‹ Les fables de La FontaineChapitre 13 sur 79 · LA CHAUVE-SOURIS ET LES DEUX HELETTES (II · texte numérisé non relu

LA CHAUVE-SOURIS ET LES DEUX HELETTES (II

Dans Baïf (Mimes, II, 222) le récit est quelquei^eii (lifrérent,maisla conclusion est la même.

Une cliau-souri client en terre.

La Belette en ses dents la serre Qui ne pardonne a nul oiseau.

Oiseau je ne suis (ce dit-elle), Souri je suis. Se disant telle Elle se sauve bien et beau.

Une autre fois recheut en terre.

Le chaliuan qui fait la guerre Aux souris la chau-souri prend.

Souris je ne suis (ce dit-elle) Mais oiseau. Par telle cautelle Le chaliuan sauve la rend.

1 ja tierce fois recheut en terre.

Le chat la prend, qui fait la guerre Autant aux oiseaux qu'aux souris.

La chau-;^ouri n'a plus d'excuse.

Qui perd sa finesse et sa ruse Entre les pattes du chat gris.

!)(•: LA roNTAlM' ^27

LA lACK ET SA OOMl'AONE (11. 7l.

Raïf ;i li'ait(' \v mènic sujet, iiou saiisori^inalilé:

Le hérisson estoit en peine Ou se loger, la niarmoteine n pria le vouloir loger .

(\e fut aux mois de la froidure, L'hiver quand la saison est dure.

Elle accorda le héberger.

Ainsi le meine en sa tanière Ou l'hoste nouveau ne fut guiere Que son hostesse ne faschast.

Avecque son escarde droite.

( !ar la place fut si estroite Qu'il faloii que l'on se touchast.

La marmote pria son hoste Le lendemain matin qu'il s'oste De son logis. Le Hérisson Qui trouva la maison fournye . De ce qu'il faut, très bien luy nie Et luy chante une autre chanson.

Si quelcun en ce lieu s'offense Qu'il s'en aille, je l'en dispense.

Quant a moy jen'enbougeray.

Si loger en ce lieu t'es peine, Tu peux desloger, niarmoteine.

De l'hyver n'en deslogeray.

iMi/i/e.'!, 11, 203.)

On trouve encore cette fable antérieurement dans Gringore :

Esope dit une petite fable Que, sur ce point, peult servir de notable. Jadis furent deux chiennes, de quoy l'une Avoit maison, et des biens de fortune ; L'autre n'avoit aucun logis ne biens, Et si avoit plain son ventre de chiens. Geste riche la logea par pitié, Soy délogeant, fusse par amityé ; Lors s'en alla ou elle avoit affaire, Et la laissa pour son bon plaisir faire En son logis. Apres longue saison Geste chienne revint en sa maison.

L'autre luy dist qu'el venoit mal a point, Et que pour lors el n'y entreroit point: Et, y voulant entrer, ses chiens jappèrent, Maulgré elle sa maison usurpèrent Et en eurent possession par force.

(Gringore. Œuv., I, 77, bibl. elz.)

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