LE RHIEIOCEROB ET SES FLATTEURS
En s'abrenvant dans une eau claire et pure.
Un Rhinocéros se mirait; Et reconnaissant sa tignre, Il fut triste et honteux de se trouver si laid. Ses petits ^eux, sa tète én<
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FABLE XVI, Sa corne sur le nex, son stapidé museau.
Les larges rides de sa peau, Tout son corps lui parut difTorme.
Mais sa taille et sa force clant à redouter.
Les animaux de faible race,
De peur d'encourir sa disgrâce,
Se mirent tous à le flatter.
Or pour flatter les grands, il faut sur toutes choseii En belles qualités transformer leurs défauts; Les courtisans sont faits à ces métamorphoses; Et mon rhinocéros devînt sons leurs pinceaux
Le plus joli des animaux.
La louange à ses jeax parut d'abord extrême Mais on le lui dit tant et (le tant de façons.
En madrigaux, en sonnets, en chansons.
Qu'il finit par le croire et le dire lui-même.
Les gens de cour, avec impunité
Peuvent jusqu'à l'excès pousser la flatterie.
Les grands ont plus de vanité
Que les flatteurs d'efironterie.
l'homhb kt son iroitz.
A travers un pays qu'il ne connaissait pas, Un homme dans la nnit s'était mis en voyage.
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SOS LIVRE vni.
Ce n'était pas l'oeaTre d'un sage ; Hais il disait avoir pour diriger ses pas Un astre, qu'au sommet de la céleste, voûte Dieu Ini-méme avait mis pour éclairer sa route ; Et l'œil toujours fixé sur ce flambeau divin, Sans regarder ni devant ni derrière, Ne craignant ni fossé ni pierre, Uon homme suivait sou chemin.
En vain, l'aile des vents apporte à son oreille Un bruit lointain de flots brisés contre un rocher. Ce bruit à chaque pas semble se rapprocher ; . Il ne veut rien entendre, et sa raison sommeille. Les jeux sur son étoile, il avance toujours ; Mais au bord d'un abîme amené par son guide, Du haut d'une falaise il rOuIe dans le vide.
Et finit dans la mer et soa rêve et ses jours.
Compter sur la fortune ou sur la Providence
Est plus d'un fou que d'un chrétien.
Regardons à nos pieds, un peu de prévoyance Aux yens même de Dieu ne gite jamais rien.
LA BOULE J>'oR KT LJL BOin.B d'aRGILE.
Un désœuvré, qui sous ses doigts Avait roulé cent et cent f<ns
Pétri de cent façons nue motte d'argîle , Après en avoir fait an triangle, nne croix , Va quadrupède, an volatile.
En globe enfin la voulut arrondir ; Et par une antre fantaisie D'une couche dorée il la fit revêtir,
La voilà luisante et polie.
Sur an socle de serpentin, Près d'un globe pareil mais de l'or le plus fin, D'un beau surtout de table ornant la galerie. Tous les yeux s'y trompaient ; le monde assez souvent
Estime les gens snr la mine , Et la boule d'argile avait à sa voiune
Jeté plus d'un mot insolent.
Quand du lustre soudain les chaînes se brisèrent; Tout par ce lourd fardeau fut broyé, fracassé : Et dn surtout en éclats dispersé Sur le parquet les deux boules routèrent.
L'amphitryon courat après sa boule d'or, Qui dans cette mêlée, allant à l'aventure, Aux pieds qui la foulaient résistant sans eBbrt ,
N'ent pas même une égratigDure, Mais l'antre en ce malheur n'eut pas le mèine sort. Par les pieds des valets écrasée, aplatie.
En un clib d'reil anéantie, Ce n'était plus qu'un rien sans forme et sans couleur. Comme tant de faquins, que sans valeur aucune. D'un prince ou d'un ministre élève la faveur,
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Que fori sonvenl le mérite importuoe ; Et que rend au néant un revers de fortaoe, Ou la chnie du protecteur.
FAULE XVIIÎ.