LES GREXOUILLES QUI DEMANDENT UN ROI (ITI
Cette fable a inspiré une amusante pièce de vers au poète italien Giusti . Elle est intitulée Il re Travicello, et a été traduite par Marc Meunier dans son ouvrage : L'Italie est-elle ta terre des morts ?
LE ROI Soliveau.
Au peuple-grenouille Vient un roi nouveau, Que l'on s'agenouille Devant Soliveau !
J'avoue avec joie Que Dieu nous l'envoie ; C'est commode et beau ; Un roi Soliveau;
Quel fracas dans l'onde Sa chute a produit !
Les bûches au monde Font toujours du bruit.
Mais d'un saut rapide, Muet et stupide, Il revient sur l'eau Le roi Soliveau.
Quand le peuple en masse Voit ce machin-là, Tout rétano- coasse :
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« ConiiiKMil, c.'ot^t tout ru?
« Il veut doue se faire (( Siffler dans Teau claire « Ce bruyant lourdaud, a Ce roi Soliveau ?
« C'est lui cfu'on couronne ?
« Ce tronc de trois sous ?
« Jupin déraisonne « On se rit de nous.
« Sus donc, qu'on exile « Ce maître imbécile !
« Qu'on livre au bourreau « Ce roi Soliveau ! »
Paix donc, pauvre bêtes !
Acceptez les lois.
Crapauds que vous êtes, D'un prince de bois !
Loin qu'il pille et taille, Il permet qu'on piaille ; Il est sans bourreau.
Le roi Soliveau !
Il cède a l'orage Aux vents comme ils vont, Dandine, surnage, Point ne pèche au fond, Point ne fouille et sonde...
Gomme il sait de monde !
Qu'il a de cerveau Le roi Soliveau.
Son front, s'il s'agite, Et vient a plonger Remonte au plus vite...
Il est si léger !
Le titre d'altesse Est plein de justesse Et va comme il faut Au roi Soliveau !
0 peuple, sommeille !
Veux-tu qu'au marais Le serpent t'éveille !
Paix donc, dors en paix !
En vain se rebiffe Qui n'a ni dent ni griffe :
Pour toi rien ne vaut Un roi Soliveau.
Quand un peuple en grâce A des biens si grands, De tout il se passe, Même de bon sens...
Quel peuple docile !
Quel prince tranquille !
Vivat et bravo Le roi Soliveau!
lp: loup kt la ckhjgne (UI, 9).
M('s plusours font c-om lit lo loii qc fiist euosso;, e promist al grue gmnt loer pur ceo qe lui sanast ; mes quant la grue out fet sa mestrie e demanda loer, lui fust respondu : « Seiez paie de vostre vie : quant votre col fustdedenz ma bouche, en ma cortesie fust de vous sauver ou tuer ».
(Nicole Bozon, Contes moralises, 92, A. T.)