V. LJ9. — Laissez dire les sots : le savoir a son prix
Science n'ha ennemis que les ignorans Proc. cité par H. Est., PrécelL, 213. i
L"on trouve chez certains esprits une prévention tout établie contre les savants, à qui ils ôtent les manières du monde, le savoir vivre, l'esprit de société, et qu'ils renvoient ainsi dépouillés à leur cabinet et à leurs livres. Gomme l'ignorance est un état paisible et qui ne coûte aucune peine, l'on s'y range tout en foule, et elle forme à la cour et à la ville un nombreux parti qui l'emporte sur celui des savants.
(La Bruyère, des jugements.)
Les éditeurs font remarquer que, malgré cette sage affirmation, La Fontaine a blâmé ailleurs et en plusieurs endroits « l'aspiration exagérée à la science ». C'est que peut-être il se souvenait de maints passages de Montaigne qui n'a pas grand respect pour les savants, j'entends les savants de son temps:
« En mon païs et de mon temps, la doctrine amende assez les bourses, nullement les âmes... En i quelque main c'est un sceptre, en quelque autre un marottes. {Essais. \l\, 8.)
DK LA FUINTAliM': Ï'XJ
« C'est uno bonno drof^iie que la science », dit-il ailleurs; « mais nulle drogue n'est assez forte pour se préserver sans altération et corruption selon le vice du vase qui Testuye ».
(Id., I, 24)