes hardis qu'en paroles ;
■ Et vous serez pris en défaut : >
Ses espérances s'accomplirent.
Las enfin de parler, mes bavards s'endormirent; Et mon renard, qui ne s'endormait point,
Se rencontra là tout & point.
De sa retraite il sort à la xonrdiae.
Casse les reins à la fouine,
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Une patte à la loutre, et d'un coup de museau Ail fond d'un puits fait rouler le blaireau ; Et n'ayant plus à craindre leur poursuite, Il gagne lentement son palais souterrain Comme s'il rentrait dans un gîte Qu'il aurait quitté le mjtlin.
En politique comme en guerre, Qui se borne k savoir les plans de l'ennemi,
N'entend son métier qn'â demi.
C'est à les déjouer qu'est le point nécessaire;
Malheur à tout ambitieux
Qui n'est adroit ni téméraire, A tout conspirateur qui ne sait point se taire ! Il n'a pour lui les hommes ni les dieux.